Yunus Ocquet

DRAGUE

et on marche à pas cadencés
on s'arrête pour prendre un café
je fume une clope
tu souris
et tu illumines le ciel
la première gorgée de ton thé au lait
te fait pousser un soupir
tu es heureuse et belle
voilà

Yunus Ocquet

 

danse

FEMME DE BAGDAD

Ton regard humide et féminin, féconde les espaces arides de ma mémoire / Ton sourire évoque l’amour et les idylles enchanteresses des siècles lointains / Ta démarche est danse / Danse rythmée par des bombes et des pétards / Femme de Bagdad au cœur gorgé de vengeance / Poésie arabe, tu es  difficile d’accès / Oh ! Femme de Bagdad je t’attends après le chaos et, / Un jour sur la terre bénie d’Ismaël, / Je te construirais une tente, un boudoir et  / Un bunker inaccessible à toutes les haines / Où nul n’entrera s’il ne connaît / L’histoire de la Bastille et celle des geishas / Femme de Bagdad, Dieu le voulant nécessairement / Tes prochains enfants ne liront pas les testaments des kamikazes.      

Traces indignes de notre humaine condition ...

Les fantômes d’Oudaï et de Koussaï ne viendront plus hanter nos jardins secrets / Femme de Bagdad, ferme les yeux et vide ta mémoire saturée !

Yunus OCQUET 

muse 2 

MUSE FRIVOLE

Pauvre âme vautrée sur un canapé / Goutte lentement / Et trempe sa moitié / D’une moite mélodie / Feux du désir / Masques trompeurs / Rancarts risqués / Baisers volés / Elle revient vite au bercail / Pour ressasser ces cruelles minutes / Où elle a rompu le contrat ! / Pour si peu de choses elle a perdu mon estime / Dans la pénombre, la prochaine victime attend.

Yunus OCQUET

PÉLERINAGE
 
Le long de cette jambe longue comme les nuits d’Agadez / Je surfe de tout mon saoul. /Sur ce mont de Vénus aussi noir que du jais, / je rends grâce à EROS. / Sur ce buste bombé d’émotions, ma lucidité vacille / Sur cette croupe abrupte promettant le vertige, le grand saut m’attend / Dans ce nombril bourgeonnant, j’irai en ermitage comme l'escargot / Sur ce nez volontaire /Je grimpe fièrement, / Pour humer les senteurs musquées de ton âme / J’entends les bips saccadés de ton cœur artificiel / Je galope comme l’étalon de Yennenga et refais surface hors de ton nirvana…

Ocquet Yunus