Almoustapha Tambo

" Le modernisme peut tout nous prendre, sauf nos rêves et nos fantasmes. "  

Al_Mustapha

A. Tambo

Touareg né dans le  Massif de l'Aïr  à Tchirozèrine, citadin et enseignant,  il témoigne, armé des ses  seuls pinceaux, de ce passé dont il garde, ancrées au plus profond de son être, la grandeur, la richesse et la noblesse.

" Calme et de nature affable, Almoustapha Tambo est un peintre qui fait parler de lui à Agadez. Ses tableaux expressifs traduisent toute la candeur du désert, son désert natal ! En effet pour reconstituer le décor magique de son enfance dans les oueds de l’Aïr ou ses escapades dans les plaines de la savane, Tambo n’a trouvé mieux que de peindre ! "

Aïr Info

enfance dans l'Aïr

enfance dans l'Aïr aquarelle    A. Tambo

Almoustapha Tambo est né vers 1968. Il est instituteur dans une école de brousse à Ikirkiwi Ibizgan, non loin d'Agadez, où non seulement il enseigne mais où il héberge également des enfants isolés ou orphelins. Almoustapha Tambo est aussi artiste : il peint durant l'essentiel du peu de temps libre qui lui reste. Almoustapha est touareg et puise son inspiration dans cette identité.
Son style est réellement très particulier : de grandes lignes fines et précises qui donnent à ses personnages une allure élancée et distinguée. Un personnage central au milieu de formes plus spectrales, ou peut-être rendues indistinctes par le sable du désert. Une action souvent en cours, dont les mouvements sont tangibles. L'atmosphère de ces dessins est vécue, nostalgique, intime.

 NewsLetter   Point-Afrique

v terout

 v_terout aquarelle   A. Tambo

ENFANCES DANS L' AÏR

ALMOUSTAPHA TAMBO

J'ai fréquenté l’école-mission de Tchirozèrine puis après le collège j'ai fait des études pour être enseignant.

Ma mère me gâtait. J'ai beaucoup aimé ma mère, et souvent j’ai pleurer tout seul de la voir travailler à longueur de journées pour sauver de la sécheresse  quelques têtes de chèvres.  Elle ne voulait pas mourir sans nous laisser un héritage.

Mon rêve était de combler ma mère. Je fus déçu car mon salaire très maigre ne me l’a pas permis J’avais un seul désir, avoir mon premier salaire et faire des cadeaux à tout le monde. Je n’ai jamais comblé ma mère comme je l’avais désiré.

Ma mère est morte en 1997  : POUR MOI ELLE NE DEVAIT PAS MOURIR, SURTOUT PAS .

Ma mère ne m’a jamais quitté ! Elle est  toujours présente.

Enfant, quand elle partait à la recherche d’un animal égaré et qu’elle ne rentrait pas vite, je restais devant notre case à scruter l ' horizon et poussais un  « ouf » de soulagement en voyant de loin sa silhouette sortir du brouillard ! Quel  BONHEUR !

Notre maison  à l’époque constituait le centre. Tous les jugements se faisaient chez nous et souvent les gens venaient s' installer  tout prêt pour chercher protection. Pour la plupart c’étaient des familles sans ressources ou des personnes âgées. Ma mère prenait tout et partageait avec tous.
Mon père aussi nous chérissait beaucoup. C'était un homme très connu Il était goumier. Nous le voyions très peu car il passait beaucoup de temps à sillonner le désert du Niger, de l'Algérie  au Mali. Quand il rentrait,  il ramenait beaucoup de cadeaux : nous étions heureux. Il  nous donnait, tous les matins, durant une heure, des conseils pour que nous soyons des enfants studieux. Il voulait que, plus tard, nous devenions de grands hommes.

Lui aussi vient de partir,  j'en ressens un grand vide.

Aujourd’hui tout cela est terminé et il ne reste que les ruines de notre maison à Tchirozérine.Tout a commencé à se briser avec l'avènement de la première rébellion touarègue où ma mère s’est vue impuissante face à ces militaires qui arrêtaient ses enfants et tiraient tous les soirs à côté des cases. Le campement se cassa juste à sa mort et tous, nous sommes partis, chacun de notre côté . A ma sortie en tant qu’enseignant,  on m’affecta dans une région haoussa au sud du Niger ou je passais 8 ans.

A.  Tambo

MANO DAYAK


lI  n'est pas un Touareg qui ne pense à exalter sa mère. Elle est l'âme et le cœur du désert. Elle fait les travaux les plus durs lorsque les hommes partent en caravane. Elle s'occupe des animaux, pile le mil, s'impose les corvées d'eau, abreuve les bête
s, assume l'éducation des enfants. Elle est gaie et heureuse. Le soir, elle chante, elle danse, récite des poèmes et tire de l'imzad, ce violon à une corde, des mélodies qui, lors des veillées nocturnes, apaisent ou exaltent les femmes et les hommes.

Mano Dayak 

 Je suis né avec du sable dans les yeux

Mano Dayak est né à Tidène (Aïr, vers 1950), " entre l'année de la grande sécheresse et celle de la grande invasion de criquets "

campement

campement  aquarelle A. Tambo

HAWAD

Hawad a quitté son campement à l'âge de sept ans, pour y revenir dix ans  plus tard, après un long périple à travers le monde, au cours duquel il mène une quête spirituelle et mystique : " vagabond à la recherche de lui-même.  

No pasaran

De retour au campement en 1969, il trouve une situation catastrophique : la sécheresse s'est installée, la misère se développe et les Touaregs ont été dépossédés de la gestion des pâturages et de l'eau : ils ont perdu la maîtrise de leur espace écologique et géographique.

akal n akal

akad n'akal  A. Tambo

Almoustapha Tambo a vu l'univers  de son enfance s'écrouler en raison des catastrophes naturelles successives puis voler en éclats dans la violence de la première rébellion touarègue. Génération  entre Passé et Avenir, ne pouvant vivre son identité touarègue, dans ce monde moderne,  sacrifiant l'Humain au Profit, dans un environnement en proie à la violence et au chaos. Peuple vacillant entre  la tentation du repli sur soi pour ne pas mourir  et la peur de l'acculturation engendrée par la mondialisation.

ewnawnn

ewnawnn  - perte de l'identité -  A. Tambo

Ces gens (les guides du Ténéré) ont vécu une époque fabuleuse où l’on apprend à vivre sur la trace des aînés. Ils ont reçu beaucoup d’enseignements. Malheureusement les jeunes regardent ailleurs et forcément, sans repères, ils sont égarés. Moi aussi, j’adore parler avec des gens comme eux, car on  en reçoit beaucoup de paix. C’est pour ça que je suis toujours à la recherche des personnes âgées. J’aime les entendre parler. J’aime leur donner le bras pour se lever  .   A .Tambo

ahal

ahal aquarelle  A.Tambo 

PASSÉ ET PRÉSENT

Tout cela est pourtant différent dans notre culture. Chez les Touaregs tous les genres humains sont respectés .Tu as le droit de suivre le conjoint de tes rêves et de ne pas t’attarder avec celui qui n’est plus à ta convenance. Chez nous tu peux choisir ta vie. Guerrier,  bohème ou poète et tu es respecté comme tu es (sans argent). Seules comptent les qualités humaines...

Les choses ont changé : aujourd’hui, tu es traité par rapport à ton travail, à ton gain mensuel, à ta maison et à la voiture dans laquelle tu roules. Nous aussi sommes atteints.

A. Tambo 

Agadez, décembre 2007

SES ŒUVRES

Almoustapha Tambo dessine depuis son plus jeune âge. Enfant,  il s'amusait à faire des caricatures et sa passion pour le dessin ne l'a jamais quitté. Artiste autodidacte,  le besoin de s'exprimer  par la peinture et le dessin lui est devenu vital.

Pour lui, c'est revivre l'itinérance, retrouver l'espace infini du désert, son silence et sa lumière. Vivre pleinement son identité touarègue.

Targui devenu citadin, contraint de vivre et d'enseigner " entre des murs ",  de respecter des horaires,  il trouve dans la peinture sa respiration, son inspiration,  le fil qui le relie à Amanar, l'étoile qui guide ses pas  incertains dans cet environnement en mutation, violent et ambigu.

Ses aquarelles sont un hymne à la beauté envoûtante du désert, à la relation intime, fusionnelle entre les Hommes et de leur environnement.

sans titreaquarelle  A. Tambo   

Almoustapha Tambo  est de ces peintres qui d'un seul trait , crée le mouvement , de quelques couleurs façonne un paysage. Mais qui est  cet Almoustapha Tambo , qui sait si bien nous dévoiler  "son" désert et les hommes bleus qui y vivent ?

awanekkinnan

" Etant moi-même Touareg, mes représentations s'inspirent des couleurs du désert. C'est un monde de liberté, sans horizon. "

agamadd
agamadd aquarelle  A.Tambo

" Ma peinture a une âme, celle du désert "

chawarma
chawarma  aquarelle  A. Tambo 

SA CULTURE

Ses œuvres, figuratives et abstraites traduisent cette déchirure, l' angoisse face aux menaces qui pèsent sur le Peuple touareg, aujourd'hui contraint à la sédentarisation, à l'extrême pauvreté. Transmettre les valeurs millénaires des Hommes du Désert, sauvegarder les valeurs fondamentales de sa Culture, tel est le combat engagé par A. Tambo.

Et surtout, que règne la paix.

aquarelle
aquarelle  A. Tambo

Les chameaux source inépuisable d'inspiration, symboles de la liberté, le fascinent, l'obsèdent.

Son style, si particulier -traits fins et nerveux- confère aux montures et à leurs cavaliers une élégance raffinée, une beauté majestueuse. Hommage aux chameaux, à leur noblesse...

Quand je dessine, les personnages qui apparaissent me sont proches, je les connais : avec eux, j'ai partagé le thé ou la soif, marché sous le même soleil, embrassé ces espaces infinis. Les scènes qui naissent sur le papier, je les ai vécues, je les porte en moi, elles sont mon identité, l'essence de moi-même.

A. Tambo

aquarelle 2
  aquarelle  A. Tambo

Maître dans l'art du mouvement, sa peinture exalte sa soif de liberté  dont il a un besoin viscéral. Sa liberté, c'est vivre Sa Culture.

Ce qui m'intéresse, encore plus que les chameaux, c'est ce surgissement du vide vers le vide. Ils surgissent de nulle part et on ne sait pas vers où ils vont. L'espace est flou, indéterminé. C'est l'infini, ils ont domestiqué l'essouf.

illogwann
illougwan aquarelle   A. Tambo

Le  nomadisme essence même de l'identité touarègue, Almoustapha Tambo le vit à travers ses œuvres, maîtrisant avec le même talent l'art figuratif ,  l'art abstrait ou le  portrait

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tchissett   A. Tambo 

Avec l'acrylique, je ne sais pas où les couleurs m'entraînent : elles m'envahissent, me remuent au plus profond de moi-même, me désaltèrent.... Des visions se profilent, comme dans un rêve... Elles s'emparent de mon âme, révèlent ce qui hante mon inconscient , ce qui trouble mon âme ...  

tifinagh
tifinagh  A. Tambo

Comme lorsque dans le désert, nous traçons en silence des signes sur le sable, - seuls avec nous-mêmes- et que nous effaçons aussitôt. C'est le pan caché de notre âme, que nous ne livrons qu'à l'infini, qu'à l'Être Suprême....

Humilité de l'Humain soumis au Divin, à l'Absolu.

Quand je travaille à l'aquarelle, le chameau n'est qu'un symbole : le chameau existe dans un espace qui semble vide, hors du temps, hors de la réalité. Il apparaît ou disparaît dans un paysage où la lumière est soleil, lueurs des étoiles, poussière de sable, où l'on entend tout d'abord le silence, qui, peu à peu, s'emplit de sons feutrés, indéfinis, bruits de la vie, agitation d'un brin d'herbe, roulement d'une pierre, cri d'oiseau, souffle du vent ...

Ce qui m'importe c'est cet espace sans horizon, ce lointain vide, reposant, où la réalité devient mirage, où la solitude et la paix nous permettent de rester des Kel Tamasheq.

A. Tambo   janvier 2009

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aquarelle A. Tambo

NIGER : ART, CULTURE ET ÉDUCATION

 La culture est un maillon important du processus de développement d’un pays et œuvre à sa manière à l’amélioration de l’éducation de base, de l’intégration régionale, de la réduction des inégalités homme/femme et "de la lutte contre les maladies transmissibles.

Le but général de l’association fofo est la revalorisation, la promotion et la diffusionde la culture nigérienne à l’intérieur et à l’extérieur du Niger. L’association a aussi pour vocation la formation et la sensibilisation de la jeunesse nigérienne à l’art et plus largement à la citoyenneté. Elle s’investit ainsi dans la sensibilisation des populations sur les maux majeurs qui confinent plus de 60% de la population nigérienne dans la pauvreté, notamment l’éducation de base, la dégradation de l’environnement, la sensibilisation sur les MST et la maîtrise de la natalité en sensibilisant la jeunesse sur les dérives du mariage précoce, la scolarisation des jeunes filles et le VIH / SIDA.

Pays enclavé, le Niger ne dispose pas de littoral et le port le plus proche se trouve à plus de 1000km. Mal connu, méconnu, le Niger est, en outre, difficile d’accès, en raison de la faiblesse et du mauvais état du système de transport routier et de l’absence d’un système ferroviaire. La promotion de la culture nigérienne contribuera donc également à  promouvoir  le pays et à développer le tourisme

Les jeunes nigériens et plus particulièrement les filles rencontrent de nombreuses difficultés à accéder à l’éducation (nombreuses années blanches, manque de moyens pédagogiques) et à l’information. Le nombre de chômeurs ne cesse d’augmenter parmi les jeunes diplômés et de nombreux fléaux tels que le SIDA les touchent de plein fouet. Il existe de plus un véritable fossé entre les jeunes du milieu rural et les jeunes citadins.

Cette analyse publiée par Fofomag définit très exactement les combats que  veut mener A. Tambo  en tant qu'artiste et  en tant qu'instituteur de brousse. ainsi que tous les obstacles à braver. Tâche immense dans un contexte difficile.  Mais, comme de nombreux Nigériens, A. TAMBO aspire voir, son pays se développer, espéant  un avenir meilleur pour les enfants. Un avenir de progrès, d'espoir, de paix, de justice.

Bien que son talent soit reconnu au Niger comme en Europe où il a pu exposer grâce au soutien  d'associations, d'amis et d'artistes, Almoustapha TAMBO, comme tout  artiste nigérien,ne peut que très difficilement  affirmer son talent et en vivre dignement. les raisons évoquées  par Fofomag sont  assez éloquentes.

Manque de temps aussi, l'engagement et l'investissement dans son métier -sa vocation- d'enseignant ne lui laissant que très peu de disponibilité  pour se consacrer à sa passion.  Là aussi, le système nigérien est plus que défaillant : seuls les soutiens reçus d'associations d'aide au développement du Nord-Niger permettent aux enseignants nigériens qui luttent jusqu'à l'épuisement, de scolariser de plus en plus d'enfants, mais le taux d'analphabétisme reste encore très élevé, bien trop élevé....

A. TAMBO : TALENT SALUÉ AU NIGER

Diffa, fête de la République

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terakaft  A. Tambo

Pendant cinq jours, les jeunes venus de toutes les huit régions du pays ont concouru dans les domaines de la culture, des arts. Dans la soirée du jeudi, les différents jurys ont procédé à la proclamation des résultats des différents concours. Ainsi, dans le domaine des arts visuels, le premier de la peinture est allé à Jacques Pedon de Tahoua, le deuxième prix à Al Tambo et le troisième prix  à Al Narey.

Le Sahel

désert

A. Tambo : aquarelles exposées à la     Galerie Plurali

A. Tambo : Exposition    Touaregs entre Hoggar et Tassilis  à Parcieux

A. Tambo :  Exposition   Un peintre touareg à Ceyrat

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A. Tambo

UN AUTRE REGARD SUR L'AFRIQUE

Comme nous l’annoncions dans notre dernière parution, notre compatriote peintre Almoustapha Tambo a exposé ses tableaux à CEYRAT (Puy de Dôme) en France. Cette exposition a connu un grand succès comme en témoignent les avis de visiteurs recueillis sur place par une fidèle lectrice de votre journal.

M.D soutient en toute franchise :

Ces peintures de Tambo méritent le détour. J'ai constater la participation intéressée des enfants des écoles, les nouveaux arrivants écourtant les nombreuses questions du groupe qui les précédaient, totalement captivés par la prestation de l'intervenant. Je pense, pour ma part, que ce type d'intervention auprès des enfants est le principal instrument pour modifier le regard des occidentaux sur l'Afrique.

Un autre remercie Danièle :

" Tu nous as fait connaître un artiste d'une grande finesse. Cette aquarelle que nous avons choisie nous a été évoquée et laissé soupçonner tout un monde de mystiques du désert tout à fait impressionnant. "

Outre son talent de peintre,Almoustapha, enseignant de profession à Agadez, a aussi animé plusieurs classes des écoles qui ont vivement intéressé les jeunes enfants français.

Bravo Tambo, tu fais la fierté de notre cher pays le Niger.

Moctar Hima   AïrInfo    p 5

abat
abat  aquarelle   A. Tambo

Des toiles touaregs

" Magnifiques! Et tellement différentes de ce qu'on trouve en Occident. Je découvre qu'il y a de très grands artistes chez ce Peuple du désert..

En Allemagne, qui est devenu le centre des arts de notre monde hautement technologique, ces œuvres trouveraient rapidement preneurs. Ne manquez pas cette rencontre culturelle. Dépaysement assuré. "

Jacques Martel   journaliste et écrivain

L'Étau Policier

Quelques témoignages

tefukt

tefukt aquarelle  A. Tambo

Alkher ghas !

du 15/08/2008 jusqu'au 30/09/2008

adresse : Aventure Exclusive127 rue Championnet, 75018 Paris, France
Exposition d'Almoustapha Tambo, peintre Touareg d'Agadez (Niger)

La visite d'un frère.... d'Agadez, enfin !!!

Ses tableaux sont magnifiques, il faut absolument aller à sa rencontre pour découvrir son talent au tr
avers de son travail.

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