Le Mil de la Mort

Le Mil de la Mort

Le Mil de la Mort est un moyen métrage du réalisateur nigérien Jaloud Zainou Tangui. Ce film nous plonge dans une Afrique des traditions orales à travers un conte. En ce temps, les humains pouvaient parler à la Mort et cette dernier mis à l'épreuve le courage des homme mais pas la ruse des femmes.

Il y a très longtemps à l'Ouest de l'Afrique, se trouvait un village dans lequel les humains pouvaient parler à la mort. Une année, l'orage s'est fait rare et les récoltes ont été mauvaises. La famine s'abattit alors sur le village, il n'y avait plus de réserve de mil, ni de riz, ni même de poisson dans les rivières cependant, l'on pouvait trouver du mil en abondance qu'a un seul endroit, chez la mort et le mil de la mort a un prix.

Mamoudou Abdoul Salam l'une des pointures musicale du Niger chante ''Le Mil de la Mort''.

 

Jaloud et sa camera en guise d’arme

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Il est étudiant en réalisation audiovisuelle  à l’IFTIC 3ème année licence. Âgé de 22ans, il a décidé de consacrer sa vie à lutter contre le viol, le mariage forcé et précoce dans son pays. Pour le faire, il n’a pas cherché, loin car si un adage dit qu’une image vaut mille mots, pour Jaloud « un documentaire vaut mille campagnes de sensibilisation.

-  J’aimerais bien savoir qui tu es car ce nom Tangui ressemble à un label d’eau minérale ici au Cameroun ?

Je suis  Jaloud Zainou Tangui, nigérien issu d’une famille nomade de Touareg. Je suis né en ville et j’ai vécu avec mes parents en ville. J’ai fais le secondaire dans une école militaire. Après le bac, j’ai rejoins un institut spécialisé en TIC. J’ai 2 frères et 4 sœurs.

- Pourquoi avoir choisi de parler de ces sujets alors que tu n’es pas une femme?

La croissance démographique du Niger est plus grande que la croissance économique ce qui fait que l’Etat est obligé de passer du temps à investir sur la natalité. J’ai pensé qu’en faisant dans la communication pour le développement avec mes outils de communication je  pourrais faire passer les messages. Il est question pour moi de sensibiliser les gens que le viol  et le mariage précoce cause de la fistule obstétricale.

- Les gens adhèrent-ils facilement à ce genre de combat ?

Pas du tout parce que la plupart des gens chez moi se servent de la religion pour répondre et justifier leurs actes (90% de la population au Niger est  musulmane). Je continue à me battre  parce que j’aime faire ce que je fais la communication audio visuelle et c’est le seul moyen dont je dispose pour toucher les autres.

- Pourquoi  avoir choisi ces sujets ?

Parce que c’est le principal problème de la pauvreté au Niger (d’après UNFPA Niger). Si l’Etat n’investit que sur la natalité, la mortalité et tout ce qui touche ce domaine, le pays n’évoluera jamais car les autres domaines de développement auront toujours du retard.

-  Comment trouves-tu les financements  pour faire tes documentaires?

Ce n’est pas facile, je l’avoue comme toute chose d’ailleurs dans la vie. Mais comme j’ai le matériel  et je me suis formé,  j’ai pu réaliser le documentaire sur la mortalité au Niger. J’aimerais tourner celui sur le viol et le mariage précoce donc  je recherche des partenaires.

-  Depuis que tu fais passer le message est ce que les choses ont changé ?

Oui, quand cela passe dans les médias les gens sont touchés et réceptifs. Je suis chanceux car la plupart de mes proches sont scolarisés et dans ma famille il n’y a pas eu ce genre de cas. Mon entourage pense souvent que c’est juste une façon pour nous de refuser que nos filles se marient. Il arrive qu’on nous traite parfois d’ «  ethno centristes » juste parce qu’on ne veut pas suivre  ce genre d’idées. Je compte continuer dans cette lancée car plus le temps passe plus j’ai  le courage d’affronter ce qui viendra.

-  Que recherchais-tu en venant à cette conférence  sur les droits en santé sexuelle au Cameroun ?

J’ai voulu toucher d’autres problèmes et d’autres réalités. J’avoue que j’aime le brassage car il y a beaucoup de nationalités et c’est un plaisir de voir des gens ressortir des pays que l’on a l’habitude de voir seulement sur la carte. J’aimerais bien travailler avec d’autres nationalités car on a les mêmes les problèmes en Afrique et nous devons mener les mêmes combats.

-   As-tu un souhait ?

«Je voudrais que tous les médias passent ce genre de messages tous les jours. Que ces messages passent comme on le fait avec les publicités, pour sensibiliser les gens et être sur que chacun d’eux a eu à voir la campagne. C’est un problème humain réel et je trouve que tout le monde devrait s’impliquer et surtout les médias ».

Jaloud Zaïnou Tangui

26/02/2014

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Jaloud Zaïnou Tangui a 21 ans, il est étudiant réalisateur en audiovisuel au niveau supérieur à l’I.F.T.I.C. Cette année il a sortit son tout premier long métrage qui s’intitule « la fille du gouverneur » qui dure 1h15mn.

''La fille du gouverneur'' : Le film du jeune réalisateur Jaloud Zainou Tangui fait une grande entrée dans le monde du cinéma de notre pays

"La fille du gouverneur''. C'est le titre du film long métrage de fiction que les téléspectateurs nigériens ont eu le loisir de suivre sur Télé Sahel le jour de la fête de Ramadan. Il est l'œuvre du jeune réalisateur nigérien de 21 ans, Jaloud Zainou Tangui, sur un scénario de Adamou Tiémogo Sangaré.

http://www.lesahel.org

Qu’est-ce que ce film t’a apporté ?

Ce film m’a permis d’avancer dans ce que je fais, j’ai toujours joué avec les caméras mais il a fallu que j’arrive à l’I.F.T.I.C pour pouvoir réaliser un film en tant que tel.

Pour ce film je l’ai financé tout seul. Je remercie mon père de m’avoir aidé à la réalisation, le CNCN et la styliste Kadi Mariko qui s’est chargé des costumes. Moi-même j’ai acheté des habits pour les acteurs, souvent ils portaient leurs propres vêtements. Quelques fois on nous en a prêté en échange de pub pour le magasin de prêt-à-porter. J’ai mis trois mois pour écrire ce scénario. C’est pour radicalement changer la mentalité du nigérien parce qu’il ne progresse pas. On n’est pas obligé de consommer les produits des autres. Aujourd’hui le Nigéria est en train de nous submerger de son dandali soi-disant cinéma. Pleins de nigériens s’adaptent à leur tradition au lieu de la nôtre, ceci n’est pas notre mode de vie. Ce film aura une suite. Il y aura une 2èmepartie, je suis à la recherche de sponsors. Faire un film nécessite des millions.  La fille du gouverneur, j’aime bien ce scénario parce qu’il montre un côté extravagant de la ville de Niamey, il montre aussi la puissance d’un gouverneur, la douceur envers sa fille, l’argent, il montre vraiment un autre côté de Niamey qui n’est pas forcement celui qu’on nous montre toujours tel la pauvreté, la misère etc.

Es-tu entrain de dire que les autres films ne montrent que le côté mauvais du pays ?

Pas tous, mais la plupart ne montre pas le bon côté, ils se focalisent toujours sur le sous-développement. Moi, j’ai choisi de montrer à travers ma première réalisation un autre côté et une autre vie de Niamey.

La première projection de ce film s’est fait à guichet fermé au Palais des congrès, c’était le 30 Mars 2013 ; ensuite il a été projeté le 27 Avril dans la même salle. Je ne dis pas que mon film est parfait, mais je veux que les nigériens découvrent un autre cinéma nigérien, ils ont été présent lors des projections et cela m’a beaucoup touché, ça m’encourage à aller plus loin.

Comment as-tu procédé à la sélection des acteurs ?

J’ai fait un casting sauvage comme on dit, c'est-à-dire tu vas chez quelqu’un qui connait un autre et ainsi de suite, voilà comment j’ai fait. Je n’ai pas fait un casting formel, je suis passé par des connaissances ; ou par exemple si je croise dans la rue quelqu’un qui m’intéresse je l’aborde. J’en ai abordé plusieurs comme ça. Ainsi, je me suis fais des amis et en même temps des acteurs. Je compte en faire beaucoup avec eux, ce sont des gens ambitieux tout comme moi. Pour la réalisation de ce film je n’ai pas pu approcher mes ainés dans ce domaine, nous n’avons d’ailleurs pas de cinéastes en tant que tels ici; mais nous avons des réalisateurs et des vidéastes. Je ne les ai pas approchés pas parce que je m’auto-suffis non, mais par manque de temps.

Qu’est ce que toi tu appelles cinéaste ?

Pour moi le cinéaste est quelqu’un qui utilise du 35 mm, le cliché. Nous, nous faisons du numérique, donc nous ne sommes que réalisateurs. Les cinéastes ce sont les Oumarou Ganda, Djingarey Maïga etc. Cinéaste égal réalisateur c’est les appellations qui diffèrent. Pour l’instant nous n’avons pas les moyens de travailler avec du 35 mm, c’est trop cher.

Que représente le cinéma pour toi ?

Pour moi le cinéma est une œuvre comme toute autre. Ça peut être une fiction ou un documentaire, en un mot c’est une œuvre qui relate une histoire, parce que sans histoire on ne peut faire de cinéma ; il faut que ça parle de quelque chose et l’audio-visuel est là pour ça.

Il faut être un géni pour faire un documentaire, mais pour réaliser un cinéma il faut être un diable ; c’est une manière de dire que le métier du cinéma est extraordinaire que ça soit fiction ou autres.

Nous ne faisons pas du cinéma pour distraire uniquement les gens, nous le faisons aussi pour être présent, pour les embêter et les forcer à regarder le cinéma nigérien et je pense que c’est un début et que ça ne s’arrêtera pas qu’à ça. De Djingarey Maïga le plus ancien à moi le plus jeune, je suis convaincu que nous sommes tous déterminés. En passant je dis chapeau à Djingarey Maïga, je souhaite vraiment échanger avec lui un jour, je trouve super ses réalisations malgré ses moyens.

Si les nigériens s’intéressent à nos réalisations je suis sûr que l’Etat va nous entendre. Regardez, l’Etat dépense des milliards dans le football, cela me fait trop mal d’ailleurs. Le foot c’est juste une journée or le cinéma lui reste toujours, c’est la meilleure archive au monde, les images. Donc, je souhaite que l’Etat revoie les choses. Je ne dis pas de ne pas financer le foot mais quand même un peu de respect pour nous autres. 

Quel est ton dernier mot ?

Je dis merci à Fofo magazine, qui fait vraiment du bon boulot. Nous sommes dans le même combat, sans sponsor, sans soutien mais on avance tout de même. Fofo est là pour la jeunesse merci, j’espère venir un jour dans les locaux de Fofo avec un trophée. Cette année pour la première fois j’ai été à FESPACO, c’était super.  

 8 juillet 2013