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Mamane Le Gondwanais reçu par le Président de la République Elhadji Issoufou Mahamadou

Le Président de la République, Chef de l’Etat SEM Issoufou Mahamadou a reçu, ce lundi 14 mai 2018, l’artiste humoriste nigérien Mohamed Mouctari Moustapha Tahi, plus connu sous le sobriquet de "Mamane, LeGondwanais", venu lui présenter son projet de création d’une école africaine de comédie qui sera basée à Niamey. Selon l’artiste, l’idée de création de ce centre d’apprentissage dédié aux futurs humoristes africains lui germait depuis plusieurs années. C’est du reste ce qui l’a conduit à prendre attache avec certains humoristes africains de renom pour la réalisation du " Parlement du rire " et du" Festival de l’humour ", deux grands événements consacrés à l’humour et à la comédie.« Seulement, a-t-il dit, le constat qui se dégage est qu’il faut de la formation pour faire de l’humour, car l’humoriste est appelé à traiter des situations d’un pays, tout en respectant le public »."Mamane, Le Gondwanais" a enfin annoncé que l’Etat du Niger a promis de l’accompagner dans la concrétisation de ce projet, notamment en mettant à sa disposition le terrain devant abriter la future école africaine de comédie qui, a-t-il assuré, sera opérationnelle dans les meilleurs délais.

Source : Site de la Présidence

Mamane : De la physiologie végétale à l’humour !

Il est très suivi tous les matins par les auditeurs de RFI surtout ceux vivant en Afrique. Avec sa chronique « la République très très démocratique du Gondwana », Mamane refait l’actualité avec art et humour. Et pourtant le français d’origine nigérienne n’était pas prédestiné à exercer dans la communication.
Né au Niger en 1964, Mamane de son vrai nom Mohamed Moustafa Moctari a été bercé par les cultures ivoirienne et camerounaise. Dans les années 90, il débarque en France pour suivre des études en physiologie végétale. Détrompez-vous, il ne deviendra pas un grand chercheur.
Face au refus de la préfecture de lui renouveler sa carte de résidence, Mamane multiplie comme tous les sans papiers, les petits boulots pour survivre. Son art de comédien lui sera d’un secours pour survivre dans un pays où il ne fait pas bon vivre aux étrangers sans permis de séjour.

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Gondwana


Le Nigérien participe à des ateliers de théâtre et en 2002 il monte son premier spectacle, « One Mamane Show ». En 2005 il fait effectue une tournée nationale dans toute la France avant de rejoindre l’année suivante Jamel Comedy Club.
Le micro, Mamane le connaitra grâce à Laurent Ruquier qui l’a invité à rejoindre l’équipe de « On va s’géner » sur Europe1 où il intervient comme chroniqueur. La radio africaine Africa N°1 s’est attachée les services de Mamane la même année. C’est là il commence l’analyse satyrique de l’actualité.

Depuis 2010, Mamane réveille les auditeurs de RFI avec sa chronique « la République très très démocratique du Gondwana ». En dehors de la radio, Mamane a également une plume qui séduit. Il a écrit les cinq courts-métrages de la campagne de prévention du sida du ministère français de la santé, Moussa à Paris, visibles sur TV5 et les chaînes de télévision africaines.

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 Mamane lors d'une séance photos à Paris © 2017 AFP

Depuis des années, il fait glousser toute l'Afrique francophone avec sa satire pince-sans-rire de la "République très très démocratique du Gondwana". Mais méfiance, le "Gondwana est partout", confie l'humoriste nigérien Mamane, l'oeil qui frise.

Avec son "président-fondateur" cramponné au pouvoir, son sous-développement chronique, ses routes défoncées, le Gondwana "c'est un pays imaginaire dans lequel tous les Africains peuvent se reconnaître", explique Mamane dans un entretien accordé à l'AFP.

Neuf ans que ce natif du Niger - qui a bourlingué un peu partout en Afrique au gré des affectations de son père diplomate et vit désormais entre Abidjan, Marrakech et Paris - épingle les travers du continent dans une chronique quotidienne sur Radio France Internationale.

"J'ai commencé la veille de l'investiture du président Barack Obama. Lui il a fini ses deux mandats mais moi, en bon président africain, je continue", ironise cet humoriste au visage fin et au calme olympien.

Après la scène, la radio, et la télé avec une émission hebdomadaire sur Canal+ Afrique, le voilà sur grand écran avec "Bienvenue au Gondwana", un film qui sort mercredi en France et dans une dizaine de pays africains.

L'occasion rêvée pour cet éternel jeune homme de 50 ans de démonter les ressorts d'une "supercherie dont sont victimes les peuples africains": les élections biaisées.

Le film suit une mission d'observateurs électoraux qui débarque au Gondwana - dont la devise est "Loyauté-Allégeance-Prison" - pour surveiller un scrutin dont l'issue ne fait guère de doute.

Et tout le monde en prend pour son grade: l'invisible président-fondateur prêt à tout pour s'assurer un énième mandat, les opposants - incompétents ou achetés par le pouvoir - et les observateurs internationaux - naïfs, cyniques ou impuissants.

"Les vrais héros de ce film, c'est la jeunesse africaine qui - à l'instar du mouvement Y'en a marre au Sénégal ou du Balai citoyen au Burkina Faso - a vraiment décidé de ne plus se laisser voler son avenir", souligne Mamane.

La ferveur de cette société civile "qui se lève et qui manifeste" se révèle dans la belle scène d'un concert clandestin du maître ivorien du reggae Tiken Jah Fakoly. Repris en choeur par le public, le refrain "Quitte le pouvoir" fait danser jusque dans les villages ou les bidonvilles, magie des réseaux sociaux.

Entre comédie et ironie douce-amère

A l'image du duo d'hommes de main du président, mi-comique mi-inquiétant, inspiré des romans de Chester Himes et formé par les acteurs Michel Gohou et Digbeu Cravate, stars de l'Afrique de l'ouest, le film oscille entre comédie et ironie douce-amère.

"L'humour c'est un peu comme les médicaments qu'on donne aux enfants. C'est sucré, c'est sous forme de sirop, c'est agréable mais le principe actif est là. On enrobe derrière une blague pour dire des choses et ça passe sans blesser, sans choquer ceux qui écoutent", explique Mamane.

Sa ligne de conduite: "Pas d'attaque ad hominem" mais une critique sans concession "des actes de ceux qui nous dirigent".

Porté par des acteurs venus des quatre coins du Continent, ce film, "c'est vraiment toute l'Afrique" avec "tout un panel d'accents et beaucoup d'humours différents", souligne Mamane, célèbre lui pour son humour à froid.

"Nous les Nigériens on est un peu les British ou les Scandinaves de l'Afrique. Il fait chaud et quand le climat est rude, on est un peu en dedans", plaisante-t-il.

Ces rires africains se croisent chaque année début décembre à Abidjan, bombardée "Capitale du rire" pour un festival d'humoristes venus de toute l'Afrique, créé par Mamane en 2015.

Mais "le Gondwana, ce n'est pas que l'Afrique", souligne l'humoriste.

"C'est un pays qui flotte au gré de l'actualité. Et aujourd'hui quand on dit manque de démocratie, manque de liberté d'expression, népotisme, détournements de fonds, emplois fictifs, on ne voit pas tout de suite la tête d'un Africain", relève-t-il.

"On peut voir François Fillon, un bon Gondwanais, ou François Mitterrand avec son côté suzerain, avec toutes ses femmes, c'est le président fondateur. Et aujourd'hui le président fondateur du monde entier, c'est Donald Trump !".

Bref, "on est tous Gondwanais, comme dirait Kennedy".

LePoint

Mamane : " Pour tourner Bienvenue au Gondwana, j'ai inventé un pays qui concentrait à lui seul tous les défauts du continent " - JeuneAfrique.com

Dans un long-métrage intelligent et insolent, Bienvenue au Gondwana, l'humoriste nigérien tire avec le sourire sur les pouvoirs corrompus et renoue à sa manière avec le panafricanisme. Un " président fondateur " tout-puissant et invisible, une élection très très démocratique, pilotée depuis le palais présidentiel, des observateurs internationaux plus soucieux d'avoir la meilleure suite de l'hôtel que de surveiller le vote, une jeunesse écœurée qui prépare un soulèvement...

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