1 ATELIER KOUMAMA

- Atelier koumama  - Niamey 

Les artisans

Leur art  considéré comme un langage ésotérique

Les artisans dont la fonction sociale se transmet héréditairement, sont généralement attachés à  une  famille de  nobles, de tributaires ou de religieux qui les entretient et les récompensent en échange de  leurs créations et des multiples services qu'ils rendent : ils jouent le rôle de confidents, d'émissaires, d'intermédiaires dans le domaine social, politique, rituel, participant à tous les évènements de la vie, comme la naissance, le mariage ou la mort.

Les hommes travaillent essentiellement le bois et les métaux (fer, cuivre, laiton, argent, or), tandis que les femmes sont spécialistes du travail du cuir mais aussi de la réalisation sophistiquée des coiffures féminines.

Les artisans possèdent non seulement l'art de transformer la matière mais aussi l'art du verbe dont ils usent pour juger, louer ou fustiger la société.

H. Claudot-Hawad  Touaregs  Apprivoiser le désert

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- Atelier koumama  - Niamey 

Forgerons et Franc-maçonnerie

Longtemps réprimée par les diverses religions : chrétienne et islamique, la Franc-maçonnerie Touarègue a su survivre et s'exprimer de façon clandestine, ou détournée mais toujours plus  subtile .

Chez nous les francs-maçons ont existé depuis 10.000 ans d'après les témoignages retrouvés sur des nombreux sites sahariens, mais aussi à travers des écrits historiques. Les plus visibles restent l'Art dans l'Aïr, dans l'Azawak et l'Azawad, sous sa forme artisanale jusqu'à aujourd’hui. Les principaux dépositaires se retrouvent aujourd'hui chez les bijoutiers, les forgerons, les guérisseurs traditionnels, quelques intellectuels d'obédience soufie, et de plus en plus les nouvelles générations.

croix_des_tribus

Les symboles les plus connus restent les 22 croix Touarègues en argent massif toutes pleines de signes et des messages qui ont su traverser les temps ...

Chez les Touaregs comme les Berbères les croyances aux signes restent très présentes, même de nos jours. Les motifs architecturaux, artisanaux, vestimentaires, écrits, calligraphiques, etc sont d'une richesse peu connue encore aujourd'hui ... Seuls quelques initiés peuvent les traduire avec leurs vraies histoires ...

Rom Habata

Longtemps reprimée par les diverses religions :chretienne et islamique ,la Franc-maçonnerie Touaregue a sut survivre et s'exprimer de façon clandestine ,ou detournée mais toujours plus subtile .

Longtemps reprimée par les diverses religions :chretienne et islamique ,la Franc-maçonnerie Touaregue a sut survivre et s'exprimer de façon clandestine ,ou detournée mais toujours plus subtile .

http://issikta.blogspot.com

Le cas de l'artisanat d'art au Niger

La tradition n’est pas immobile, elle ne reste pas dans mais elle surpasse, transgresse, dépasse, on peut ainsi dire qu’elle avance et, par cela, qu’elle change. Que la tradition se caractérise par une redéfinition incessante ou par un rapport constant à des références passées, elle n’est jamais figée. De ce fait, l’Histoire des sociétés ne se caractérise pas par un avant (traditionnel) et un après (moderne) mais par une continuité transcendée.

Parallèlement, la production artisanale (par opposition à l'art) est considérée par les experts de « bon goût » comme issue d'un acte collectif ce qui est facilement assimilé artistiques bien plus récents car l’Afrique joue de plus en plus le rôle « de réservoir chez Nous comme un acte dépourvu de créativité individuelle. De ce fait, les productions contemporaines africaines réalisées selon le mode de production artisanal, autrement dit ce que Nous appelons « artisanat », ont le plus grand mal à se faire une place dans ce milieu très élitiste du marché de l’art international, car perçues comme une production mineure.

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Les productions non certifiées par le label occidental « Art », sont ainsi  reléguées invariablement au rang d’art « touristique ». C’est le cas de la majorité des créations artisanales nigériennes qui sont facilement reléguées à des objets mineurs et peu innovants.

Les arts « touristiques » au Niger présentant les évolutions stylistiques depuis les années 1960, si l’art « touristique » existe, en tant que tel, il le doit aux échanges croissants et à grande échelle entre l’Afrique et l’Occident depuis la période Coloniale. Loin de moi l’idée d’affirmer que les arts africains actuels sont des pastiches des arts occidentaux. C’est l’échange entre les peuples qui permet aux sociétés de se transformer et habilite les artistes à renouveler leur stock créatif. Les artistes/artisans africains s’inspirent ainsi des arts occidentaux comme les artistes/artisans occidentaux s’inspirent des arts africains. On peut citer les mouvements d’avant-garde européens (cubisme, fauvisme, expressionnisme……) mais également des mouvements artistiques bien plus récents car l’Afrique joue de plus en plus le rôle « de réservoir de carburant artistico-culturel pour les artistes et intellectuels desséchés et aseptisés du Nord. De même, si les objets d’art « touristique » africains mélangent les formes, fonctions et/ou matériaux de l’artisanat local avec ceux, standardisés, de l’Occident, ce constat est aussi vrai pour les productions artisanales européennes comme le « style néo-grunge napolitain »

Source : Thèse Présentée et soutenue par Audrey BOUCKSOM

ARTS  « TOURISTIQUES » EN AFRIQUE ET CONSOMMATEURS OCCIDENTAUX