La renaissance vous incombe !

plaie des temps

Hawad

Exil 

J'ai dit / Où sont les tentes de jadis / imprégnées de l'indigo d'ahal ? / Où sont les tentes d'autrefois / ouvertes vers l'horizon des étoiles / le désert de la liberté errante ? / Où sont les saisons de la transhumance / Cours d'amour et de beauté ? /  Où sont les plaines de mirages / où pâturent les jeunes chamelles / aux gazelles mêlées / par des garçons / tresses serrées dans la ceinture.

O jusqu'à présent, j'entends les cris de joie / des braves guerriers / Je vois encore dans le soleil couchant / la silhouette des antilopes au cou élancé / les maîtresses de l'ahal / Sourire de lune

Caravane de la soif (extrait)

 tigattawen

Poésie d’embuscade  extrait

Les airs et les sables / s'enduisent d'huile de coco / gélatine graisse fondue / haut-le-coeur / pour amadouer / les rayons du soleil. Ô monde, / jusqu'à combien de rives, / âmes et corps / sens-tu le pet global du tourisme ? / Là-bas comme ici / je vois la veuve Temoust, Temoust la Touarègue / elle dont la crevasse des yeux / ou la rocaille des pieds nus sont nourris des griffes du sirocco / et des dards du soleil. / L'ocre mat de l'épiderme / de ses enfants l'a cuirassée / pour affronter les scies et les faux / de ses tortionnaires.(...) 

(...) Et toi, tu veux encore rêver ? / Armés de scies électroniques / et de poignards laser,  / ils sont revenus / dans le sillage de leurs crimes. / D'une seule voix, / ils ont hurlé : /- "A la racine de la luette, / il faut couper toutes les langues harpon / de celle du poète à celle de la chèvre et du gecko de leurs ravins. / Et  au-dessus du col, / gecko, chèvre / et râle du choucas / perpétuent les résonances / des cordes vocales rompues. / Au pays des cris de la pénombre, / pays du génie qui appelle à la montagne, / nous tous comme les rocailles de nos plateaux, nousgrommelons et griffonnons / à l'oreille de la pierre / un mélange de sons et de signes fourchus et branchus / comme les griffes des vautours, / nos ancêtres / qui nous mangent la langue. / Et nous parlons avec des / langues remuantes / tels les sabots des chèvres de nos mères / que nous trayons dans les chambres d'échos / de nos bouches. / Nos bouches emplies de lames de verre / et de mots munitions des révoltes à  / venir.

Abdallah Ag Oumbadougou

Ghay Imidraye Imajaghene

Oh infortunés ! / Oh infortunés Touareg / Sortez de votre sommeil, / Libérez-vous de l'emprise du temps / La renaissance vous incombe ! / Touareg ne dormez pas / Libérez-vous de l'emprise du temps / N'oubliez pas votre splendeur, / Celle que vous a légué votre mère, / La touarègue qui vous a enfanté, / Elle vous a légué sa langue / Le tamasheq / Pour que vous le parliez, / Elle vous a légué son alphabet / Les tifinagh / Pour que vous les lisiez / Pour que vous les écriviez. / Vos enfants, ceux de demain, ceux d'aujourd'hui / Éduquez-les ! / Qu'ils se libèrent de l'emprise du temps / l'Aïr se meurt, asséché par l'ignorance.

 

 

Almoustapha Tambo 

«Rendez-nous notre Sahara, confiné, empaqueté et livré au diable»

almiz

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