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AGHALI ET LE DIABLE

Il était une fois, quelque part dans le désert, Aghali voyageant tout seul, la nuit sur son chameau. La lune brillait dans un ciel parsemé d'étoiles. Il était fatigué mais se disait qu'il pouvait atteindre la vallée d'Inatess. Là, il y a un cori et le sable est propre. Il pourra s'y reposer, lui et son chameau, pour quelques heures. Il se résolut donc à cette idée et frotta vigoureusement le cou de son chameau pour lui dire d'aller plus vite. Et le chameau augmenta la cadence...

Dans cette nuit, on n'entendait que le bruit des pas du chameau et un lointain chacal.

Soudain, Aghali eut une étrange sensation : il sentait comme une présence derrière lui, sur le chameau  : " Qu'est-ce que c'est ? ce n'est pas possible " , se disait-il.

Il tourna doucement la tête pour regarder. C'était certain, il y avait quelqu'un avec lui sur le chameau.... Et cette chose ne disait rien. Elle était juste assise sur le chameau, derrière Aghali. C'était encore un djinn.

Aghali garda son calme et se mit à réciter les formules censées faire partir la chose. Rien. Elle restait là, tranquille et bientôt, ils arrivèrent au cori. Aghali devait s'arrêter préparer une toguella et un bon verre de thé, et dormir pendant que son chameau se gaverait des feuilles tendres des arbustes.

Aghali se résolut à camper... Le cori était frais et silencieux... Si ce n'était cette chose étrange sur le dos du chameau, il allait passer un moment vraiment reposant.

Il agenouilla sa monture et descendit... Son étrange compagnon, qui ressemblait plutôt à une femme, descendit également, et attendit.

Aghali retira la selle du chameau, l'Autre retira les tapis !

Aghali chercha quelques morceaux de bois, l'Autre en fit autant.

Aghali alluma le feu et posa la théière. L'Autre restait silencieux, à côté du feu.

"Aghali ne regardait pas l'intrus. il y avait un silence pesant. Il se demandait ce qui allait se passer entre lui et le diable.

Le thé prêt, Aghali servit d'abord son hôte, comme le veut la tradition. Il tendit le verre au djinn sans croiser son regard. Le fantôme se rapprocha du feu et se mit à parler :

"Hé, regarde mon œil, là, et dis-moi s'il y a suffisamment de khôl."  Aghali leva doucement le regard et vit pour la première fois le visage. A ce moment-là, il faillit perdre son sang froid mais se retint.

"Ceci n'est pas un djinn mais c'est bien un diable, et les diables sont dangereux."

Le diable se rapprocha encore plus, ouvrant l'œil... "Regarde, mon œil. Est-il bien  maquillé ?

" Faites voir " dit Aghali. Et le diable approcha l'horrible œil. Aghali prit doucement une bûche bien embrasée et l'enfonça dans l'œil du diable.... Le diable poussa un cri assourdissant et disparut dans la nature...

On entendit longtemps ses cris et on peut encore les entendre, certains soirs.

Ce conte, on me l'a raconté, un soir, au bord d'un kori. j'avais 12 ans et j'ai eu très peur. Depuis, chaque fois que je rentre seul de la brousse, je jette des coups d'œil furtifs derrière moi pour voir si je n'ai pas ramassé le diable...

transmis par A. Tambo, 2007

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La mort se trouve entre la bouche et le nez

La mort peut nous surprendre à chaque instant, le temps d'une inspiration

La dune

En fin d’une longue journée de méharée, au moment ou le ciel prenait ses plus belles couleurs, un touareg du Hoggar et son fils  installèrent le bivouac face à l’immensité du désert et dans le calme et la douceur de la nuit qui descendait doucement
Le regard perdu vers l’infini le touareg se mit à parler doucement comme s’il parlait à lui même tout en observant son fils assis à coté de lui…puis il écouta les dunes qui parlaient entre elles, lui qui était habitué à les entendre chanter.
Je me sens triste dit une dune en constatant que les autres dunes étaient plus grandes qu’elles.

Les dunes autour de moi sont si hautes, si belles et moi je suis si petite, si fragile »
Une autre dune lui répondit :« Ne sois pas triste. Ton chagrin n’existe que parce que tu t’attaches à l’apparent, tu ne conçois pas ta véritable nature »
« Ne suis donc pas une dune ? »
« La dune n’est qu’une manifestation transitoire de ta nature. En vérité tu n’es que du sable »
« Du sable ??? »
« Oui. Si tu comprends que ta nature est du sable, tu n’accorderas alors plus d’importance à ta forme de dune et ton chagrin disparaîtra
»

Le blog Saharien

E

 

intelligence

 

L'homme cherche à augmenter tout ce qu'il trouve,

hormis son intelligence.