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Alhassane Ag Baille , né en 1946 dans la région de Kidal.

De 1972 à 1983, il a été professeur de lettres, d'histoire et de géographie aux CEG de Téra et de Tillabéry, au Niger.

En 1984 , il regagne le Mali et travaille pour diverses ONG, dont ACORD à Gao. En 1987, il devient formateur de l'Aide de l’Église Norvégienne à Gossi.

Il est mort assassiné à Qossi , région de Tombouctou, ainsi que dix autres Touareg, par une patrouille de l’armée malienne le 17 mai 1992.

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Le Sahara, qui suscite une grande curiosité, demeure très discret, aussi discret que les êtres qui le peuplent. L'un d'entre eux, Alhassane ag Baille, un Touareg auteur de ces nouvelles , nous convie à un parcours à l'intérieur de son pays. Sachant combien chacun d'entre nous s'approprie une partie des mystères que renferme le Sahara - car variés et innombrables sont les documents qui lui sont consacrés – Alhassane à choisi de s'exprimer en français, une langue qui lui a été imposée et qu'il aimait, et d'ouvrir une lucarne sur un univers bien réel encore méconnu. En rédigeant ces nouvelles, il espérait faire découvrir un pays authentique, des hommes de toujours, des paradis perdus... et des espoirs.

Quatrième de  couverture

targiage

photo  Sahel

L'Anagad* de Kochi      extrait

ou comment Kochi reçut les insignes de la majorité

" - Il s'avère que les jeunes abandonnent nos coutumes pour copier drossièrement l'extérieur, récidiva Laji, vidant son deuxième verre.

- Les adultes oublient les coutumes,  qu'ils ne maîtrisent plus, et ils s'étonnent du peu d'attirance qu'éprouve la jeunesse dans un domaine où tout le monde semble manquer de goût, d'expérience  et d'un minimim de connaissances. Il suffit de poser une question sur le mariage avant l'islam, par exemple, pour que l'homme âgé dise qu'l n'a rien vu lui-même, qu'on ne lui a rien rapporté à ce sujet,  qu'il vaut mieux aller voir Untel, qui répond que ces pratiques sont contraires aux enseignements et aux usages actuels. Ce n'est pas aux jeunes qu'il faut imputer la démission des adultes. Certains de ces derniers connaissent encore quelques formules et pratiques, mais les gardent jalousement, sans les conter ni les écrire. Ils en font une sorte de secret qui ne devra être divulgué qu'au moment du trépas, où malheureusement tous arrivent sans secrétaire ni confident. Partant de leur incurie, ils ne nous considèrent pas comme des gardiens valable, nous reniant presque. Les jeunes n'ont rien appris ni gardé ? Qui est responsable ? L'initiateur qui refuse où bâcle la besogne ? Ou celui qui n'a pas été initié ? L'extérieur, lui, nous initie, avec votre complicité, à l'aide déléments à notre portée. Là aussi, l'adulte est responsable. "

* Anagad : " enturbanement "

Voir aussi : Les Kel Tagelmust