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Bombino RFI

Bambino, l’ambassadeur de la musique du nord Niger

S’il y a aujourd’hui un artiste qui porte haut l’étendard du Niger, c’est bien « Bambino ». Armé de sa guitare, il sillonne ce vaste monde pour porter le message d’amour et de paix. 

Né à Tidène, un oued situé au nord d’Agadez, Oumara Moctar, plus connu sous le surnom de "Bambino" a commencé à s'intéresser à la musique dès le bas-âge. « Je pense que mon amour pour la guitare a véritablement eu un sens vers les années 1992 et 1993. Je devais avoir tout juste 12 ans », expliquait-il au journal La NATION.
Tout petit, un oncle, un peintre artiste habitant la ville de Niamey lui offre sa première guitare. Cet oncle ignorait qu’il venait de réaliser le rêve ardent d’un talent hors-pair. Un an après le petit « Bambino » retournera à Agadez pour rencontrer un groupe nommé Tartit, (Ndlr : un groupe musical qui a existé avant celui de femmes du Mali qui n’est plus actif maintenant).
« J’ai eu dans ce groupe un environnement qui a favorisé mon immersion dans le monde de la musique. Je ne jouais pas beaucoup car je cherchais une attelle qui puisse me tenir et m’encadrer. Et c’est là que j'ai rencontré le nommé Haja, un guitariste expérimenté. Il avait étudié la musique au Mali dans les années 60 et avait des livres sur la théorie de la musique. C'est lui qui nous a appris le nom de chaque note, les accords ! Il avait une telle envie d’aider les jeunes », a précisé Oumara Moctar. Et de poursuivre : « Très jeune, j’écoutais Intiyeden, Abdallah Oumbadougou et Kedou, tous des sommités de la guitare. Ils étaient nos références ! Leurs chants ponctués de notes de guitare sèche désarmaient nos peurs et galvanisaient nos élans ».

Vers la fin 1995, notre jeune talent a eu envie de voyager et il a participé comme figurant au film "Imuhar", un film réalisé par Annick Denoyelle qui se passait dans le nord d'Agadez. « J’avais une folle envie de voyager ! De partir, de découvrir des horizons nouveaux ! ». Voilà pourquoi Bambino est parti à Tamanrasset à l'âge de 14 ans, et au cours de ce voyage initiatique, il a rencontré d’autres jeunes musiciens. Après un an et demi, Bambino revient à Agadez. Chaque après-midi, le petit prodige retournait chez Haja pour jouer sous l’œil attentif du maître Haja.

« En 2004, une équipe espagnole est venue pour faire un film documentaire et a organisé une rencontre dans le Ténéré, au nord d'Agadez. Moi, j'étais là en tant qu'aide cuisinier et on avait une guitare pour jouer le soir dans les campements. On nous a proposé d'enregistrer ce qu'on jouait dans le désert, dans l'endroit qu'on appelle Agamgam. Et plus tard, j’ai travaillé avec Ron Wyman aux USA », se souvient le jeune Bambino.
Omar Moctar Bambino compte à son actif plusieurs albums à savoir, Agamgam en 2004, Agadez en 2011 et Nomade en 2013 etc…. Sa musique est autant un mariage du blues originel du Mississippi ou de la Côte ouest américaine, que de chants arabes, berbères et africains. Au regard des influences donnant un cachet d'universalité à son œuvre, Bambino explique notamment qu'il voue une passion aux œuvres musicales de Jimmy Hendrix qui lui sert d'inspiration.

Un ambassadeur de son pays le Niger et aussi de son désert natal. Sourire aux lèvres Bambino dit ceci : « Je ne gagne pas des mallettes d'argent lors de mes prestations à l'international, je ne parade pas en limousine et ne dors pas dans des hôtels luxueux. Ce qui m'anime lors de mes concerts à l'étranger, c'est de faire connaitre mon pays le Niger et ce grâce à ma musique. » Bon vent le brave !

Issouf HADAN