Tanaynat

Tanaynat

Je t'implore, ô Dieu, notre maître ! / Et vous tous, les jeunes hommes ! / Tanaynat, la branche d'agar verdoyante / Couverte de rosée. / Si Tanaynat ne m'aime pas / Qu'ai-je à faire des chamelles que j'entrave, / De ce beau chameau que j' harnache, / De l'épée sans égale que je porte ? / Je ne cesse de gémir,  je suis malade, / Comme un enfant souffrant de gerçures profondes, / Refusant même de téter le sein de sa mère. / Si Tanaynat ne m'aime pas, / Je retournerai d'où je viens, / Mon pays, le Gobir vers le Sud. / Je cultiverai la terre, une peau comme unique vêtement, / A  la place du turban, un bonnet. / Je t'implore ô Dieu, notre maître, / Couvre-moi des marques de dignité / Pour gagner le respect de mes pairs devant les jeunes filles / Ou au combat des épées qui tranchent les boucliers. / Les coups d'épées lacèrent les corps, / Les jets de lance les transpercent. / Des giclées de sang se répandent, /  Nous les chaussons comme des souliers, / Nous les endossons comme des habits, / En votre honneur, jeunes filles, / Fardées de l'indigo des voiles. / Je t'implore ô Dieu, notre maître, / Moi, dont tous les frères sont jaloux, / Fort de ma dignité sur mon chameau Awrag, / Si Tanaynat m'accorde son amour, / Je lui détacherai de mes troupeaux / Deux dizaines de jeunes chamelles / Et leur géniteur élancé au pelage tacheté.

tetubt

 

 

 

 

 

 

 

 

L'amour est une peste

Amis, pardonnez mon propos. Ce que je dis est pure vérité / L'amour est une peste foudroyante. / Il déchire aussi bien les jeunes que les vieillards. / Il s'en prend même au fiancé. / Celle que j'aime, je peux la suivre même au fond du puits de Laghlagh. / Là où, dans la boue, l'hyène rayée a mis bas. / Là où grouillent les serpents, / Rampent les scorpions et bêle le python. /Même de nuit, j'y entrerai pour couvrir son cou de mille baisers / Et enlacer de mon bras son épaule et son dos. / Que nos vies cessent le même jour, je le souhaite. / Si cela est possible, si cela est légitime. / Alors pour Dieu et la miséricorde, / Unis dans le même sacrifice funéraire, que notre tombe soit une. /Et maintenant, mes amis, écoutez : / Si quelqu'un de vos dit qu'elle a donné naissance / A mille enfants illégitimes, / Je préfère sa race à ces rumeurs. / Parce que, elle et moi, ne sommes entrés dans la tente : Avant que le marabout, ce lettré que tous disent savant, / Ne scelle notre mariage.

Extrait d'un poème de Kurman (1912-1989) né entre Agadez et Ingalmes. Il est considéré comme l'un des plus grands poètes de l'Aïr 

Poèmes touaregs de l'Aïr  APT 

Illustrations   A. Tambo

femme du désert

Michèle Ludwiczack

Koudede

Timaggiren

" Les femmes Touareg d'avant, les femmes Touareg d'avant / on les reconnait à leurs beaux bijoux en or qui laissent paraître leur honneur, / qui laisse paraître leur culture /Leur honneur étincelle comme les pléiades dans le ciel  / Les femmes Touareg je vous demande d'imiter celles d'avant / Leur beauté apparaît quand elle sont assises sur les tapis tissés d'avant / entourées de leurs beaux coussins, portant leurs beaux colliers houaïssa " .