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Nouri Bouzid : “ Mon rêve pour la Tunisie est que les femmes rééduquent les hommes ”

Nouri Bouzid, 68 ans, est de ces inlassables qui se relèvent toujours. Quels que soient les risques. Emprisonné sous Bourguiba, régulièrement censuré sous Ben Ali, le réalisateur de L'Homme de cendres et des Sabots en or est depuis toujours un artiste engagé, fervent défenseur de la laïcité et du droit des femmes.

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Pour réaliser un film autour du printemps arabe, Nouri Bouzid était un candidat idéal. Voilà près de trente ans que ce pilier du cinéma tunisien est en lutte — il a fait de la prison, jadis — contre toutes les formes d'oppression, de carcans culturels et sociaux. Il choisit, ici, pour héroïnes, deux femmes, différentes mais proches. Aïcha porte le voile, Zaineb, pas. Toutes deux travaillent dans une pâtisserie, à Tunis. Chez elle, Aïcha s'occupe de ses jeunes soeurs, fait la cuisine. Zaineb, elle, vit encore chez ses parents, voudrait travailler dans la mode et a un compagnon entrepreneur. Elles sont à un tournant de leur existence, à l'image du pays en ébullition. Dehors, des barrages sont improvisés dans les rues, des manifestations se déroulent un peu partout, la confusion règne. Mais c'est sous l'angle intimiste que le réalisateur choisit de filmer la révolution

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A la femme libre

Les femmes tunisiennes ont raison de se révolter contre un projet d'article de la future Constitution - qu'on doit, évidemment, au parti islamiste Ennahdha - consacrant la " complémentarité " de la femme avec l'homme et non son égalité. Vive la femme libre, oui à l'égalité entre hommes et femmes !

Sois bénie, femme douce et éternelle,  /Âme de notre immortelle nation ! / Souris car tu n’en es que plus belle, / /Et rayonne avec obstination !

Terrasse tes ennemis qui te maudissent / Comme saint Michel terrassa le démon, / Comme le printemps et l’aurore sois douce / Et sois fière comme les héros et les monts !

Le monde est épris de ta lumière, / Quand tu passes, soleil qui brille pour nous, / La nature   te dit des prières, /La création te contemple à genoux,

Mohamed Yosri Ben Hemdène

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La Révolution

De ce peuple opprimé qui enfin s'éveille, / entends le rugissement, Liberté vermeille ! / Bénis-le, vois ses pleurs, écoute ses soupirs, / sois douce, et daigne ne point le faire souffrir !
Gloire à la Tunisie, fière et éternelle ! / Gloire à la patrie et à ceux qui meurent pour elle ! / Gloire aux mères éplorées, aux veuves, aux bons, aux purs ! / Le peuple a cueilli sa liberté, ce fruit mûr, / qui tombe de l'arbre de la dictature ! / Victime, il soufflette le bourreau qui le torture, / et sourit à l'aurore qui reluit dans les cieux, / déployant ses ailes, pour que le soleil radieux / monte enfin, joyeux, dans les nuées sublimes !
Tu ne t'es point tu, ô, peuple magnanime ! / Esclave muet, pendant vingt-trois ans, vingt-trois ans ! / Tu errais, sombre, et tu trainais tes fers pesants, / Mais la volonté du peuple est souveraine, / Blessé et pourtant fier, tu brisas tes chaînes ! / Volonté sublime qu'encense l'univers ! / Le printemps rayonne malgré les sombres hivers !

Ben Ali, tu croyais pourtant la Tunisie / soumise à tes lois , le nectar et l'ambroisie,  / comme les dieux de l'Olympe, berçaient ton cœur obscur, / mais tu as fui ! C'est la fin de ton régime impur, / de ta sombre oppression, de ta dictature vile ! / Tu mourras oublié, criminel, inutile, / nul homme libre ne chantera ton nom odieux ; / tu vécus puissant, tu périras furieux, / La Terreur, L’Ère nouvelle, le Sept novembre, / nul ne s'en souviendra ! Et, fantôme sombre, / ton nom s'envolera, châtiment oublieux ! / Et dans les vieux livres d'histoire poussiéreux / sera emprisonné, éternelle geôle ! / Et pareil aux vétustes et mystérieux symboles / que l'on voit sur les murs des pyramides anciens, / nul ne le comprendra, car nul ne se souvient
Mohamed Yosri Ben Hemdène

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