Épitaphe de Mano Dayak

« Les confidences n’ont d’écho

Que pour nos cœurs »

Tombe_de_mano_dayak

Ici repose le corps de Mano Dayak, / A présent, le sable est sa patrie éternelle. / Mais, éminemment immortelle, son âme voyage la nuit / Avec les lentes caravanes des étoiles / D’éternité pure en éternité pure.

Des grêles gouttelettes de rosées viennent à l’aube / Rafraîchir l’ardeur de ses lèvres. / Les larmes de son peuple aimé / Continuent à hanter, de saison en saison, son esprit.

Les guimbardes des jeunes bergers, / Anges hâlés errant entre terre et ciel, / Rendent plus léger le fardeau de son linceul de silex !

Concassant les joyeux grains de mil, / Faisant danser au vent, Avec une élégance saisissante, le fonio, /Attisant les bûches du foyer, / Les femmes antilopes habillent de soie transparente / Son nom, cher aux hommes et aux dieux !

Le soir, à travers le désert sentant la fraîcheur, / Djembés, balafous, koras et ngoni / Ressuscitent dans la chair des splendides Touareg / La robuste, la coriace soif de liberté.

Puisse-t-elle la bure blanche de ma poésie, / Celle que j’ai endossée depuis ma trébuchante enfance, / Protéger de son ombre hymnique / Sa tombe du feu charnel du soleil !

Alioune Badara Coulibaly

ADIEU MANO !

Dans le fatras déroutant / De ce 15 décembre / Un souvenir macabre / Éperonne le peuple errant

Bruit assourdissant d’une ferraille qui s’abîme / Complainte lancinante d’un feu qui crame / Mano Dayak est mort, victime du crime / Et avec lui l’espoir de la paix partit en flammes

Debout sur la stèle de la nostalgie / Hébété par la douleur de la colère assagie / Je pleure ce père et ce fils de Tidène parti sitôt / Je pleure ce frère et fils guerrier désarmé très tôt

Je pleure ce berger et guide à la science sans égal / Je pleure le départ de Mano le rebelle / Les plus belles voix de femmes t’ont chanté / Les plus grands peintres t’ont immortalisé

Les plus viles bouches t’ont insulté / Les plus grands écrivains t’ont galvanisé

Ô Mano, poète nomade repu de miel / Élu des prêtresses, béni de Dieu et des vieux ! / Tu étais la plume gorgée de fiel / Qui dénonçait nos droits précieux / dissous dans le marais de l’exclusion / érigée en système de gestion

Ô Mano, fils de la vallée de Tidène / Dans la majesté de ta tombe sans balise / Prie pour que s’arrête ce vertige qui déraisonne / Prie pour qu’arrive ce jour qui grise / Prie pour qu’enfin souffle l’espoir / qui réunira les fils et filles d’Imuhar / Riant autour du feu de la solidarité / Et buvant le thé de la fraternité ! / Adieu Mano !

 Ibrahim Manzo DIALLO

En hommage à Mano Dayak : poésies Rhissa Rhossey, Manzo Diallo , Tinariwen ... - Touareg du Niger, rencontres au fil du temps..

Mano Dayak CHANT FUNEBRE POUR MANO DAYAK Tu n'es plus / Et mes larmes ne tariront plus / Ton sang, ton corps et tes os / Sont à...

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