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Deux invités et un printemps. Celui des poètes qui ouvre sa 19ème édition ce week-end et met les Afriques à son programme. Un pluriel à discuter avec le poète tchadien Nimrod et le poète marocain Abdelatif Lâabi.

Nos invités :

Abdellatif Laâbi est né à Fès en 1942, au temps du protectorat français au Maroc. Son père est artisan sellier, et sa mère, femme au foyer. Il sort à peine de l’enfance lorsque son pays accède à l’Indépendance. Après des études universitaires à la faculté des lettres de Rabat, il est nommé professeur de français dans un lycée de la capitale. Sa vocation pour la culture se décide tôt. Encore étudiant, il est l'un des créateurs du Théâtre universitaire marocain, qui met en scène des pièces de Bertolt Brecht et de Fernando Arrabal. À la radio nationale, il anime brièvement deux émissions littéraires. En 1966, il fonde avec un groupe de poètes et de peintres la revue Souffles, qui aura un vrai rayonnement, notamment à l’échelle du Maghreb. Au Maroc, elle jouera un rôle déterminant dans le renouvellement des formes d’expression littéraires et artistiques, ensuite dans la contestation de l’ordre social et politique qui régnait à cette époque. La revue est interdite en 1972 et Laâbi est arrêté, torturé, puis condamné à dix ans de prison. Libéré en 1980, suite à une campagne internationale en sa faveur, il quitte le Maroc cinq ans plus tard pour s’installer en banlieue parisienne. Dès lors, son œuvre, essentiellement poétique, touche néanmoins à tous les genres : roman, théâtre, livres pour la jeunesse, écrits sur la culture, essais politiques… Pour autant, il ne renonce pas à ses engagements d’intellectuel citoyen. Ses interventions se multiplient, tant en France qu'au Maroc, contre le despotisme, les obscurantismes de tout bord, et en faveur de la dignité humaine, des libertés et du dialogue des cultures. (Présentation de l'éditeur)

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" L’écriture est un lieu d’errance utopique "

Abdellatif Laâbi : " L’écriture est un lieu d’errance utopique "

lL’œuvre d’Abdellatif Laâbi, teintée de révolte, promeut l’engagement artistique et intellectuel comme moyen de lutter contre les injustices. Il met en œuvre une esthétique de la dissidence, où écrire est engagement, l’écriture un "lieu d’errance utopique". Un homme en colère, tourné vers le futur.L’écriture est un lieu d’errance utopique•

D’abord enseignant à Rabat, il participe au développement de l’intelligentsia marocaine de gauche à travers la création de la revue "Souffles", qui traite de culture, d’expression, ainsi que de problèmes sociaux et économiques. En 1972, date à laquelle il fonde le mouvement clandestin de gauche Ila Al Amame, il est enfermé et condamné à dix ans de prison. Dans "Chroniques de la citadelle d'exil" (2005) il fait le récit de ses années d’enfermement. Peu après sa libération, il s’exile en France ou il continue et diversifie son œuvre. Abdellatif Laâbi s’adonne alors au théâtre, à la poésie, au roman et à l’essai. Auteur des œuvres "Le soleil se meurt" (1992), "Le Spleen de Casablanca" (1996), "Poèmes périssables" (2000), "Mon cher double" (2007) et "Tribulations d'un rêveur attitré" (2008) aux éditions La Différence, il reçoit le prix Goncourt de la poésie en 2009 pour l’ensemble de son œuvre. En 2011, l’Académie Française lui décerne le Grand Prix de la francophonie.

Abdellatif Laâbi : La poésie en réponse à la barbarie

Nimrod

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Nimrod• Crédits : Spier Poetry Festival

Né en 1959 au Tchad, Nimrod est philosophe de formation. Il a enseigné en qualité de professeur visiteur à l’université du Michigan (Ann Arbor) à l’automne 2006. Nimrod a été rédacteur en chef de la revue Aleph, Beth (1997 - 2000) et a codirigé la revue de littérature francophone Agotem aux Éditions Obsidiane (2003 - 2005). Poète, romancier et essayiste, Nimrod a reçu de nombreux prix, entre autres le prix Louis Labé (1999), la Bourse Thyde Monnier de la Société des Gens de Lettres (2001), le prix Edouard Glissant (2008). (Présentation des éditions Obsidiane). Sa poésie est publiée chez Obsidiane et Doucey éditions, sa prose chez Actes sud.

 

Nimrod, un retour au pays natal

" Nimrod ", un prénom qui vous singularise, en cette terre tchadienne d'Afrique. Un prénom biblique, dont la symbolique multiple fait de vous un rebelle, un puissant chasseur, un roi bâtisseur de tours, en référence au fondateur de Babel. Un prénom donné par un père, lui-même pasteur luthérien.

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 Poésie et Afrique(s)

Intervenants : Abdellatif Laâbi et Nimrod


120 nuances d'Afrique

 

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De Nimrod Bena Djangrang, De Bruno Doucey, De Christian Poslaniec

Le mot de l’éditeur :

L’anthologie que nous publions pour la 19ème édition du Printemps des Poètes est une invitation à explorer le continent injustement méconnu de la poésie africaine. Et cela ressemble à un voyage. Voyage dans le temps, à la rencontre des griots et de l’oralité native du poème ; voyage dans l’espace, d’est en ouest, du nord au sud, sans ignorer les territoires situés au-delà du continent. Car toutes les Afrique cohabitent dans ce livre : méditerranéenne, saharienne, sahélienne, équatoriale, australe ; américaine quand le poème devient blues ; Afrique des Éthiopiques et des Atlantes ; Afrique noire, blanche ou métisse, continentale ou insulaire, qui s’étire jusqu’aux Antilles et à Mayotte. Un monde s’éveille sous nos yeux : celui des rythmes incandescents et de la parole libérée.

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« J’ai été un chanteur : / Sur la route de l’Afrique à la Georgie / J’ai emporté mes chansons tristes. / J’ai inventé le ragtime. / J’ai été une victime : / Les Belges m’ont coupé les mains au Congo. /  On me lynche encore au Mississippi. / Je suis un Noir : / Aussi noir que la nuit noire, / Aussi noir que les profondeurs de mon Afrique. »

Langston Hughes

Extrait Collection : Tissages

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Printemps des Poètes

Agenda  : Librairie de Paris 

Agenda : B. DOUCEY