Écartez-vous, écartez-vous

laissez-nous encore Atr
la bride de l’épuise-vent 
Pour l’homme des carrefours 
et de l’embouchure des rêves 
nul besoin d’un mensonge 
crue de larme 
bridée par la pitié

Hawad

tente_touar_gue

Les voix de l'ombre

Inventer nous-mêmes notre avenir

" Il ne faut compter que sur nous-mêmes et sur notre désir de transformer la mort en vie. La première autonomie que nous revendiquons, nous ne la demandons ni à la Libye, ni au Niger, ni au Mali, ni à leur maître la France, nous l'exigeons de nous-mêmes :

C'est l'autonomie de pensée. Ce n'est pas un droit, c'est un devoir.

Une société qui ne fabrique plus ses idées, ni sa culture, ni son propre regard, c'est la banlieue exclue du centre."

Hawad

Photo Rhissa (2)

Rhissa Rhossey, poèmes inédits

ÉTERNEL CRI

Pour que le soleil éclose / Brisons la carapace du silence / Lâchons le temps des mots / Sur le rideau de l'indifférence

CRIONS CRIONS

Ce cri / Commun à tous / Ce cri qui a traversé les siècles / et les continents / Toujours jeune, toujours frais

Comme né d'aujourd'hui / Pourtant, Pourtant / Aussi vieux que l'homme / Ce cri qu'on nomme / Liberté, Dignité / Et qu'on poussera / Tant qu'il y aura des chaînes

Éternel cri

ORAGE

ça tonne / Et tu t'étonnes / Pourquoi / ça tonne

ça ne te dis rien / que je ne sois rien / chez moi / que je n'ai pas / droit de cité / chez moi

ça tonne / Et tu t'étonnes / Pourquoi / ça tonne

Mais le désert / est lourd assoiffé / l'enfant affamé / les libertés confisquées / Par les marchands de minerais

Que ça tonne / de plus bel / qu'éclate Orage / et Tempête / Orage ! / Ô rage !

ewnawann

 ewnawann A.Tambo

LES MOTS

Les mots ! / Ils sont dociles / Doux et charmants / Ils vous suivent partout / Tout au long des chemins / Et vous font tout dire

Il faut beaucoup de patience / Pour les apprivoiser / Surtout quand ils sont d'une autre race / Il suffit d'un rien pour les effaroucher / Je crois qu'ils n'aiment pas le bruit / Et préfèrent la solitude

Ils sont omnivores / Ils se nourrissent d'un grain de joie / D'un grain de douleur / Ils boivent l'eau des océans, des mers / Et même des petits ruisseaux

Le poète est leur berger / Il les compte et recompte chaque soir / Quand le silence descend sur la terre / Pourvu qu'ils soient au rendez-vous

Il y a des mots Blancs d'innocence / Gais comme des agneaux / Il y en a des Noirs comme des corbeaux / Amers comme des bourreaux / Et d'autres tristes comme des tombeaux / Ce sont là des mots douleur / Et moi, pour les exorciser je veux / Des mots volcan / Laves fumantes de vérité / Des mots tempêtes / Désarçonnant des remparts de préjugés / Des mots brasiers

Ce sont de grandes chevauchées / Des mots inapprivoisés / Des mots débridés / Qu'il me faut

Ce sont des mots indisciplinés / Des mots sans limite / Des mots sans entrave / Des mots sans papier / Des mots viole-frontière qu'il me faut / Des mots nomades-sans-escale

Il me faut des mots boucliers / Des mots rebelles /Des mots pilonne-caserne / Des mots mine-Gubli / Des mots roquette-mépris / Je veux des mots fous / Des mots, des mots furieux / Des mots Forts

Mais les deux que j'aime le plus sont / RÉSISTANCE et LIBERTÉ /Qui toujours s'écrivent en lettres de sang

Khaï ! Quelle est cette poussé d'adrénaline / Qui soudain me prend ! / Des mots,  rien que des maux !

Rhissa Rhossey

Jour et Nuit, Sable et Sang, poèmes sahariens

akal

La tente de la réalité 

est au-delà du bivouac des étoiles 

qui filent vers d'autres voies lactées

Hawad

AKAL : Pays

C'est sur nos terres que nous vivons / Nous les défendrons quel qu'en soit le prix ! / Les notes d'imzad et d'houmaïssa, vous sont dédiées chers combattants. / J'en appelle à tous les hommes / De l'Aïr et de l'Azawak. / Unissons-nous, main dans la main ! / Que Dieu protège les combattants, / Pour qu'ils nous rendent à tous la paix. / J'en appelle à tous mes frères Burkina, Libye, Mali, Niger, Algérie, / Unissons-nous !

Atri n'assouf

 

Touaregs : Chronique d'une mort annoncée