Tinariwen

 

 « Amadjar » 

Tinariwen

Le nouvel album des Tinariwen, plein de souffle et capté sous une tente en Mauritanie, nous offre - comme à ses invités - l'occasion d'un voyage exceptionnel.

Les Tinariwen (ou les fils du désert) publient aujourd’hui un nouvel album : « Amadjar » ("l’étranger de passage" en tamasheq), un disque enregistré sur la route qui mène depuis le sud du Maroc jusqu’à Nouakchott…

" Je suis dans une solitude absolue où les pensées me font peur,

et perdu au milieu d’elles je me suis levé,

j’ai remarqué que j’avais soif et envie d’eau "

Ce sont les mots d’Ibrahim Ag Al Habib l’une des voix fortes des Tinariwen. Le titre « Tenere Maloulat » c’est l’ouverture toute en majesté du nouvel album des Tinariwen;

En 17 ans de carrière, ces musiciens d'exception sont devenus les ambassadeurs de la culture des Touaregs, acteurs et conteurs de la rébellion. La lutte armée des touaregs dans les années 1990 a formé des combattants mais aussi des musiciens. Alors on a parfois résumé les Tinariwen à ceux qui auraient troqué leurs kalachnikov contre des guitares, ce sont surtout des hommes et des musiciens remarquables, qui comptent Robert Plant ou Radiohead parmi leurs fans. Et ce nouvel album est plein d’invités qui ont rejoint le bivouac ici ou là...

Ce qui ressemble à un imzad berbère est en fait joué par un Australien, Warren Ellis, que certains connaissent aux côtés de Nick Cave, dans un autre répertoire plus rock mais volontiers envoûtant dans son genre. Ce qu’on entend aussi c’est l’atmosphère un peu au coin du feu… 

C’est à partir d’un vieux camping-car aménagé en studio, sous une grande tente, que cet album des Tinariwen a été enregistré, pas loin de Nouakchott. Ils en ont gardé un peu d’ambiance dans le disque… Et puis on retrouve non seulement un violon australien mais plein d’invités  avec notamment la chanteuse Noura Mint Seymali (griotte de Mauritanie) avec qui les Tinariwen voulaient enregistrer.

Ce qui frappe, c’est surtout à quel point chacun des musiciens qui vient à leur rencontre se fond dans leur rythme, parfois jusqu’à la transe... On croise des musiciens comme Stephen O’Malley de (Sunn O)))) grand expérimentateur de la guitare qui fait plutôt de la musique de Drone, minimaliste, Micah Nelson (le fils de Willie Nelson – qui est aussi le guitariste de Neil Young) Rodolphe Burger ou encore le ténébreux californien Cass Mc Combs.

Je voulais terminer cette chronique avec un proverbe qui vient du Sud de la Mauritanie - et qui résume bien la qualité profonde ce disque :

Le temps ne retient rien de ce qui a été fait sans lui 

Les Tinariwen sont actuellement au cœur d'une tournée mondiale (après l'Europe ils iront aux Etats-Unis pour une vingtaine de dates) : ils reviendront en France en octobre pour une série de concerts… 

Matthieu Conquet

Article original : franceinter.fr

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