A. Tambo : Enseigner au Niger

Avec les élèves classe

A. Tambo  dans sa classe

Instituteur de brousse  non loin d' Agadez  sur la piste d'Arlit  à l'école d'Irkikiwi Ibizgan, son rôle est, non seulement d'enseigner, mais aussi de convaincre les parents de la nécessité de scolariser les enfants : la pauvreté endémique, aggravée par le conflit qui sévit depuis plus de deux ans au Nord-Niger, rend cette mission délicate, les enfants  restant auprès des leurs pour garder les troupeaux ou les familles étant trop pauvres pour assumer les frais de scolarisation.

Œuvrer inlassablement pour le droit à l'éducation, pour que les Touaregs  accèdent au statut de citoyens nigériens à part entière. Penser en termes d'avenir.

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  photo  A. Tambo

" Nous nous rendons dans une école nomade qui vient d'ouvrir. Almoustapha Tambo, enseignant, nous accueille.

La classe se déroule à l'ombre des arbres ou dans une case lorsque le vent de sable souffle. Les enfants et leur maître aussi sont accroupis à même le sable faute de matériel.

Beaucoup d'émotions lorsque nous leur avons remis des cahiers, crayons, craie, dictionnaires, des dessins et cadeaux réalisés par les enfants de l'école maternelle de la plaine de Saint-Marcellin " 

yakhia   actions Nord-Niger

" L’année qui avait précédé, nous étions sous un arbre. C’est des enfants nomades et aussi orphelins peuls qui n’avaient personne quand je les accueillis à mon premier poste. Ils n’avaient plus de parents (mère et père morts). Je les ai gardés avec moi. Aujourd’hui, ils ont retrouvé le sourire et ils jouent comme tous les autres enfants.

Pour les vacances je les ai confiés à leur oncle, un vieil homme qui garde les troupeaux des gens de la ville. La rencontre avec ces enfants m’a beaucoup apporté. La rentrée approche et bientôt je vais retrouver tout mon petit monde."

A. Tambo  octobre 2007

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 enfant peulh  michele ludwiczak

Almoustapha  Tambo a pu accueillir des enfants orphelins Peuls et intégrer les plus démunis avec le soutien  de diverses associations qui l'accompagnent dans cette volonté et lui apportent  l'aide indispensable  sans laquelle il serait impuissant.

" Solange a pu rendre visite à Almoustapha Tambo, instituteur et peintre. Il a construit avec notre soutien à 5 km d'Agadez un petit internat où il recueille les orphelins. Dans le contexte actuel, cette structure, fréquentée habituellement par 10 enfants a vu ce nombre passer à 30."  

les Enfants de l'Aïr   

Une journée ordinaire

Je reviens de brousse. l’école commence. J’ai trois niveaux CI , CP , CE1 . Je dois faire deux hangars un pour servir de classe et l’autre pour héberger les internes. Il y a beaucoup de travail . L’herbe en séchant laisse les épines d’agaroff partout ! Elles se glissent entre la chaussure et le pied et on marche dessus, ça fait mal  !!! J’espère trouver un assistant pour prendre la deuxième classe. Le moral des enfants est très bon. Ils sont contents de retrouver l’activité scolaire. Demain les peuls vont descendre. J’aurai donc des enfants qui dormiront à l’école. Je dois rester avec eux en attendant de trouver quelqu’un qui fera la garde à ma place pendant la nuit .Les parents sont très touchés par la situation qu’on connait mais j’essaye de les tranquilliser ...

école
  l'école d'ibizgan   photo  A. Tambo

Comme d‘habitude tous les matins je vais à l’école a 7H , je passe a la station essence puis chez le tablier (épicier) pour prendre des dattes et des choses pour les enfants de l’école. 5 minutes après me voilà en brousse où les enfants attendent. Parfois, ils ont déjà fait monter le drapeau. Ils m’entourent, me regardent et me serrent la main et je pose dans la main de chacun deux belles dattes. C’est un moment que j’aime bien où je vois chacun dans les yeux. Et nous entrons en classe pour la journée d’école.

MALLE la seule personne qui m’aide était une malade mentale que j’ai récupérée et scolarisée. Sa fille est là : elle s’active à rendre  service et apporte de l’eau. Maintenant elle s’est socialisée elle a des chèvres comme tout le monde. C’est elle qui fait le repas de midi aux enfants.

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préparation du repas  photo   A. Tambo

A midi je fais sortir les enfants pour le repas et je vais prendre ma natte derrière la classe et poser le thé. Je mange le reste des dattes accompagnées d‘un peu de lait de chamelle.

A 15h les enfants sonnent et on rentre en classe pour le cours de l’après midi jusqu'à 18h. On descend le drapeau et on se dit "au revoir" à demain. Je reste un temps avec les orphelins qui dorment là et vois les besoins pour demain et je file vers la ville. Il faut faire vite car on ne sais jamais ce qu’on va rencontrer sur la route.

J’arrive à la maison couvert de poussière. Une toilette rapide la prière et il fait déjà nuit. Je partage mon repas du soir avec ma famille. Les enfants viennent avec leur cahier d’école. Je regarde ce qu’ils ont fait dans la journée et je leur re-explique certaines leçons. Des fois je n’arrive même pas à faire cela tellement je suis mort de fatigue.

Mais je ne peux me coucher car il faut préparer la classe de demain. C’est plusieurs pages à remplir avec un format bien déterminé avec des lignes et horaires à suivre.

A 1H, si j’ai la chance de finir je dors des fois sans même faire la prière...

Entre temps je peins de temps en temps ...

A. Tambo   octobre 2007

recheptilisation
école   recheptilisation

Poème d'un élève de 1ère à Agadez

SONGE D'UNE NUIT

Tout n’est plein ici-bas que de vaine apparence, / ce qu’on donne à la sagesse est conduit par le sort,l’on monte et l’on descend avec pareil effort,sans jamais rencontrer l’état de consistance ,que veiller et dormir ont peu de différence,Grand-maître en l’art d’aimer, tu te trompes bien fort,En nommant le sommeil l’image de la mort,la vie et le sommeil ont plus de ressemblance,comme on rêve au lit, rêver à la maison, / espérer sans succès, et craindre sans raison, / passer et repasser d’une à une autre envie, travailler avec peine et travailler sans fruits, / le dirai-je mortels, qu’est-ce que cette vie?

 C’est un songe qui dure un peu plus qu’une nuit.

Abdoul-Aziz Alhousseïni Algoubass

Publié dans Aîr Info

 KOUDEDE : Éducation

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Koudede

photo © Alice Mutasa

Takriza

Imitons nos ancêtres  / Allons chercher la connaissance / À mes aînés aussi, je leur demande de chercher la connaissance

Encore, à mes aînés, / Allons chercher la connaissance. / Imitons nos ancêtres  / Hommage a la mosquée d'Agadez / À mes parents aussi, je leur demande d'envoyer les enfants à l'école  / L'ignorance ne vaut rien,  / Allons chercher la connaissance pour avoir l'esprit ouvert.   écouter

 

 UNICEF : scolarisation au Niger

LECTURE

A la lumière jaune / De la lampe tempête, / Tu t'éclaires / Le soir quand / Tout repose / Et que le village / Retrouve son âme / Dans le sillage / De la nuit

Couché à plat ventre / Courbé sur ton livre / La face éclaboussée de lumière jaune / Tu déchiffres l'écriture / Qui déjà t'appelle à l'aventure / Énigmatique des temps / Futurs

Et puis la nuit s'éveille

Rhissa Rhossey

Jour et Nuit, Sable et Sang, poèmes sahariens

jardin

  Apprentissage de l'écriture

Regards  africains

Alors je me redresse. Je me dis que notre démocratie à nous n'est pas très vaillante. Mais puisque nous, Africains, finançons le fonctionnement de l'État de droit en France, tout est bien. La grande sœur, mère des Arts et des Lois, finira, un jour, par arrêter ses ponctions. Et le phare de son exemple nous indiquera la route du Progrès !

Puisque rien n'allait comme il aurait fallu, puisque les échangeurs rongés de chez nous finançaient l'opulente démocratie de chez vous, puisque les maris les plus vieux aux queues les plus molles épousaient les femmes les plus jeunes aux ventres les plus avides, puisque les progrès de la médecine sauvaient des nourrissons que la malnutrition tuait le jour d'après, puisque nos coquettes Noires dépensaient des fortunes pour s'éclaircir la peau et se défriser la chevelure, puisque les plus vaillants de nos hommes préféraient partir chez vous se faire éboueurs plutôt que ramasser chez nous, chez eux, les ordures qui empuantissaient les rues, puisque l'on s'épuisait à prier pour appeler la pluie tout en coupant les arbres, seuls remparts contre le désert, puisque les riches s'enrichissaient chaque semaine davantage et que les pauvres avec obstination s'appauvrissaient, bref, puisque le monde était raté, Dieu tout-puissant, veuillez excuser cette insolence, il semblait nécessaire et urgent de reprendre la Création à zéro.

Et puisqu'au commencement était le Verbe - sur ce point la Bible et le Coran sont d'accord -  Marguerite, le matin de ces cinquante ans, décida d'utiliser l'entièreté des forces qui lui restaient à enseigner aux enfants la Parole et l'Écriture. On pouvait ouvrir l'espérance que, une fois instruites et bien instruites, ces nouvelles générations bâtiraient une planète, plus douce à vivre que la précédente.

Mme Bâ    Erik Orsena

Noureini TIDJANI-SEROS 

Pour nous le français est est un produit d'importation véhiculant, parfois à notre insu, les germes pathogènes de l'acculturation. (...)

Le rire et les pleurs d'un enfant blanc n'ont pas de signification en soi s'ils n'expriment pas la gaîté ou la douleur de tous les enfants du monde.

Extrait de la préface de Maïté

Inachèvement

Les gens aiment tellement
Vous définir, vous cataloguer
Vous numéroter, vous estampiller
Que j’ai l’orgasme
Chaque fois que l’on dit de moi
Qu’on ne me comprend pas

Ma jouissance c’est d’avoir échappé
Au masque mortuaire
Que l’on voulait
Me coller au visage
Le meilleur mode d’exister
C’est de demeurer inachevé. 
 

Noureini TIDJANI-SERPOS  extrait

 Salamatou Sow  : Nigérismes

DANSE DES MOTS 25/03/11 SAPEUR SALAMATOU SAW Niger

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