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Uranium   Ahmed Boudane

Agadez Tosham

vendredi 11 avril 2014, par Rezki Mammar

Le documentaire Agadez Tosham a été projeté à Paris. Ce film parle du Niger, une destination touristique victime de l’insécurité des pays voisins mais pas seulement.

Agadez est la principale ville du nord du Niger, en plein pays touareg. Cette région a beaucoup misé sur le tourisme. Le problème, c’est que la France déconseille cette destination à ses ressortissants, parce que plusieurs Etats voisins connaissent des conflits comme l’Azawad au nord du Mali, le terrorisme ou une instabilité politique. Le paradoxe, c’est que la France investit au Niger, pour extraire de l’uranium : une activité polluante qui ne sert pas pas du tout l’activité touristique et sans retombées sur la qualité de vie des habitants. Et en toile de fond se pose la question touarègue, un peuple qui habite une région riche en paysage et dont le sous-sol contient le fameux uranium. Dans le documentaire Agadez Tosham, ces sujets sont abordés sans complexe, souvent avec humour et ironie par des élus et des habitants. La voix off ne tire jamais de conclusion, elle accompagne juste la caméra dans la découverte d’un pays.

Publiée le 23 mars 2014

Au départ il s'agissait simplement de réaliser un film relativement court destiné à un public tant nigérien qu'occidental, dans le but d'assurer la promotion du festival d'Agadez.
A ma grande surprise je découvre au fil des interviews et des rencontres que le Niger est classé Zone rouge, c'est alors que souhaitant comprendre les raisons de cette classification, je suis allé au contact des populations et des responsables locaux, et ai décidé de me faire l'écho des cris d'alarme de ces femmes et ces hommes face à cette décision inexplicable et injustifié à leurs yeux, en partie responsable de leur misère actuelle.

Ce film a été projeté le 10 avril à Paris. C’est la version raccourcie d’un premier documentaire sorti en 2012 mais qui était un peu trop aseptisé dans le propos. Normal, à l’époque il s’agissait de faire la promotion d’un festival de musique. Projeté à Paris le 10 avril dernier, dans le cadre des Jeudis rouges organisés par le Parti communiste français, le film a suscité un débat nourri. Un homme estime que le tourisme est trop souvent utilisé comme « une bouée de sauvetage » à la place d’un vrai développement. Beaucoup de spectateurs dénoncent la mainmise des grandes puissances sur l’économie africaine, notamment Areva. Cherifa Difella se demande quant à elle « combien de temps nous, les Africains, allons rester sous assistance ». La soirée a également permis de présenter Imane, une association française qui travaille au nord Niger en créant des écoles, des puits et des logements.

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