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Amina Weira

La colère dans le vent - Un film documentaire d' Amina Weira  doublement primé au festival Vues d'Afrique ! Le film a reçu le Prix Meilleur court et moyen métrage attribué par l’Organisation internationale de la francophonie dans la section Afrique Connexion, et le Prix Développement durable attribué par l’Institut de la Francophonie pour le développement durable - IFDD .

Vues d'Afrique

 Vues d'Afrique

Les malades imaginaires de l'uranium

NIGER * Seuls deux cas de maladie liée à la radioactivité ont été reconnus dans les mines d'uranium gérées par Areva. De quoi sont alors morts tant de ses anciens travailleurs? Repor

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L'uranium qui nourrit la Belgique empoisonne le Niger

Un tiers des ampoules de France brillent grâce à de l'uranium extrait au Niger. Cette substance jaune issue du Sahel aboutit aussi sur le marché de l'énergie en Belgique. Si la communauté des mineurs nigériens vit sans accès à l'eau courante et des pannes d'électricité constantes, il y a pire : elle vit au beau milieu des polluants radioactifs.

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Areva au Niger : la politique du dialogue de sourds

Le 12 octobre, environ 5000 manifestants, selon plusieurs sources a déclaré l'AFP, ont défilé dans les rues d'Arlit, la cité minière du nord du Niger où plus de 80 000 habitants vivent à l'ombre des deux filiales d'Areva : la mine d'uranium à ciel ouvert Somaïr et la mine sous-terraine Cominak.

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amina-weira-signe-une-premiere-oeuvre-personnelle-depeignant-arlit-sa-ville-du-niger-balayee-par-des-vents-de-sable-charges-de-substances-radioactives-photo-rl-1495216463

Caméras des champs : l’uranium, thème central de la Colère d'Amina Weira

Sa voix douce épouse sa silhouette, tout en finesse. Hier, le festival Caméra des champs a rencontré, en chair et en os, la réalisatrice du très attendu documentaire La colère dans le vent. Amina Weira, petit bout de femme gracieux, signe une première œuvre personnelle dépeignant Arlit, sa ville, balayée par des vents de sable chargés de substances radioactives.

Parlez-nous d’Arlit, cette ville du Niger qui tient finalement le premier rôle de votre doc.

Amina WEIRA :

« À la base, c’était un petit village, un campement presque désertique. Dans les années 70, l’endroit s’est développé avec la découverte et l’exploitation des mines d’uranium par la société Areva. »

Exploitation qui engendre, aujourd’hui, bien des dégâts, n’est-ce pas ?

« Oui, désormais, une bonne partie de cette région est contaminée. La ville est régulièrement balayée par des vents violents de sables qui transportent des substances radioactives. Autre risque majeur : la récupération de morceaux de ferraille issue des mines par les habitants. Ils servent à la création d’objets, comme des meubles de cuisine. Mais eux aussi sont chargés de substances très nocives pour la santé. »

La question de l’eau alimente également votre "colère"…

« Bien sûr, car l’exploitation minière est une grande consommatrice d’eau. Si grande, même, qu’elle provoque un épuisement des nappes phréatiques. Les dernières, voisines des installations d’Areva, sont, elles aussi, contaminées.

Comment la population réagit-elle ? A-t-elle déjà conscience des dangers ?

« Elle en a vaguement conscience. Dans ma ville, beaucoup de gens ne savent pas lire ou écrire. Ils appréhendent difficilement les risques liés à la radioactivité. Dans mon film, certains habitants pensent que le chlore permet de "tuer" des éléments radioactifs qui se trouvent dans leur maison… »

Cette première réalisation est très personnelle, votre père y tenant un rôle important. Pourquoi l’avoir associé au tournage ?

« Tout simplement parce qu’il a travaillé 35 ans dans ces mines d’uranium. Et aussi parce qu’au Niger, il n’est pas simple pour une jeune femme de demander à des anciens de témoigner. Mon père a favorisé l’échange avec ce monde de mineurs. »

Comment le groupe Areva réagit-il à ces graves accusations d’empoisonnement ?

« En niant, tout simplement. Cette société a fait construire les hôpitaux d’Arlit, c’est même elle qui emploie les médecins qui y travaillent. Donc forcément, quand un mineur vient faire un bilan de santé, on ne lui dit pas tout sur l’origine de son mal… »


Propos recueillis par J.-M. C.

Article original   Le Républicain Lorrain