Paroles et Musique

 

aman iman

Akal n'iba'

Terre à perte de vue

A perte de vue se dessine la ligne de l'horizon / dans ses grandes plaines qui forment le Sahara. / A perte de vue la caravane perce le mystère / qui fait peur aux initiés de cette atmosphère. / A perte de vue les nomades errent dans ces terres / hostiles et tristes comme la mort au premier abord. / A perte de vue dans le lointain infini le vent ramène /  le temps dans le giron des collines agrémentées / des dunes aux grains de sable fin.

A perte de vue les branches d'un acacia aux épines / dorées comme les pointes des épées des guerriers / qui luisent au soleil et s'imposent à la vue de tous  / Les voyageurs même aux gerboises qui jouent avec / les crottes des brebis.

A perte de vue le temps n'existe plus,  / rien que le mystère de l'oubli. / Chante l'hymne endormi depuis la nuit, perdu  / dans le mirage qui fait office de mers englouties.

A perte de vue s'élèvent les tourbillons au ciel / comme si le message était parti des terres hostiles / vers les cieux où tous les regards attendent une pluie  / qui donnerait vie à toute une flore et faune endormie.

A perte de vue le temps chevauche le vent vers  / les cimes des horizons qui bercent l'espoir d'un jour meilleur. / A perte de vue la soif et la faim ouvrent leurs portes  / à de nouvelles recrues qui ont signé leur arrêt de mort.

A perte de vue le temps s'écoule englouti par les ténèbres  / de la nuit qui sont toutes les mêmes.  / A perte de vue l'homme néolithique a tracé sa route / face à l'océan sans limite. 'Akal n'iba' se situe / entre deux mondes celui d'hier et celui de demain.

Aucun des deux n'est certain, l'un est passé et l'autre nous attend.

Souléoum Diagho

  

Tinariwen 

Tenere taqqim tossam 

Désert jaloux

Le désert est mien  /Ténéré, ma patrie / Nous venons quand le soleil se couche / En laissant une traînée de sang à travers le ciel / Que la nuit noire efface / Le désert est chaud et son eau est difficile à trouver / L'eau est la vie et l'âme

À tous mes frères, je dis que le désert est jaloux! 

Ô Ténéré / Ô désert jaloux / Pourquoi ne vois-tu pas / Que tu es un trésor / J'ai vu le monde / Je t'aime mieux / Ô Ténéré / Tu es le trésor / de mon âme.

Je crie à Dieu en haut / De rassembler mon peuple / En unité

Eau

Eau Kacemi

Mano Dayak

Je suis né avec du sable dans les yeux

Le soleil épingle nos  ombres sur le sable et son bouclier dévore le ciel entier.Afin d'économiser leurs mouvements, nos chameaux avancent  lentement Les lèvres entrouvertes, je déglutis l'air à travers l'épaisseur de mon voile. Je dois m'habituer à cette chaleur qui dessèche ma bouche et scarifie ma peau.Je dois à tout prix oublier mes paupières enflammées, la peau de mes cuisses irritées. 

" L'homme qui boit à la cruche ne sera jamais un bon guide"

Sans cesse me revient en mémoire le proverbe que ma mère me faisait répéter. Il m'obsède et m'irrite. Dans combien de temps arriverons-nous au puits que mon père a prévu à la tombée du jour ? Mes pensées deviennent cotonneuses. Seules les stries que le vent a laissées sur les franges des dunes servent de repères. Elles se croisent, s'entrecroisent, ondulent. Où mènent-elles ? Nulle part. Mon père se retourne et m'adresse un regard.

-  Surtout, ne t'endors pas !

Je me redresse sur ma selle. Je ne veux pas qu'il remarque ma fatigue. Je suis Mano Dayak ." Les Touaregs ne doivent pas êtres dupes des mirages, me dit alors mon père. Sur une terre où tout est à gagner, l'illusion n'a pas sa place. Seule compte la pensée lucide car elle exige l'oubli de soi et la prudence. Bois une nouvelle gorgée d'eau et remontons en selle. Il nous reste un long chemin à faire."

Mano Dayak

Etran Finatawa - Maleele -