Que tes esclaves

gardent le troupeau

 

Que ta takouba

garde ton honneur

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 La beauté d'un homme c'est :

 

l'épée, la lance et le bouclier 

 

 sarho n-elis, aghir, allagh, takoba

 

touaregs

Rhissa Rhossey

Éloge

A mon épée

J'ai grandi à l'ombre des dunes / Loin des vacarmes / Des villes / Mon épée est mon arme / Ma maîtresse et mon charme. / Je caresse sans fin / Sa lame étincelante / Et fine

C'est ma fidèle compagne / Sa présence / M'apaise / Et me rassure

Ne suis-je pas / Le fils des espaces libres / Où mes pas / Débridés et ivres / N’écoutent que les fibres / De mon âme / Fière / Et éblouissante / Comme une lame / Au soleil

Rhissa Rhossey     Tchirozérine, le 30/01/2014

guerriers

aquarelle A. Tambo

Touareg du XXIème siècle

Pour le jeune touareg, posséder une takouba (une épée de qualité) héritée du temps des grandes batailles, un joli chameau de selle et un troupeau de chamelles est la limite du paradis terrestre.

Les poèmes et les contes en disent long sur cette vision .

Issouf Ag Maha

 

Épée touarègue :

« takouba »

(...) Normalement la takouba est portée dans un fourreau en cuir. Son port n’évoque aucune appartenance à la noblesse ou à une tribu dominante. Tout homme libre pouvait porter la takouba suspendue à un baudrier. L’insécurité a interdit ce droit depuis quelques années, du moins dans les agglomérations.

Au cours des dernières décennies, les artisans, contrairement à la tradition bien établie de monter une garde cruciforme sur des lames européennes, fabriquèrent de toute pièce des takoubas et des poignards avec des lames de ressort de camion. Cette production destinée aux touristes a généralement conservé la bonne qualité de l’artisanat touareg. (...)

Article intégral   Encyclopédie Berbère

épée touarègue

 Takouba

Légende Touarègue de l’Aïr (Niger)

Kijigui : " gros couteau "

C’était dans les temps anciens, alors que le grand roi Salamon régnait sur terre. C’était un très bon roi ; son nom incarnait la sagesse et ses pouvoirs étaient légendaires ; sa pensée pouvait voyager à travers l’espace et le temps, pour voir ce qui se passait dans son royaume et autour de la terre entière.

Pour sa sécurité, il avait préféré se passer du service de ses semblables : dans sa grande sagesse, il connaissait les faiblesses des hommes, et les bassesses dont ils étaient capables pour accaparer le pouvoir.

Il s’était donc assuré du concours des Djinns, se mettant ainsi à l’abri de l’hypocrisie des humains.

Salomon ne tolérait pas l’injustice, et envoyait des émissaires régler les litiges, sur toute la surface de la planète.

Les justiciers, au temps de Salomon, ne voyageaient pas à la façon du commun des mortels : ils avaient le pouvoir de la Ousma Alghajin, le livre qui contient tous les secrets dont se servaient les thaumaturges ; ils savaient devenir invisibles et immatériels ; ils pouvaient ainsi se transformer en étoiles filantes, et parcourir de grandes distances en très peu de temps.

L’un de ces justiciers, passant un jour dans l’Aïr, tomba follement amoureux d’une de ces beautés qui ont les cheveux noirs comme des ailes de corbeaux. Elle n’avait pas son pareil pour chanter, et quand elle jouait de l’imzad, on aurait cru entendre une musique céleste.

A la suite de cette rencontre, il fit de fréquents voyages pour se rendre auprès de sa bien-aimée, qui lui rendait sa passion.

Il arrivait sous forme d’étoile filante, se posait sur la montagne où il reprenait sa forme humaine, et descendait ensuite auprès de la jeune fille. Tard dans la nuit, il reprenait la voie des airs.

Sur le chemin du retour, il faisait toujours une halte aux puits de Faodet : là, en récitant certains versets du Coran, il faisait monter l’eau jusqu’à la margelle du puits et se purifiait le corps. Après ce rite, l’étoile, plus lumineuse que jamais, reprenait très haut dans le ciel la direction du levant.

Il revint ainsi dans l’Aïr, jusqu’au jour où le roi Salomon lui demanda de rester pour toujours auprès de lui. Il demanda cependant à son Seigneur l’autorisation de se rendre une dernière fois dans l’Aïr. Lors de cette ultime visite, le jour des adieux, il remit son sabre à sa bien-aimée.

- Ce sabre, lui dit-il, est coulé dans un métal spécial : celui qui le détient invincible face à l’ennemi ; il a de grands pouvoirs, et je te le laisse comme souvenir de moi, ainsi que pour défendre ton peuple.

La jeune fille garda précieusement cette arme magique. Beaucoup plus tard, Dieu la rappela à lui, et elle retrouva enfin son bien-aimé, dans le monde immatériel de  là-haut.

La Takouba fut transmise à sa descendance ; depuis cette époque éloignée, elle fut à l’origine de tous les succès des Touaregs de l’Aïr sur leurs envahisseurs.

Les tribus de la région considéraient ce sabre comme leur propriété commune et se regroupaient, en cas de conflit, auprès de l’aménokal qui le détenait.

Il était capable de fendre les rochers, de couper les métaux, et prévenait de la guerre : une semaine avant que ne se déclare le conflit, sans que personne y touche, il transperçait son fourreau et se fichait en terre.

Il était impossible de le prendre par force, et seul le vol aurait permis à quelqu’un de s’en emparer.

Tout le monde le voulait, et l’arme fit des séjours dans presque toutes les tribus de l’Aïr, qui se la dérobaient mutuellement.

Depuis, le temps a passé, et le sabre a beaucoup servi ; il s’est atrophié et les Touaregs de l’Aïr le surnomment Kijigui, ce qui signifie « gros couteau ».

Dernièrement, Kijigui fut volé par les Tagaraï-Garaï, autres Touaregs de la région de Tahoua et de l’Azawagh, à ceux de l’Aïr. Ces derniers se sont bien juré de ramener un jour cet ancêtre chez eux ; mais lorsqu’il aura beaucoup servi, son usure sera totale, et il est probable que commencera alors une ère de paix définitive.    

Contes et légendes touaregs du Niger: des hommes et des djinns

publié par Laurence Rivaillé

Combattants touaregs

Combat au sabre de guerriers touaregs 

Les Touaregs 

Pasteurs et guerriers des sables

L'épée (takuba) est l'arme que possède tout homme adulte : les lames appartenant aux guerriers les plus fameux sont venues d'Europe, à travers le Sahara, depuis la fin du xv e siècle et le début du XVIe siècle. Leur origine a pu être identifiée grâce à leurs marques : lions héraldiques, globes crucifères, demi-lunes ou figures allégoriques. Elles ont été fabriquées en Allemagne (Passau, Solingen, Würtemberg), en Espagne (Tolède), en Italie (Padoue), en France (Vienne), et en Suisse. Certaines de ces marques, telles les demi-lunes, ont été maladroitement reproduites par des artisans locaux. A côté de ces lames historiques, qui se transmettent dans les grandes familles, les forgerons touaregs fabriquaient des lames avec le fer local, puis, plus récemment avec des pièces de récupération. Les Touaregs ont établi une hiérarchie compliquée des armes selon de nombreux critères qui font appel à l'ancienneté, à la beauté ou à la souplesse de la lame. «Les Kel Ahaggar, dit Foucauld dans son célèbre dictionnaire, classent les lames d'épée en diverses espèces d'après la beauté  et la couleur de l'acier, l'épaisseur de la lame, le nombre de gouttières, etc. ». Comme Durendal, l'arme de Roland dans la célèbre chanson de geste du Moyen Age, les épées touarègues portent parfois des noms, dont certains sont cités dans le dictionnaire des noms propres du Père de Foucauld, aux côtés des noms d'animaux et d'astres. Toutes ces lames, anciennes ou récentes, importées ou fabriquées sur place, sont montées pareillement : la garde en croix, le pommeau, le fourreau montrent la capacité des artisans touaregs d'intégrer dans un modèle culturel spécifique, un matériau venu de pays lointains, inconnus. La richesse du vocabulaire concernant les épées, se retrouve dans d'autres thèmes.

E. Bernus

 

 L'épée traditionnelle touarègue

Le Takouba

Cette lame fine à bout rond est très affûtée sur ses deux côtés.

Elle est encore régulièrement portée en brousse mais est interdite en ville depuis la rébellion touarègue de 1995.

Elles sont fabriquées actuellement par les artisans avec des métaux de récupération : lames de Toyata par exemple. Mais les plus prisées étaient importées. On trouve actuellement des sabres fabriqués par des artisans de Tolède ou en Égypte. Ce sont les fameuses tazghaît .

Principales catégories de sabre :

- Tazghaît (la beriberi) ou en haoussa babarbara.
- Almasri (l'égyptienne).
- Adad iglan (le doigt allongé) nom dû à un long trait dessiné en creux sur la longueur de lame

Ce sont les principales catégories qui ont une " valeur " reconnue et estimée.

Les sabres faits actuellement sont jugés  à la qualité du métal : sont-ils flexibles, facilement aiguisables, se tordent-ils, sont-ils sensibles   aux chocs avec d'autres sabres ? Mais dans tous les cas et quelles qu'en soeint les qualités, on ne les comparera jamais aux trois autres catégories caractérisées par une histoire ancienne. chaque sabre ayant appartenu à plusieurs personnes et s'est transmis de père en fils.... 

L'épée est donnée au garçon au moment de son passage à l'agen adulte. En général on commence par lui donner une " épée quelconque ". C'est plus tard que le papa pourra décider entre ses fils à qui il transmettra la lamme familiale.

indigo