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Le retour de la chanteuse Fatoumata Diawara au Mali après des années d'exil. Une balade émouvante et endiablée dans un pays menacé par la charia.

Depuis 2012, le Mali souffre dans sa chair. Tombouctou, Gao et Kidale ont été pris par les séparatistes et mercenaires touareg, alliés aux salafistes. En imposant la charia, ceux-ci ont attenté à l'identité culturelle malienne, notamment musicale. "Je ne pouvais pas imaginer le Mali sans musique", déclare, dans ce film, Fatoumata Diawara. C'est ce contexte ultrarépressif qui a décidé la chanteuse et actrice à revenir dans son pays en 2014. Elle avait quitté le Mali plus de six ans auparavant pour fuir un mariage arrangé. Devenue star internationale, elle n'y a jamais donné de concert. Sensible et attentive, la caméra de Lutz Gregor accompagne ses retrouvailles avec sa famille et la découverte de son public, pour une balade émouvante dans une région redevenue festive. Un événement que Fatoumata Diawara a voulu symbolique et engagé, conviant des musiciens qui œuvrent pour la solidarité interethnique et n'hésitent pas à critiquer un islam dévoyé. Le rappeur Master Soumy, le Targui en exil Ahmed Ag Kaedi ou le virtuose Bassekou Kouyaté ajoutent ainsi leurs voix dissidentes et populaires à ce jaillissement de talents épris de liberté.

MaliBlues - Arte -

 

« En matière de politique, on n’a rien compris. Mais musicalement, je pense qu’on a compris quelque chose ». Cette phrase que Fatoumata Diawara lance à Ahmed Ag Kaedi sous la lumière douce de Bamako résume à elle seule son point de vue sur la situation au Mali, pays où la musique fût interdite après que les islamistes eurent pris le contrôle du nord. Fatoumata Diawara et Ahmed Ag Kaedi mais aussi Bassekou Kouyaté́ et Master Soumy… Mali Blues va à la rencontre de ces musiciens phares, récolte leurs paroles sur la situation politique, sur l’importance de la musique pour le corps et l’esprit, et comme élément rassembleur. Mais au-delà̀ des discours, le film expose leur art, dans des mises en scènes cinématographiques ou des captations de concerts. Au croisement de ces portraits, se dessinent l’incroyable richesse et vivacité́ de la scène musicale malienne, et quelques longs travellings laissent défiler les paysages comme observés par la fenêtre d’un autobus, des écouteurs vissés sur les oreilles.

Publié par :Escales Documentaires

 

 

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