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photo  Niger Vivant

A toutes les  superbes photos trouvées sur Internet, à toutes les versions  stéréotypées du thé légendaire, à toute littérature, je préfère la vérité de ce mail, reçu d'un ami d'Agadez.

Vérité d'aujourd'hui, vérité vécue au quotidien ... Faut-il que ces trois verres de thé soient l'une " des mille et une facettes de l'âme touarègue " pour braver les péripéties d'une connexion Internet au cyber d'Agadez,  l'œil rivé sur le compteur implacable qui avale les minutes et les CFA. Coût prohibitif pour la majorité des Nigériens ...  Quand connexion il y a ...

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cybercafé  à Agadez 

Citadin par nécessité, nostalgique de la vie dans le désert ... comment mieux l'exprimer ?

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 A. Tambo

L'instant du thé

Bon,  je vais donc allumer ce feu et poser la théière … J’arrive. 

Voilà c’est fait , j’ai eu un peu de mal avec le charbon.

Mon amie que te dire sinon que vivre est certainement le plus gros cadeau qui nous est donné. On peut voir le ciel regarder la grandeur des choses ! Faire des rencontres extraordinaires, fuir, tomber et se relever rire et pleurer ! Et tout cela gratuitement ! En ce moment je me plais beaucoup et je me sens bon vivant. Ah le repas arrive. Je te laisse,  je vais manger ..

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C’est bon  : du riz a la tomate. c’est le repas des gens de la ville . Pas d’aragira (mélange de farine de mil et fromage de chèvre), pas de toguella (pain de sable),  pas d’assink (pâte de mil arrosé de lait frais de chamelle). Tout ça on ne l’a plus : nous mangeons mal. Nous ne mangeons plus.

Premier verre de thé. Il est dur comme la vie. C’est comme ça qu’on dit chez nous. « dur comme la vie » : tous les jours on est confronté  à la dureté de la vie. Qu’on soit malade ou bien portant la dureté de la vie se lit sur tous les visages. Sous les gratte-ciel comme sous les dunes du ténéré.  Il ne faut certainement pas se laisser terrasser. Il faut lutter et remporter le défi en faisant face à toutes les épreuves quotidiennes. Quand on se laisse abattre on est vite terrassé et bientôt piétiné mais si on se relève on peut recommencer…

Bon ce deuxième verre … il vient ? Je vais réactiver un peu le feu car je dois l’aromatiser avec de l’anghnagh, des tchicoumam, du tchitta, du tazaragade, et bien d‘autres plantes tirées des montagnes de l’ayir. Elles sont efficaces pour le bien être.

Le deuxième (verre). « Il est doux comme l’amour » : L'Amour … Il nous prend en entier ou pas du tout. Il ne nous prévient pas. C’est lui qui nous retire des larmes c’est également lui qui nous fait chanter des poèmes à longueur de journée. C’est l’amour qui nous fait voir des couleurs qu’on ne connaissait pas. lui qui nous rend fous. C’est notre raison de vivre. ON EST FAIT POUR AIMER. on doit faire la place à l’amour. Sans se demander pourquoi ni comment. c’est fou !

Le troisième ! ils disent qu’il est comme la mort. Fade, suave.

Mais moi, je ne sais pas, car la mort est certainement quelque chose qui nous est donné,  une chance, un repos,  une issue. Je ne sais pas. Mais les morts ne sont pas morts. Ils sont là et nous sommes tous les jours avec eux.

mail reçu d'Agadez

awanekkinnan
photo    awanekkinnan 

ISSOUF AG MAHA

Rituel du thé

Assis sur la natte près du feu, mes yeux larmoient sous l'effet de la fumée. Je surveille méticuleusement la préparation du thé. Patiemment, j'attends la quatrième pose de la théière qui nous est destinée, à mes frères et à moi. Mon père le fait avec le plus grand soin, un vrai rituel.

Le matin mon père s'éveille toujours le premier, s'écarte de la tente puis, le visage tourné vers l'est, il s'accroupit et pose sur le sol ses deux paumes de main. Pour ses ablutions, il essuie avec du sable son visage et ses bras, puis fait ses prières. Il reste un bon moment à égrainer son chapelet comme s'il observait le lever du jour, puis se relève, ramasse quelques morceaux de bois, allume le feu devant la tente, installe sa natte et observe la flamme tout en se réchauffant. Ma mère, après ses prières, s'affaire à préparer la bouillie de mil. Depuis la veille elle a pris soin de piler la céréale précieuse : il lui suffit donc de porter l'eau à ébullition et d'y ajouter la farine. Elle laisse ensuite le mélange bouillir quelques instants avant de déposer la marmite par terre pour la laisser refroidir. Mon père prend dans son ibewin, un sac en peau contenant toutes ses affaires, les théières, les verres, le plateau, le pain de sucre et le thé. Il en verse une mesure (un verre rempli aux 4/5) dans la théière, ajoute l'eau et la pose sur les braises qu'il a écartées du feu. Pendant ce temps, ma mère sert le petit-déjeuner, la bouillie de mil mélangée à du lait de chèvre. Mon père surveille discrètement la théière. Dès que le mélange bout, il prend un verre et, d'un geste assez spécial, casse le sucre qu'il rajoute à la décoction. Les coups du verre sur le pain conique de sucre émettent un bruit auquel nous sommes tous très familiers. Il prouve également à nos voisins que mon père assure bien son rôle de bon chef de famille. Puis il pose le récipient par terre, comme pour laisser mijoter, et se met à nettoyer les verres. Il les rince d'abord à l'eau, les essuie avec le bout de son chèche puis les dispose sur son plateau en cuivre, un très beau plateau circulaire méticuleusement gravé de formes calligraphiques et de dessins d'étoiles et de demi-lunes, qu'il nettoie régulièrement avec du citron et de la cendre pour le faire briller. Il aime dire qu'il  l'a acheté à des commerçants arabes, preuve que l'objet vient de loin, a de la valeur.

Après avoir bien disposé les verres, le rituel commence. D'un geste adroit, il fit jaillir le précieux liquide. Plus il élève la théière, plus le thé devient mousseux, première qualité d'un bon thé. Il en met d'abord une petite quantité au fond d'un verre, la goûte puis les remplit tous aux trois quarts, sert les grandes personnes qui sont autour de lui. Le premier est très fort et jamais on ne le sert aux enfants.

Près du feu, chacun a sa place. Mon père se trouve toujours au milieu de la natte, ma mère près de lui, un peu en retrait. Quant à nous, les enfants, nous nous installons autour du feu, assis par terre. Nous nous réchauffons la paume des mains et alimentons le foyer à chaque fois que le bois est consumé. Lorsque la fumée nous dérange nous soufflons fortement pour raviver la flamme. Ces gestes habituels sont si banals et quotidiens que nous n'y faisons plus attention.

Issouf Ag Maha

Touareg au XXIème siècle

akal

akal   A. Tambo

Les braves

De Zweira à Timihssaw, de Ader Niba à Iférouane.  /C'est là que le désert  fait souffrir les hommes,  / comme lui seul sait le faire.  / Seuls les hommes braves osent affronter sa chaleur sans eau. /Au coucher du soleil, ils préparent le thé,  / dans un plateau du Hoggar. / Hommes, je vous en prie !  / Ne soyez pas un verre de thé que l'on  peut se partager.  / C'est quand vous êtes divisés que l'ennemi est satisfait.  / Il fait la fête, riant bien de votre désunion. / La division est votre ennemi, mon cœur en est meurtri.
 
De l'Aïr au Hoggar, de Ajar à Kidal.  / Ce sont nos terres,  / vous le savez, à nous de les faire resplendir. / De Zweira à Timinssaw, de Ader Niba à Iférouane / C'est là que le désert fait souffrir les hommes,  / comme lui seul sait le faire.

Atri n'Assouf

mouna_bob

Mouna Bob

Mes frères, mes amis / N'oubliez pas les hommes / N’oubliez pas les hommes morts   / Pour une  cause quelconque / Que la terre vous soit légère / Les vivants vous rejoindront / A vous d’entendre le son du violon Et mériter le verre de thé / Ca va mieux depuis qu’on est ensemble hommes / Les arabes sont des hommes  / Et les Kawours et Kourroures / Les Peulhs et Haoussas sont des hommes

Unissons-nous les hommes /  Au Niger /Ayant attendu des années

Mouna Bob

thé
A. Tambo

Le Jardin de condiments

A la Maison des femmes on apprend à cultiver la terre et à utiliser les ressources naturelles locales pour se nourrir et se soigner. En 2007, nous avons apporté 16 m3 de terre arable dans la cour de la Maison des femmes pour créer un jardin avec les femmes. Celui-ci est axé sur la culture de condiments, choisis pour leur richesse en nutriments et capables de compenser les carences endémiques en protéines, vitamines, sels minéraux et acides gras polyinsaturés. Cette année, nous avons planté : des arbres fruitiers, des arbres générateurs de feuilles riches en nutriments (Baobabs, Moringa Oleifera, etc.) et utilisées traditionnellement dans les sauces pour accompagner les plats de céréales et légumineuses, des plantes choisies pour leur valeur condimentaires et/ou thérapeutiques (feuilles de Neem comme antipaludéen par exemple), du petit maraîchage facile à cultiver en fonction du sol et du climat.

pommier de sodome

pommier de Sodome

Plantes de l'Ayir

" C'est elle qui me prépare les potions traditionnelles à base des plantes quand je suis mal. Hier elle m’a préparé « l’abadardar ». On cueille des feuilles de « tadente » d’ « abizguinn » d‘ « aboragh » et d‘ « aguar ». On met le tout au mortier, on pile et on mélange  avec un peu d‘eau. Pendant ce temps 7 pierres sont sur la braise ; on prend les pierres et on jette dans le mélange des feuilles. Une forte vapeur se dégage et il faut humer recouvert sous une couverture. Après l’opération on se sens léger comme une plume. C’est très bon... "

par mail d'Agadez

Acacia-tamat

Les guérisseuses sahariennes passent pour récolter les feuilles pour en faire « lassrir » (aspirer par le nez, une fois les feuilles écrasés) médicament contre les rhumes. Elles en font aussi des enduits des feuilles mise en pâtes contre les coups et morsures du soleil. Mélangé à d’autres racines des arbres sahariens elles soignent avec aussi les maux d’estomac, le diabète, les nausées etc.

Ibanakal Tourna

Mano Dayak

Ma mère a révélé à mes sœurs les mystères et les vertus des plantes médicinales : celles qui soignent les abcès, la fièvre aphteuse, et les maux de ventre, celles qui soulagent les douleurs hépatiques, le laurier-rose qui rend fidèle le mari volage. Elle leur a enseigné les bienfaits de l'argile et de certains produits comme la graisse d'autruche, l'urine de chameau, la moelle des os d'une gazelle, le crottin de brebis et, raconte-t-on, la magie de certaines plantes abortives dont les femmes gardent jalousement le secret.

Mano Dayak

Je suis né avec du sable dans les yeux

CLOQUINTES

coloquintes

Algérie, plantes du désert

La coloquinte d'Asie fait des fruits lisses et quasiment sphériques qui passent rapidement du vert foncé strié de jaune au jaune citron puis au blanc au fur et à mesure de la maturation.
Ces fruits ressemblent tout à fait aux coloquintes de France. En général, elles sont localement groupées et abondantes et se rencontrent très rarement en individus isolés.

Il n'est pas conseillé d'en manger car elle contient un alcaloïde assez puissant en faible quantité. Consommé en grande quantité, il sert d'abortif aux femmes maures.
Les animaux s'en méfient, les dromadaires n'y touchent pas et seuls les ânes semi-sauvages qui hantent les contreforts des massifs montagneux, les consomment

Plantes du massif de l 'Aïr

Plantes médicinales du Sahara

Les médecines touarègues traditionnelles : Jacques Hureiki

Pommier de Sodome

Tinariven ; Iswegh Attay

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