Assodé

ABDA, LE VANTARD, ET AGHALI , LE TACITURNE.

Abda est fier de posséder une épée. Il se vante toujours auprès des autres. Il les insulte, il les provoque. Certains le craignent, d'autres le considèrent comme un fou.

Un jour, Abda provoqua Aghali. Il l'insulta et lui dit: « Viens te battre avec moi en brousse ! » Aghali fit la sourde oreille. Mais Abda ne lui faisait pas peur. Il attendit que tout le village s'endorme et alla trouver Abda: "Allons nous battre", lui dit-il.

«Vas-y, je prends mon épée, ma lance et mon couteau et je te suis », lui répondit Abda.

A la sortie du village, Abda cria très fort à ses cousines  « Zenaba ! Halima ! Mariama ! Cet imbécile d'Aghali me demande d'aller me battre avec lui. Demain, s'il n'est pas revenu, cherchez sa tête dans les environs » . Les hommes du village, réveillés par les cris de Abda, accoururent pour les séparer.  « Lâchez-moi, dit Abda. Je vais lui couper la tête. »

Un sage dit alors à Aghali: « Un fou en guenille te trouve à la mare en train de te laver. Il prend tes vêtements et s'enfuit. Toi, tout nu, tu le poursuis. Tu croises une caravane. Les chameliers s'étonnent en te voyant. Lequel des deux  vont-ils prendre pour un fou ? »

« Moi qui suis déshabillé », dit Aghali.

Alors le sage lui dit : « Si tu suis Abda, c'est qu'il vaut mieux que toi." C'est ainsi qu'Aghali comprit et ne répondit plus aux provocations d'Abda. Et, depuis ce jour, Abda, vantard mais pas courageux, ne provquue plus personne.

Conclusion: le remède d'un mauvais âne, c'est un mauvais maltre. 

ehad

aquarelle A.Tambo