27-03-09
Sagesse : proverbes touaregs
Djado
"Lorsque quelqu’un te blesse, tu devrais l’écrire sur le sable afin que le vent l’efface de ta mémoire.
Mais lorsque quelqu’un fait quelque chose de bon pour toi, tu dois l’écrire sur la pierre afin que le vent ne l’efface jamais."
"Quand tu voyages prends deux sacs : un pour recevoir l'autre pour donner"
transmis par Assam Midal
En hommage à ADAM, forgeron à Agadez,
Maître dans l'art de créer des bijoux avec "l'âme et le cœur Touaregs". II porte en lui toutes les valeurs de ce Peuple et "voyage avec deux sacs."
source nigervivant
Adam, en plein travail
*Adam Zidia dirige à Agadez au Niger l’association Tazzalt
tama aquarelle A. Tambo
" Mauvais voyage vaut mieux que mauvais séjour"
"Il vaut mieux pour un homme se mettre en route quelques soient les conditions du voyage, plutôt que de s'éterniser dans les tentes, attitude féminine." (H. Claudot-Hawad)
"Une seule branche ne fait pas l'enclos"
Pour réaliser quelque chose, la solidarité est indispensable
Source : Claudot-Hawad
La sagesse du désert
Si le désert est absent, il a toujours une face
étonnante, dire que le désert est un néant n'est peut-être
que
la projection du vide que notre cour couche dans ses nuits.
Ce désert est peuplé pour celui qui a allumé la
lampe de son âme, alors une grande présence naît,
alors le rien
devient un tout.
Ce désert-là est le lieu des rencontres des hommes
avec leur âme et des hommes avec dieu, à ce
moment l'amitié ne
se base plus sur des choses matérielles, sur le dégoût du monde
des éthiques,
mais sur le combat des illusions qui viennent
hanter notre sommeil profond.
Et dans ce désert-là, on cherche l'intimité, la
sérénité avec la divine éternelle, alors on aime son cour
et
son prochain, alors la vie sillonne les plaines vers lesquelles on se
sent irrésistiblement attiré
dans l'infini grandiose et l'union,
sans projection d'une religion.
Souéloum Diagho (Mali)
«Celui qui ne connaît pas le silence du désert,
ne sait pas ce qu'est le silence.»
immersion dans les dunes
«Le Sahara, c'est Dieu sans les hommes...»
Méditation près du fleuve Niger (parc W (yasida 2008)
«Dieu a créé des pays pleins d'eau pour que les hommes y vivent
et des déserts pour qu'ils y découvrent leur âme.»
Chiriet
«Chacun a son désert à traverser. .Il est tout à la fois le premier jour du monde et l'éternité de l'homme. Ici, rien n'a changé. Aujourd'hui, c'est comme il y a deux mille ans, et demain sera encore comme aujourd'hui»
vers Oudéras
«Si loin que nous portent nos pas, ils nous ramènent toujours à nous-mêmes.»
Kogo
Citations tirées de Sahara, Le royaume des dunes et des sables
APT en collaboration avec l'UNESCO / "Contes, proverbes et devinettes touaregs"
A. TAMBO a collaboré à l'illustration de ce recueil
Autres proverbes Touaregs sur FaceBook
photo Assam Midal
"Bahu, torn-ê tidet dagh azzal. As yəga awattay yozal, a din-təggəd ijil iyan da təwwəgh-id"
. "Le mensonge, la vérité court plus vite que lui.
Quand il aura passé une année à courir, celle-ci sautera un jour et l'arrêtera."
A méditer... Forum Agadez-Niger.
"Amashgul iman yanf ' - "Une belle personne utilise l'âme"
photo awannekinann
« Les idéalistes sont des prophètes qui s'ignorent »
Rhissa Rhossey
cascade de Timia
"Issa,tu as pris la piste difficile de la poésie.
Elle te conduira à de multiples oasis,
Elle te fera boire à de multiples puits.
Dis-nous encore les secrets de la montagne.
Rafraîchis-nous aux sources cachées parmi les rochers"
Aboubé,
préface de "Jour et Nuit, Sable et Sang"; poèmes sahariens
Rhissa Rhossey
01-04-09
Touaregs : Passé et Présent
"Le Peuple Touareg a toujours exercé une sorte de fascination sur les sociétés européennes et sur la nôtre en particulier. A l'heure où il n'apparait à l'écran que pour meubler des heures d'antenne inoccupées par les aléas d'une course assourdissante et meurtrière qui a l'insolence de vouloir commémorer leur grandeur passée, il est bon de rappeler qu'il s'agit avant tout d'un Peuple et d'une culture en perdition dont HAWAD est un des porte-paroles"
Extrait de "No Pasaran"
"Désormais, une réalité agressive et incontournable se substitue aux images poétiques passées de la guerre d'honneur et de l'amour courtois. Avec les siens, Hawad vit les entraves qui enserrent de plus en plus le nomadisme, l'étranglement des espaces, le durcissement des frontières qui déchiquètent le pays touareg entre plusieurs nations, l'interruption des caravanes, la dissolution des échanges et des solidarités. Il connaît l'irruption brutale du modernisme et de la logique des technocrates sédentaires"
Hélène Claudot (préface de Caravane de la soif d'Hawad)
aquarelle A. Tambo
" Au cours de son histoire, la société touarègue a commencé par endurer l'offensive islamique qui l'a profondément affectée jusque dans ses mythes fondateurs. Elle a ensuite connu les assauts de la colonisation occidentale. Dans le même temps, la mécanisation des moyens de transports entraînera l'abandon des pistes du désert. (...) Cette société, comme celle des autres peuples dont le système social n'est pas rentable pour le libéralisme, est condamnée à disparaître."
Extrait de No Pasaran
aquarelle A. TAMBO
"Pour le nomade, la pensée n'existe qu'en marchant ou en chantant ; et tout ce qui est nomade doit être soit chanté, soit marché pour être vraiment tel."
Hawad
Dépossédé de son territoire, le Peuple Touareg est aussi dépossédé de son écriture : le tifinagh, de sa langue : le tamasheq.
Mais c'est aussi un Peuple debout, qui lutte jusqu'au bout de ses forces, contre l'acculturation. Peuple Rebelle, Peuple de Résistants, Peuple de Créateurs.
chef touareg michèle ludwiczak
HAWAD
HAWAD : Le coude grimaçant de l'anarchie
calligraphie Hawad
"Ce livre, avant d'être écrit, a d'abord été chanté entre les cimes de l'Atlas et de l'Anti-Atlas, puis sur les vieux toits d'Aix. Je l'offre et le chanterai à tous les Imazighen et à toutes les femmes et tous les hommes, tous les enfants et les vieillards qui n'acceptent pas de se soumettre à l'autorité qui mutile, fut-elle celle de leur père et de leur mère."
"Avant-hier comme hier, / ils sont venus du Levant /et d'autres sont apparus / sous l'étoile du Nord / Ils nous ont envahis / par le Coran et l'épée / par l'Évangile et le fusil / et sur leurs visages s'étalaient / la faim et la frustration. / Hier comme aujourd'hui, / ils crient dans mon thorax : / ' Indigène amazigh / c'est ici que tu mourras, / sous les écrits de notre Dieu / et sous les rayons laser de notre civilisation" (extrait)
Hawad : Les passeurs de Crépuscule (extrait)
Depuis trente six ans je veille / sur le sillage des combattants / qui ont pavé les champs de bataille / balisés par la pierre / du non-retour / j''ai pris la plume comme un fusil / et l'encre comme le tartre de la mort / Ainsi ai-je épuisé le vent / et toutes les passerelles de la métaphore / j'ai décortiqué la graine des mots / j'en ai écorcé le son pour qu'ils deviennent galets / munitions de paradoxes / dépouillés du tanin des sens / butoirs / sur lesquels je trébuche / et s'érnousse ma vue / Est-ce dans la lie de mon esprit / que j'ai nagé / jusqu'à écraser mon regard / sur le marc de la réalité ? / Ou est-ce les débris du souvenir / qui m'ont dévidé dans cet abîme noir de la conscience ? / La conscience d'être condamné / épave ombre touarègue / fantôme de sa propre âme / traversant les vertiges / et les clignements du crépuscule / Une épave, dis-je, une ombre / fantôme de sa propre âme / O tourne-tête sans appui / autre que latemujaghal / tempête de cimes d'orgueil / auquel personne aujourd'hui ne croit /pas même ceux qui ont tété / la moelle épinière de son échine / bosselée par les résistances / aux temps / Chaque jour du présent est / comme chaque jour de la veille sans horizon
Entorse et chagrin / nous sommes l'orgueil du voyage / Du levant au couchant / nous avons traîné l'alphabet millénaire / et tatoué le désert / du crépuscule à / Voilà qui je nomme / les passeurs de crépuscule / Si vous aussi avez des brumes / à traverser au-delà des cauchemars / alors prenez la route avec nous / Ne craignez pas les crépuscules / nous avons avalé mille lames de l'horizon / sur l'aiguille des saisons / et avons mâché multitude d'étoiles / Orions des époques
Ceci est le gémissement éteint / de l'enfant touareg que le rot d'un canon a vissé / sur les vertèbres de sa mère / S'emmêlent les amarres / et s'entrecroisent les paysages et se tassent les horizons / et sont piétinées les étoiles / Entre l'ennemi et l'ami / plus de distinction / entre le veule et le brave / plus de séparation / O vertiges / jument des nausées / Dans quelle époque / quel marécage-purin / de chiens et de phacochères / dansons-nous / au pas de canards constipés
Copyright © Hawad / La République des Lettres, jeudi 01 décembre 1994
Hawad : Fleuves du désert (extrait)
HAWAD "Voix solitaires sous l'horizon confisqué" ouvrage à lire en ligne
Les voix de l’ombre
(extrait)
L’idée de ce livre est née précisément de la distorsion observée entre les commentaires publiés depuis l’insurrection touarègue de 1990 par les grands organes de diffusion médiatique et, par ailleurs, les points de vue des autres acteurs sociaux concernés, ceux qui n’ont pas trouvé le moyen de faire entendre leur opinion au monde extérieur. L’histoire ne peut se construire, comme l’écrivait l’ethnologue américaine Lina Brock (1990 : 72), qu’en « rassemblant les récits qui représentent des prises de position importantes dans une société donnée – (ou dans les) différentes sociétés en présence – » afin d’ « entendre non pas une seule voix mais la conversation à laquelle ces voix prennent part ».
Hawad : Testament nomade (extrait)
"Et les camions jetèrent le peuple / du turban et des transhumances / au large du désert / où aucune larme de rosée n'amadoue / la langue de la soif / Alors le monde civilisé mit un bandeau de ténèbres sur ses prunelles / et de l'étoupe dans ses oreilles / comme si tous les vents et tous les souffles / de l'univers n'avaient jamais gémi / de la douleur et du chagrin / de la veuve Tayort"
RHISSA RHOSSEY
"Un cri de douleur et d’amour, une chanson de gestes, une itinérance entre poésie et action politique. Une très belle quête de liberté et de justice dans le contexte de l’extrême pauvreté du Sahel."
Rhissa Rhossey
Rhissa Rhossey, compagnon de route et de combat du leader Touareg Mano Dayak, est aujourd’hui la conscience rebelle du peuple Touareg par delà les frontières absurdes, figées par la colonisation.
Lassaâd Metoui célèbre calligraphe contemporain tunisien, réalise 10 calligraphies originales pour surligner les très beaux textes de son ami Rhissa Rhossey.
Lassaâd Metoui
LA RÉSISTANCE ÉTAIT EN MOI
Il fut un temps où j’ai porté la résistance / Au plus profond de mes fibres / Elle était dans mon sang / Elle était dans mes larmes / Elle était dans ma sueur / Elle était ma moelle épinière / La résistance était mon souffle / Elle était les pulsations même de mon pouls / Elle était en chaque atome de mon corps / La résistance était en moi / Elle était dans mes nerfs / Et dans mes muscles
Rhissa Rhossey : "Jour et Nuit, Sable et Sang" – Poèmes sahariens, © Transbordeurs, 2005
corps : calligraphie de Lassâad Métoui
CHANT FUNÈBRE POUR MANO DAYAK
Tu n'es plus / Et mes larmes ne tariront plus / Ton sang, ton corps et tes os / Sont à jamais mêlés à ces sables que tu as / Tant aimés. / Es-tu mort au-dessus de CHIRIET aux dunes / dorées / Ou en amont de TAMGAK qui rime avec ta / lutte ? / Sont-ce les terres maternelles de TEMET qui / te retiennent / Qui te réclament pour l' ÉTERNITÉ ? / Le désert est FIDÈLE / Comme tu l'as porté à bout de bras, au / bout du monde / Le TENERE te porte désormais en son sein / Pour toujours ton ÂME aura la clarté de ses / dunes / Et ta MÉMOIRE la grandeur de ses montagnes / Ta mère est en deuil, et tu es le Fils de / toutes les mères / Ton père est en deuil, et tu es le Fils de tous / les pères / Ton frère est en deuil, et tu es le Frère de / TOUS les HOMMES,
GRAND GUIDE
La caravane est au bout de l'étape / Et la SOURCE annoncée n'est pas loin / Dans la nuit sans étoile et par la tempête / Tu nous a menés et à présent
REPOSE-TOI EN PAIX
Rhissa Rhossey : "Jour et Nuit, Sable et Sang" , poèmes sahariens (Ed transbordeurs)
Mano Dayak*
*Mano Dayak en train d'exécuter l'illougan, la danse touarègue traditionnelle qui se pratique à chameau, en cercle autour des femmes qui jouent du tende et fêtent le plus beau danseur. (photo et note : "Je suis né avec du sable dans les yeux" Mano DayakTinariwen
***Mano Dyak ** mise a jour 05/05/09 ***
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TINARIWEN (Mali)
Mano Dayak paroles
Moi, je viens d'un Ténéré habitué aux tempêtes de sable / Je m'y reposais à l'ombre des arbustes Anna et Tadjart / Je n'ai jamais connu assez d'arbres pour constituer une forêt / Ma terre c'est le Tenesna dans sa blanche nudité inhabitée / Ma terre ne peut être pâturages pour vaches et chèvres / C'est un pays pour la chamelle suivie de son chamelon
Le Ténéré qui est au Nord de Bouss / est un Ténéré absolument nu / Sans arbres ni brindilles / Il est toujours chaud pour les hommes qui le traversent
Refrain
Maintenant je vois ce qui me réjouit : / un Kel Tamashek bien vivant / Qui communique grâce au téléphone satellite / Suspendu à l'arbre sous lequel il se repose / Les bourgeons tombent autour d'eux / Tout cela, c'est Mano Dayak qui l'a fait
Tinariwen ; Aman iman
Souéloum Diagho
Qui je suis ?
Peut-être serez-vous déçu si je vous dis qui je suis.
Je suis un targui en manque
d'habits qui lui donnent son allure. Mon 'tagoulmousté', je l'ai
perdu le
jour de la bataille de la survie. Mon pantalon j'en ai
fait des sacs à provision, on l'appelait
'indjalagané' Mon grand
boubou, j'en ai fait une tente comme abri.
C'était le 'tekatkaté' de ma vie. Ne souriez pas mes amis, ça peut arriver ici.
J'ai entendu parler des indiens
d'Amérique, des pygmées de l'Amazonie et ici les hommes du
voyage
qui sont traqués comme des souris : savez-vous qu'ils ont
tous du sang qui coule dans leurs veines et
un cœur qui palpite
dans leur cage thoracique ?
Le temps est fini où le targui
était fier de son allure : un beau chameau blanc avec tous ses
bagages,
son sabre et son javelot mérité.
Maintenant il est devenu un 'achamauré', le chômeur ou un 'échekér'.
Corde usée à la portée de
tous : il ne rêve plus de la princesse assise sous le palmier dans
l'attente de
son amour, ni de la bataille de bravoure sous les
éloges de tous.
Le beau temps d'hier est fini, mais on peut toujours espérer qu'il reviendra un jour.
La vie sans espoir est comme l'amour sans projet d'avenir.
*****
Je suis enfant de sable, enfant de nuit
Je suis sombre et nu, comme
toi la nuit, je navigue au-delà de tes chemins diurnes, je cherche
les
sentiers flamboyants qui rythment la vie. Je suis silencieux
et profond comme toi la nuit, comme le
désert à l'approche de ta
venue.
Je suis enfant de sable, enfant
de nuit, mes yeux volent dans le noir qui t'a nourri. Mes
oreilles
bourdonnent de peur quand tes ondes frémissent, la brume
et les ténèbres sont le fruit de ton travail
assidu. A
l'approche de la nuit les guerriers qui luttent pour les nations
perdues crient leur
désespoir. Comme les cris des loups qui se
rassemblent pour la fête de minuit, sauvages et terribles,
ils
sont quand même dans l'oubli. Enfant, j'ai grandi dans le sable loin
des villes en écoutant les
berceuses des nomades qui évoluent
vers les frontières de l'oubli, avec comme seul repère, le clair
de
lune et ses rayons d'argent éclairant les terres qui ont contenu la
misère de l'enfant sans patrie,
sable mouvant étendu comme une
page sans écriture. La trace des chercheurs reste inscrite comme
un
graffiti que fait le poète en commençant sa poésie. Enfant, le
jouais à cache-cache dans la nuit
avec mes amis. Le souvenir
reste encore soutenu dans la part innocente de ma vie.
MUSICIENS
KOUDEDE (Niger-Agadez)
Koudédé
"En 1990, quand après un carnage, les touaregs prennent les armes et les pick-up pour affronter les pouvoirs centraux au Mali et au Niger. Changer les roues des bagnoles, dormir sur les sièges de mitrailleuse échapper aux expéditions punitives et apprendre la guitare…fuit en Algérie, en Libye, dégote une vraie guitare et joue pour les réprouvés, les réfugiés et les copains restés dans le sable… Des chansons de rebelles. En 1996, c’est la paix, et « The source » fait le tour du monde"
source : le Blog Saharien
Le 24 Data (paroles)
Le 24 avril est un symbole de paix pour ma génération (X2) / Au Niger ainsi qu'au Mali, pour la Liberté. / Hommage à tous les militants / que l'immensité du désert a emporté avec elle. / Hommage à Mano Dayak / Hommage à Touzougé / Hommage à Infagagan
Ewilla paroles
Au cours de mes transhumances, j'ai fait des rencontres / Les anciens m'ont confié un message pour vous: / N'abandonne pas ta culture /N'abandonne pas ta coutume /N'abandonne pas ta langue / Allons mes frères, n'abandonnez pas votre culture / Le Niger, le Mali, n'abandonnez pas la culture / Gardons nos pantalons larges, nos grands boubous indigos/ Gardons nos chechs
Koudédé : album Alami
Niger : État d'urgence poétique avec Koudédé Slam
A écouter de toute urgence
ATRI N'ASSOUF
Justice
Les valeurs ont bien changé, le mot justice n'a plus sa place, / nous ne savons plus sur quoi compter / Aidez-moi mes chers amis, / Afin de redresser, / Tous les piliers de la justice, / Car ils menacent de s'écrouler
Album : AKAL
AKAL : Atri N'ASSOUF (Myspace)
TERAKAFT (Mali)
Térakaft photos Myspace
Bismilla (paroles)
"Un hymne de la rébellion touarègue des années 90. Un appel à l’unité du peuple touareg et au combat pour la reconnaissance de ses droits".
"Nous pourchassons les traîtres, nous acculons les ennemis Au nom de Dieu, Nous gagnerons les montagnes Au nom de Dieu, Soulevons-nous avec mes frères".
Ibrahim Ag Alhabib
Traduction : Nadia Belalimat
Extrait de l’album « Bismilla, the Bko sessions
Tapsit, distribution France Anticraft (2007) http://www.myspace.com/terakaft
Avec l’aimable autorisation de EMMA Productions
aquarelle A. Tambo
AMNESTY INTERNATIONAL
"TOUAREGS : VOIX SOLITAIRES SOUS L'HORIZON CONFISQUES"
"Les voix de l’ombre"
NON, jamais !
Non, jamais, je ne composerais avec l' ennemi
je ne voterais pas leur constitution
Qui m'oublie
Non, je ne participerais pas à leur développement
Qui me ruine
Non, je n'applaudirais pas leurs discours
Qui m'humilient
Je ne respecterais pas leurs frontières
qui m'ankylosent,
me déchirent
Et me barricadent
Je leur réclamerais
mon identité
Oui, je leur réclamerai
Par les vers
Et les rafales
Mon Ténéré
Ma vie
Ma liberté
Auteur en danger, je ne peux publier son nom...
Sa signature : "Fais tout ce que tu voudras, pour l'amour de la POÉSIE et de la JUSTICE"
Ashamor
Seul
Il n'a pas de toit
A ses yeux
Pas de lois qui tiennent
devant lui l'impossible recule
il recule chaque jour un peu plus
il n'est rien
il a tout
de la vie en attendant le meilleur
il prend le pire
Magicien de Génie
de ces rêves, il fait des réalités
Signature transmise :
"La meilleure chose qui puise m'arriver :
mourir pour mon Idéal"
Ashamor ("Iishomar"
): déformation du mot chômeur désigne les combattants des
années 1990 au mali, Niger...
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et 
Annuaire Poésie et Littérature
10-04-09
Nomades hier, poésies : Hawad, Rhissa Rhossey...
HAWAD : Touareg, poète, peintre, calligraphe...
Hawad est originaire du massif de l'Aïr dans le Sahara central (....). Enfant, il reçoit une éducation traditionnelle "dans la tente de sa mère" et rencontre, très jeune, des groupes de soufis itinérants (...)
(...) Avant tout héritier d'une culture nomade, Hawad nous livre une expèrience et une vision du monde bâties sur des notions qui traduisent toutes le mouvement, la mobilité, l'itinérance des choses et des êtres, voyageant entre les points fixes que représentent l'eau et l'abri (...)
(....) Pour exprimer l'indicible et briser le champ clos des mots, il développe une calligraphie originale créée à partir des tifinar (...).
notes parues dans "Yasida"
œuvre de Hawad
Hawad : Caravane de la soif (Edisud)
" Ces gémissements, paroles de fièvres embrasées devant la source tarie, je les dédie à Tellent, aux mirages vagues de dune, à l'errance du vent, au concert du silence et aux oreilles de l'oubli, seule étoile de ma caravane divaguant à travers les tempêtes qui ont brisé la charpente constellée des tentes nomades"
teraghee : aquarelle A. Tambo Mirages
Le nomade
Il est enturbanné de soleil / vêtu d'une robe de scorpions / chaussé d'épines / Il s'appuie sur la vipère fourchue / Il a domestiqué l'essuf / La mort s'écarte de son sentier
Devant lui les montagnes de feu s'effondrent / Derrière lui le tapis de la terre s'enroule
Son chemin est tracé par la soif / comme le jet ébloui de l'étoile filante / au-delà des abîmes / son appui murmure sans rêve / Toi crête de l'univers / sois cheville / et tête de la pyramide
Hier l'armée d'acier a brûlé sa tente / La sécheresse a balayé ses enclos
Sa femme est au puits / drapée de chiffons gris / grimaçante sinistre / visage enduit de cendres / tresses dénouées / veuve fantôme
Ses enfants plient genoux / dans les marécages du venin / Creux de la famine / Entraves de la misère / Couche galeuses / Couvertures de vermines
Pâturages champs clos / Tornades de fumées / Ses chemins s'entassent dans les filets cloutés / mis en cellule / boîtes de conserve
Le nomade entre dans la cité / pour acheter trois mesures de blé / Ceux qui vénèrent le béton / lui crachent au visage / lui jettent dans le dos / les os de ses moutons / Hurlements de la ville / Soit maudit nomade / renard voleur pillard traître / sauvage compagnon de l'araignée / frère du chameau
Il quitte le marché / pour les étoiles / indifférent exalté / il n'entend que le son de ses pas / poussière qui l'enveloppe / violon qui harmonise / en un seul son / le passé et le futur / boucle inondant l'instant présent
Au-delà de ce temps / il regarde / et accompagne le jet des âmes / qui débordent d'Inta / et l'aridité d'Abat / où l'existence devient mousse de lumière / dans l'océan des mirages miroirs
Il retourne à ses plaintes en chantant / mélodie de l'errance
A celui qui ne crache pas sur le déshonneur / demain les contraintes crèveront les yeux / Pour qui ne s'est pas délié / des chaînes de la servitude / les noeuds ne se démêleront pas / qui attachent la trousse des délices / de la graine étincelle
oyik : aquarelle A. Tambo
Exil
L'exil m'érode, tige dans la tempête de dune / Les vertiges, nausées du sevrage, me renversent / chiffon que le vent agite / sur les piquets des campements désertés / Le parfum de la nostalgie m'étouffe / comme un enfant entraîné par le reflux des vagues / Le soleil dessèche mon cœur / Mes yeux sont tannés par le regard de l'étrangeté / grimaces de fantômes / Les soucis ont creusé mes tempes / des rivières, marques de la vie / rides d'une pastèque abandonnée / sur les pas de la caravane / qui relie Ghadamès à Tombouctou / Mes souvenirs sont figés dans les mirages du temps / Aujourd'hui, des milliers de milliers d'étapes / vallées de vipères, falaises de fumées-ténèbres / me séparent des campements de jadis / où les corbeaux ont dévoré les rayons de la vie nomade
L'exil me noue comme les cordes de marins
L'angoisse m'élime en une aiguille de douleur
Des années et des années sont passées / Je suis la trace de mes rêves / Tant de nuits ont coulé derrière moi / Je danse dans les flammes
J'ai goûté la sève des fruits de tout l'univers / les parfums de toutes les fleurs / menthe, jasmin, grenadier / fraîcheur du palmier / jardins, ombres des palais / mosquées du lointain orient
J'ai écouté l'écho des larmes / métissage de tous les accords / Je me suis bercé à toutes les aurores-balancelles
Mais rien n'a adouci mes gémissements
J'ai dit / Où sont les tentes de jadis / imprégnées de l'indigo d'ahal ? / Où sont les tentes d'autrefois / ouvertes vers l'horizon des étoiles / le désert de la liberté errante ? / Où sont les saisons de la transhumance / Cours d'amour et de beauté ? Où sont les plaines de mirages / où pâturent les jeunes chamelles / aux gazelles mêlées / gardées par des garçons / tresses serrées dans la ceinture
O jusqu'à présent, j'entends les cris de joie / des braves guerriers / Je vois encore dans le soleil couchant / la silhouette des antilopes au cou élancé / les maîtresses de l'ahal / Sourire de la lune
Kha ! caresse fine des doigts / sur le violon de l'honneur / qui nous allie au toit des constellations / hors du temps
Khay ! Mes brûlures n'ont pas de remède / car mes rêves sont emportés / dans les tourbillons d'acier / des machines-dragons / entre la patte des hyènes
Quelle erreur de confier le gouvernail / du vaisseau de la vie à des épouvantails / qui le font dériver dans la tempête
Nous emporterons l'étincelle de cet exil / jusqu'au trône des galaxies / au royaume des éclats qui plongent / dans les océans de lumière / Car la douleur de notre exil se confond / avec celle des gémissements de l'âme / voyageuse / des corps-pierres jusqu'à l'absolu
aquarelle A. Tambo
Au fils du nomade
Chausse tes sandales / et foule le sable / qu'aucun esclave n'a piétiné / Éveille ton âme / et goûte les sources / qu'aucun papillon n'a frôlées / Déploie tes pensées vers les voies lactées / dont aucun fou n'a osé rêver / Respire le parfum des fleurs qu'aucune abeille n'a courtisées / Écarte-toi des écoles et des dogmes / Les mystères du silence / que le vent démêle dans tes oreilles / te suffisent / Éloigne-toi des marchés et des hommes / et imagine la foire des étoiles / où Orion tend son épée / où sourient les Pléiades / autour des flammes de la Lune / où pas un Phénicien n'a laissé ses traces / Plante ta tente dans les horizons / où aucune autruche n'a songé à cacher ses œufs / Si tu veux te retrouver libre / comme un faucon qui plane dans les cieux / l'existence et le néant suspendus / à ses ailes / la vie la mort
calligraphie d'Hawad
Rhissa Rhossey
Nomades
Hier encore / Ils comptaient les étoiles / Ils avaient tout le temps / et tout l'espace / Solitaires et libres / N'écoutant que l'écho de leur voix
Aujourd'hui / Contrariés / leur lourd voile / obstrue leur regard / Et ils ne peuvent compter les étoiles / Pourtant encore, ils rêvent / Leurs rêves lumineux / Comme la voix lactée / Est en suspend dans le chant / Des canons
Leur mouvement pris en otage / Dans le filet des frontières / Héritier d'une époque / Sans gloire/ Les fils du vent et des étoiles / Font du Silence et de l'oubli / Leur triste mélodie
photo A. Tambo
Pas de nom
Non, frère d'outre-mer / Surtout pas de nom / Je ne suis pas le fils / Du vent et des nuages / Je suis le fils de la fange / De la fange stérile et rouge / Sables, montagnes et pierres / Je suis le fils de la terre / Maternelle / Silence, oubli, mépris / Je suis l'enfant des douleurs / Éternelles / Non,frère, je ne suis pas / Je ne suis plus / Le Seigneur du désert / Mais l'esclave / Des horizons nus
Rhissa Rhossey "Jour et nuit, Sable et Sang", poèmes sahariens (ED Transbordeurs)
calligraphie de lassad metoui (coeur)

MARCHE NOCTURNE
Sur le sillage / Des caravanes / Tu foules Ie sable nu / Contre la tempête / Vent qui te cingle / Un turban effiloché / Noué autour du cou coiffant ta maigrichonne silhouette / De nomade / Égarée dans les flammes / Oh cite du couvre-feu / Vieille cigale dans l'abime / Chanson des naufragés / Aspergeant l'aurore / D'une poussière de sang
Si cet enfant est né /Avec la nuit / Donne-lui les jambes des caravaniers / Fous d' errance / Ivres de route /Ces étoiles au-dessus de sa tête / Sont le miroir céleste / Pour son ârne / La poésie qui apaise la soif / Sur le chemin sinueux / De la source
Dormir sous la dune / Dans les bras du silence / Le voila surgir / Comme le vent des cavernes / Sur l'épaule / Une mitrailleuse / Chanteuse de l'aube / Aux pieds des falaises ancestrales
Oh AÏR regard noyé dans les larmes / Oh ADRAR abimé /Au fond du mirage / Par quel rocher / Baliser la source ? / Entre le vestige / Du soleil au crépuscule / Son cri est une foudre / Craquant dans le silence / Des d2serts / Donne-lui le visage / Du mirage / Quand il est source
Oh cité du couvre-feu / Mères aux girons de flammes / Cet enfant aime / Les lunes d' été / Comme mon père / Au temps de l'exil / II se moque des sciences po / II foule les sentiers / Dans sa fébrile solitude, / Souriant à la mort / Ombre d'une nuit sans lune
Sur le sillage / Des
caravanes / Tu marches dans la nuit / Oh poète !
Rhissa Rhossey
aquarelle A. TAMBO
Souéloum DIAGHO
Le nomade
Le nomade est enturbanné, le vent du désert l'a
dévêtu pour le tatouer de signes particuliers, comme
'l'essouf'
et le Tenéré qui l'ont absorbé dans sa lutte incessante
d'apprivoiser le climat dur et
enchanté. La mort et la peur l'ont
toujours habité. Devant lui les dunes défilent, derrière lui
les
montagnes se montrent hostiles. Enveloppé dans sa 'guandoura'
il médite et cherche la solution à la
question posée sans
réponse.
Il a essayé de domestiquer le néant qui l'a
enfanté, son chemin est la soif qui l'a habité, la terre
roule
toujours à ses pieds, sa couche est le berceau de l'enfant
qui balance, le nomade lutte pour sa liberté
il se débat contre
la tempête folle de la vie qui l'entoure, il vise haut au-delà de
l'abîme, le murmure
du vent lui dicte des mots que personne
d'autre ne peut interpréter, le souvenir des siens perdus dans
des
batailles sans merci le tient en vie, il a juré de se venger contre
la sécheresse et le mépris, il a
combattu seul dans la nuit, son
arme est l'étoile filante, son phare de champ est le clair de lune,
qui
éblouit tous les clos, ses exploits et son mérite son
récompensés par des chants de sirènes dans les
cieux, le nomade
enturbanné ne montre que ses yeux, de peur de montrer toutes les
marques et
sillons creusés sur son corps et qu'on le traite de
chien galeux, le nomade a pour frère et ami le
chameau qui l'a
transporté dans toutes ses traversées passées et futures, il lui
parle de ses douleurs et
lui confie ses misères, le seul remède
qu'il a pour panser ses blessures est l'espoir qui ravive la
flamme
dans son cour, il fixe son âme dans 'l'akal-niba' où l'existence
est peut-être meilleure où
dans le mirage de l'océan imaginaire
en sillonnant les plaines il chante la mélodies de l'errance,
ses
enfants grattent le marécage tombeau de famine, ses orteils
s'enfoncent dans le sable pour
s'accrocher comme un animal qui
expire mais qui tient à la vie, les pâturages ne sont plus, les
tentes
sont devenues des huttes en carton, les beaux sacs en cuir
sont remplacés par des boîtes de conserve
entassées, la tornade
est passée et a tout emporté sur son passage, elle a balayé les
nomades et le
nomadisme qu'ils ont tant aimé
"bivouac touareg" :avril 2008 (yasida)
Inventer nous-mêmes notre avenir
"Il ne faut compter que sur nous-mêmes et sur notre désir de transformer la mort en vie. La première autonomie que nous revendiquons, nous ne la demandons ni à la Libye, ni au Niger, ni au Mali, ni à leur maître la France, nous l'exigeons de nous-mêmes :
C'est l'autonomie de pensée. Ce n'est pas un droit, c'est un devoir.
Une société qui ne fabrique plus ses idées, ni sa culture, ni son propre regard, c'est la banlieue exclue du centre."
Hawad 1995 (extrait)
Ecouter Hawad lire ses poèmes
"La promotion de la culture est d’une importance capitale pour le développement, pour l’éducation, pour l’ouverture d’esprit, … d’une société. La pauvreté, le manque de structures de formations de qualité sont quelques uns des problèmes qui entravent l'émergence d'une culture artistique nigérienne d'envergure internationale". Fofomag
Portrait de Marie Eladji
"La tente de la réalité / est au-delà du bivouac des étoiles /
qui filent vers d'autres voies lactées"
Hawad
photo A. Tambo
« Écartez-vous, écartez-vous
laissez-nous encore
la bride de l’épuise-vent
Pour l’homme des carrefours
et de l’embouchure des rêves
nul besoin d’un mensonge
crue de larme
bridée par la pitié ».
tanezruft : aquarelle A. Tambo
AKAL : Pays
C'est sur nos terres que nous vivons / Nous les défendrons quelqu'en soit le prix !
Les notes d'imzad et d'houmaïssa, vous sont dédiées chers combattants.
J'en appelle à tous les hommes / De l'Aïr et de l'Azawak.
Unissons-nous, main dans la main !
Que Dieu protège les combattants, / Pour qu'ils nous rendent à tous la paix.
J'en appelle à tous mes frères :
Burkina, Libye, Mali, Niger, Algérie,
Unissons-nous !
ATRI N'ASSOUF : album AKAL
"TOUAREGS : VOIX SOLITAIRES SOUS L'HORIZON CONFISQUES"
"Les voix de l'ombre"
ÉTERNEL CRI
Pour que le soleil éclose / Brisons la carapace du silence / Lâchons le temps des mots / Sur le rideau de l'indifférence
CRIONS CRIONS
Ce cri / Commun à tous / Ce cri qui a traversé les siècles / et les continents / Toujours jeune, toujours frais
Comme né d'aujourd'hui / Pourtant, Pourtant / Aussi vieux que l'homme / Ce cri qu'on nomme / Liberté, Dignité / Et qu'on poussera / Tant qu'il y aura des chaînes
Éternel cri
Auteur : Ewirkid
ORAGE
ça tonne / Et tu t'étonnes / Pourquoi / ça tonne
ça ne te dis rien / que je ne sois rien / chez moi / que je n'ai pas / droit de cité / chez moi
ça tonne / Et tu t'étonnes / Pourquoi / ça tonne
Mais le désert / est lourd assoiffé / l'enfant affamé / les libertés confisquées / Par les marchands de minerais
Que ça tonne / de plus bel / qu'éclate Orage / et Tempête / Orage ! / Ô rage !
Auteur : Ewirkid
Hawad
EVENEMENT
Du 3 au 17 octobre 2009 en région parisienne, Rumeurs Urbaines le festival des arts de la parole, fêtera ses dix ans.
Le thème choisi pour cette édition est
Peuples Nomades

affiche Hawad
3 octobre : vernissage de l'exposition des œuvres d'Hawad et lecture de poésie en compagnie de Rachid Akbal
joueuse d'imzad
15-04-09
Tifinagh : écriture des Kel tamasheq
"Des montagnes aux écritures oubliées"
Rhissa Rhossey
photo Assam Midal (FaceBook)
HAWAD : la pensée nomade
"Il existe plusieurs formes de l'alphabet touareg : le tifinagh, mais les Touaregs n'utilisent leur écriture que pour l'usage des choses que l'on "déchire" - ce sont des petites tâches quotidiennes, telles les correspondances, les notes commerciales (...) qui ne sont pas appelées à s'inscrire dans le long terme.
Au contraire, tout ce qui est essentiel à l'Histoire, la pensée, la médecine, le mode de vie se transmet oralement. La pensée s'exprimant par d'autres voies, l'écriture conserve un caractère métaphorique et n'est utilisée que comme outil d'appoint.
Le tifinagh est pourtant le seul instrument de la société touarègue et Hawad se refuse à s'en défaire.
(...) Il s'insurge contre le fait que l'on en dépossède les Touaregs en les obligeant à utiliser l'alphabet latin ou arabe."
Le chameau bègue : journal touareg paru en tifinagh
"La pire des choses que l'on puisse faire à une société au moment où elle possède une écriture, c'est de la lui arracher pour lui en apprendre une autre (...) Nous sommes en effet dans une culture nomade qui ne possède pas beaucoup d'objets, aussi prendre le tifinagh aux Touaregs, c'est leur prendre leur âme" No Pasaran
Hawad
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La tradition orale attribue la création des tifnagh à Amerolqis, un héros mythique, fondateur de la culture touarègue, pour communiquer discrètement avec les femmes dont il est amoureux.
ALMOUSTAPHA TAMBO : illustrations de journaux et publications en tifinagh
A. TAMBO
Amerolqis : pour l'amour des femmes
Un conteur explique :
"Amérolqis était coutumier des rencontres nocturnes et galantes, un homme accompli et bien fait de sa personne. Les femmes lui manifestaient des sentiments passionnés. Amérolqis était un maître en fait d'intelligence. Je peux affirmer que la caractéristique d'Amerolqis c'était d'être un galant noctambule et un amoureux des femmes. C'est à ce propos qu'il inventa les tifinagh. Il fit chaque signe à propos des femmes. Ce n'est que grâce à son intelligence qu'il les a inventées. Les connivences entre lui et les femmes n'étaient que des codes secrets."
"Moi, Amérolqis, je salue la jeunesse d'aujourd'hui qui écrit le tifinagh"
A l'origine, les tifinagh étaient donc perçues comme un ensemble de signes confidentiels pour exprimer les relations amoureuses et courtoises entre partenaires complices. Et pour parfaire cette relation amoureuse, Amerolqis inventa le poésie, le chant et la musique. "Toutes les femmes, dit encore le conteur, ne font que lui manifester leurs sentiments amoureux quand il chante. Qu'il chante et même les ânesses, les chèvres, les vaches accourent vers lui. Toute la gente féminine l'aimait même les femelles des ânes"
Cette tradition galante et poétique continue de régir les rapports amoureux dans la société touarègue et explique pourquoi les tifinagh sont toujours une écriture bien vivante.
Extrait de "Contes, proverbes et devinettes touaregs" (APT)
TIFINAGH : Patrimoine immatériel de l'humanité
L'UNESCO p 5
A. Tambo a illustré ces journaux et les publications de l'APT
AHMED BOUDANE
"ON DOIT SOULEVER DES PILIERS TOMBÉS.
La sauvegarde de l'alphabet Tifinagh est mon devoir"
"Peintre Nomade... Ahmed Abdoulaye Boudane est né sous une tente en peau de chèvre au sein d'un campement Touareg situé à l'Ouest de la région de Tchin-Tabaraden, vers 1978. L'alphabet Tifinagh lui a été transmis dessiné sur le sable par sa mère et sa grand-mère. Vers dix ans Ahmed est scolarisé, on lui rase la tête, c'est le début de l'alphabétisation latine, on lui demande d'oublier son alphabet qui n'a pour les autres aucun avenir et peu de valeurs. Ahmed est un peintre autodidacte. Sa peinture est son cri, son arme, son moyen d'expression pour combattre l'injustice subie par son peuple depuis trop d'années.
vous êtes pressés... Ahmed Boudane
Ahmed a commencé la peinture par la calligraphie Tifinagh. Il utilise l'aquarelle, le pastel, l'acrylique dans ses œuvres mais tout particulièrement les pigments naturels aux couleurs du désert qu'il trouve dans les montagnes puis qu'il mélange à la colle. Les artistes qui l’influencent sont Hawad peintre poète nigérien et Lassâad Métoui calligraphe tunisien.
tara Ahmed Boudane
"Je suis né avec du sable dans les yeux"
"Avec des gestes graves, elle (ma mère) m'a appris à lire les vingt-six lettres de l'alphabet tifinagh qui compose la langue tamasheq. Je revois ses doigts voltiger pour tracer sur le sable des signes géométriques : le cercle qui désigne le "R", le trait horizontal qui indique le "N", les quatre points pour la consonance "KH", le rond précédé de deux points et d'une parenthèse renversée qui compose le mot "chat". Elle faisait une pause, effaçait de la main ce qu'elle avait écrit, me demandait de répéter ses gestes. J'essayais de mon mieux. Pour me récompenser, ses ongles dessinaient des poèmes; Elle griffait le sable de ses doigts de joueuse d'imzad. A peine avais-je le temps de m'étonner qu'elle effaçait ce qu'elle avait écrit pour composer de nouveaux caractères.
Combien de fables et de ballades se sont ainsi envolées sous l'aile de sa main ou bien au vent des dunes ?"
écriture tifinagh
*photo :Touaregs Apprivoiser le désert (H. Claudot-Hawad)
Rissa IXA
Né en 1946 à Innates (arrondissement de Tillabery) près de la frontière du Mali, Rissa Ixa décrit ainsi son travail :
« Au sein de la famille, les hommes et les femmes m'enseignaient l'Histoire touarègue et m'initiaient à l'art et à l'écriture tamachek. Je dessinai sur le sable.
Je vis et travaille, je milite dans le but que la culture touarègue ne disparaisse pas et continue à vivre en gardant son essence : le respect des traditions et des Hommes. »
HAWAD : tifinagh et calligraphie
Hawad manuscrit
"HAWAD, comme chaque enfant touareg, a appris dès le jeune âge à dessiner et tracer sur le sable les lignes et les courbes des tifinagh. Cette écriture consonantique, que l'on connaît figée sur pierre ou transcrite sur peau de gazelle, s'est perpétuée et se développe ici comme l'instrument privilégié d'une culture, qui, pour se faire entendre, glisse de la tradition orale à sa fixation par l'écrit. (...)
Hawad ne rédige ses manuscrits qu'en tifinagh. Pour rendre l'écriture plus facilement déchiffrable, il a ajouté des symboles pour les voyelles. puis, au fil de la plume, ses lettres se sont peu à peu étirées, arrondies, liées, pour devenir cursives jusqu'à cette expression calligraphique originale qui, sœur de la poésie, saurait peut-être briser les pouvoir clos des mots et de leur "bon" sens.
Hélène Claudot (préface de Caravane de la soif)
Hawad manuscrit
LE GOÛT DU SEL GEMME
"Trois points / campant le coude / d'un triangle inachevé / Trois pierres / gardiennes de la mémoire : mémoire de l'étape / laissée au désert / et puis un trait / parcours de la nuit / jusqu'au bout infini / rêve éveillé / d'un astre à six branches / Et un point / point soleil noir / dans un cercle / centre de l'astre / Hé camarade / ceci n'est pas leçon d'alchimie / mais marque traces / blessures sillages / des passeurs de crépuscules
HAWAD
Calligraphie : Hawad (Le coude grinçant de l'anarchie)
RHISSA RHOSSEY : Apprivoiser les mots
LES MOTS
Les mots ! / Ils sont dociles / Doux et charmants / Ils vous suivent partout / Tout au long des chemins / Et vous font tout dire
Il faut beaucoup de patience / Pour les apprivoiser / Surtout quand ils sont d'une autre race / Il suffit d'un rien pour les effaroucher / Je crois qu'ils n'aiment pas le bruit / Et préfèrent la solitude
Ils sont omnivores / Ils se nourrissent d'un grain de joie / D'un grain de douleur / Ils boivent l'eau des océans, des mers / Et même des petits ruisseaux
Le poète est leur berger / Il les compte et recompte chaque soir / Quand le silence descend sur la terre / Pourvu qu'ils soient au rendez-vous
Il y a des mots Blancs d'innocence / Gais comme des agneaux / Il y en a des Noirs comme des corbeaux / Amers comme des bourreaux / Et d'autres tristes comme des tombeaux / Ce sont là des mots douleur / Et moi, pour les exorciser je veux / Des mots volcan / Laves fumantes de vérité / Des mots tempêtes / Désarçonnant des remparts de préjugés / Des mots brasiers
Ce sont de grandes chevauchées / Des mots inapprivoisés / Des mots débridés / Qu'il me faut
Ce sont des mots indisciplinés / Des mots sans limite / Des mots sans entrave / Des mots sans papier / Des mots viole-frontière qu'il me faut / Des mots nomades-sans-escale
Il me faut des mots boucliers / Des mots rebelles /Des mots pilonne-caserne / Des mots mine-Gubli / Des mots roquette-mépris / Je veux des mots fous / Des mots, des mots furieux / Des mots Forts
Mais les deux que j'aime le plus sont / RÉSISTANCE et LIBERTÉ /Qui toujours s'écrivent en lettres de sang
Khaï ! Quelle est cette poussé d'adrénaline / Qui soudain me prend ! / Des mots, rien que des maux !
"Jour et Nuit, Sable et Sang" poèmes sahariens (ED Transbordeurs)
solitude lassaâd Metoui
20-04-09
Femmes touarègues en filigramme
Les Touaregs, portrait en fragments
"Une indéniable construction symbolique existe, centrée autour de la femme, pilier de la famille, de la tente, de la tribu. La femme est le principe de base, le noyau, l'intérieur, tandis que l'homme qui représente l'extérieur dérive de ce substrat. Les rôles politiques, économiques et sociaux réservés traditionnellement aux mondes masculins et féminins entretiennent une correspondance étroite avec cette vision du monde.
Bien que l'idée persiste que sans femme, c'est-à-dire sans abri, aucune vie ni aucune présence ne sont possibles, la réalité présente érige un rempart incontournable, déniant la pensée et l'organisation touarègue.
Maintenant que les Touaregs ne peuvent plus, comme autrefois, défendre leur honneur par la guerre, maintenant qu'ils ne sont plus maîtres de leur destinée, maintenant qu'ils ont le sentiment d'avoir perdu la face par rapport aux valeurs de leur société et que certains renoncent à porter le voile, à quoi bon assureraient-ils leur continuité dans l'infamie, pourquoi bâtirait-il un abri autour de leur sœur ? " Comme disait l'un d'eux :
"La tente touarègue est déchirée" HAWAD
La reine des Touaregs : Tin Hinan
Les femmes mythiques d'Afrique : écouter le direct sur RFI (FaceBook Twaregs)
GERARD ZAURIN : genèse d'une œuvre
"Nous étions, un ami Touareg, avec qui j'entretenais une amitié depuis quelques années, et moi- même en Belgique pour une exposition où nous partagions un espace, lui avec ses bijoux traditionnels, moi avec mes toiles et dessins.
Au cours de nos discussions, il s'engagea dans un long et énigmatique monologue autour de l'idée que "l'on peut vivre dans une tente déchirée". Tout cela ne me paraissait pas d'une grande clarté, mais faisait surgir en moi des images très fortes....
A cet instant est née "LA TENTE DÉCHIRÉE"..
Des évènements ont ponctué son déroulement: en relisant un ouvrage en ma possession depuis longtemps, je découvre un extrait d'un texte de HAWAD, écrivain et calligraphe Touareg, intitulé "La Tente Déchirée". Je ne sais si cet ami avait connaissance de cet article de Hawad......coïncidence ? Plus tard je rencontrerai Ahmed Abdoulaye BOUDANE, peintre Touareg Nigérien, abordant le thème de la perte de la culture avec une œuvre portant le même titre."
la tente déchirée ou la perdition de la culture Ahmed BOUDANE
Tente touarègue du Niger : Le Blog saharien
Exposition : entre Tassillis et Hoggar
FEMMES : REGARDS D'ARTISTES
Poésie traditionnelle
Tanaynat
Je t'implore, ô Dieu, notre maître ! / Et vous tous, les jeunes hommes ! / Tanaynat, la branche d'agar verdoyante / Couverte de rosée. / Si Tanaynat ne m'aime pas / Qu'ai-je à faire des chamelles que j'entrave, / De ce beau chameau que j' harnache, / De l'épée sans égale que je porte ? / Je ne cesse de gémir, je suis malade, / Comme un enfant souffrant de gerçures profondes, / Refusant même de téter le sein de sa mère. / Si Tanaynat ne m'aime pas, / Je retournerai d'où je viens, / Mon pays, le Gobir vers le Sud. / Je cultiverai la terre, une peau comme unique vêtement, / A la place du turban, un bonnet. / Je t'implore ô Dieu, notre maître, / Couvre-moi des marques de dignité / Pour gagner le respect de mes pairs devant les jeunes filles / Ou au combat des épées qui tranchent les boucliers. / Les coups d'épées lacèrent les corps, / Les jets de lance les transpercent. / Des giclées de sang se répandent, / Nous les chaussons comme des souliers, / Nous les endossons comme des habits, / En votre honneur, jeunes filles, / Fardées de l'indigo des voiles. / Je t'implore ô Dieu, notre maître, / Moi, dont tous les frères sont jaloux, / Fort de ma dignité sur mon chameau Awrag, / Si Tanaynat m'accorde son amour, / Je lui détacherai de mes troupeaux / Deux dizaines de jeunes chamelles / Et leur géniteur élancé au pelage tacheté.
illustration A. Tambo
L'amour est une peste
Amis, pardonnez mon propos. Ce que je dis est pure vérité / L'amour est une peste foudroyante. / Il déchire aussi bien les jeunes que les vieillards. / Il s'en prend même au fiancé. / Celle que j'aime, je peux la suivre même au fond du puits de Laghlagh. / Là où, dans la boue, l'hyène rayée a mis bas. / Là où grouillent les serpents, / Rampent les scorpions et bêle le python. /Même de nuit, j'y entrerai pour couvrir son cou de mille baisers / Et enlacer de mon bras son épaule et son dos. / Que nos vies cessent le même jour, je le souhaite. / Si cela est possible, si cela est légitime. / Alors pour Dieu et la miséricorde, / Unis dans le même sacrifice funéraire, que notre tombe soit une. /Et maintenant, mes amis, écoutez : / Si quelqu'un de vos dit qu'elle a donné naissance / A mille enfants illégitimes, / Je préfère sa race à ces rumeurs. / Parce que, elle et moi, ne sommes entrés dans la tente : Avant que le marabout, ce lettré que tous disent savant,
Ne scelle notre mariage.
* Extrait d'un poème de Kurman (1912-1989), né entre Agadez et Ingal
Il est considéré comme l'un des plus grands poètes de l'Aïr
Poèmes touaregs de l'Aïr APT
Littérature
Mano Dayak
" Je dois tout aux leçons de ma mère. C'est elle qui m'a appris à démonter et à remonter la tente, à plier et à déplier le lit taillé dans le torcha, un arbre au tronc épais mais au bois tendre et léger. C'est elle qui m'a fait découvrir les étoiles qui annoncent les changements de saisons. C'est elle qui m'a révélé les différentes castes des gens de ma tribu, les Iforas. C'est elle qui m'a enseigné la lecture, le chant, la poésie. C'est elle qui..."
"Je suis né avec du sable dans les yeux"
Agadez (2008) photo A. Tambo
Poésie contemporaine
Rhissa Rhossey
Blessure (extrait)
Seules les femmes / Debout dans la tourmente / Le poing dur / L'insulte à la bouche / Femmes / Je vous salue / Roseau fragile mais tenace / Canne sur laquelle s'appuyait / Mon peuple / Quand il chancelait /Et titubait dans les dédales / Du mépris. / Femme, cœur d'airain / Bouclier de fer / Salut femme / Gardienne inlassable des rejetons / Orphelins d'un père / Qui ne répond plus à l'appel.
Salut mère / Toi qui jugulas la haine des temps amers / Pour tes prières sincères / Salut sœur / Toi qui bravas le fer / Pour nous apporter un peu de lumière / Jusqu'au fond de nos sombres tanières / Salut femmes amazones des temps pénibles.
"Jour et Nuit,Sable et Sang" Poèmes sahariens
(sur la route du mont Tamgak, vallée de Timia, août 1994, Rhissa venait d'être libéré, après 8 mois de prison)
ville Lassaâd Metoui
Hawad : Caravane de la soif
Silhouette infinie
Une vieille, maigre, grande / voilée de hardes / un panier sur la tête / se détache du campement / Ombre arrachée à son abri / elle grimpe les falaises / bras ballants entraînés par le vent / Toutes les mélodies de l'Éternel / sont gravées dans le geste de ses bras / et sur les lacets incurvés de la route / qui ondule vers les plateaux montagneux / d'Inta
La forme de ce geste contient le rêve / du chemin qui mène au puits / dans une vie sans soif / Ce qui nous manque est inscrit dans la mélodie de chaque pas / le sourire de chaque lèvre / dans la gueule même des hyènes / et dans la silhouette de cet arbre élancé / dont les racines sont plantées / dans les entrailles de la terre / et les branches accrochées / dans l'azur des cieux
clligraphie d'Hawad
Tamajaq
Elle garde les chèvres / sur les dunes lissées par le vent / Elle a laissé sa tente au creux de la falaise / où rôdent hyènes, renards, charognards / sous le vélum des étoiles cieux / ternis par la fumée des usines / qui déchiquètent les entrailles de la terre / Son bébé incrusté sur le dos / grain de beauté / peau tannée par le soleil / ocre visage ridé / par les rêves suspendus / le sursaut des cauchemars / elle est assoiffée / maigre, grande, cou élancé / antilope / Elle porte un collier de croix / géométries où le cosmos est réduit en bulles de lumière / Elle est sauvage / prête à s'effaroucher / comme l'autruche chatouillée / par une araignée / Ses yeux sont aigus comme ceux d'un fennec / qui sort de son trou au crépuscule / Ses mains sillonnées de veines / bleuies par la famine angoisse
Elle tresse une natte en feuilles / pour son mari qui a conduit la caravane / hors des frontières / agenouillé par les chaines des prisons / et le brasier des tortures
ou pour son frère en exil / errant d'une étoile à une autre / pour éviter le manteau étroit des cités / et leurs cellules d'asile
non / natte trame /qui raccommode le tissage des mythes / Espoir qui détresse les douleurs / Gestes qui tisonnent la lueur des souvenirs / pour démêler les nœuds coulants / d'une vie étranglée entre sa couche et ses puits
Soigne les ales brisées du souffle en vol / entre son gîte et sa destinée liberté / mélodie qui tranche enficelages et entraves / O mouvement de l'archet / Aiguise les lames de l'aurore / et fends la grimace des serres machines / qui troussent les jupons de la nuit / où se love le sommeil des enfants touaregs
tamajaq : calligraphie Hawad
Souéloum Diagho (Mali)
La femme assise.
Écoute le chant, murmure
du vent, la femme assise en face d'une dune attend le crépuscule
pour
lancer son chant d'amour, chant de plaisir, la femme laisse
couler la mélancolie de son cœur, elle rit,
elle pleure sa joie,
la peine, le désir de partager sa vie, elle cherche le chemin qui
conduit à
l'inconscience, les ténèbres l'engloutissent et les
deux opposés se rencontrent, l'inconscience et la
conscience, la
femme cherche la lumière qui a nourri ses désirs, ses formes
caressent l'espace vide,
d'où jaillit l'oubli, univers brumeux,
univers paisible, les odeurs se multiplient, les odeurs que le
vent
ramène, sa voix du cœur lui parle d'amour, amour profond, énergie
de vie qui passe par tous les
paysages. Paysages de joie, mélange
des rires, paysages tristes comme mélancolies. La femme
plonge
dans le noir de la nuit, comme seule amie, la dune et les grains de
sable qui roulent comme
des petites billes, elle a peur de la
nuit, peur de tout, elle entend son petit enfant qui pleure, c'est
son
cœur qui palpite.
photo A. Tambo
Peinture : portraits et illustrations
Almoustapha TAMBO
tazolt : aquarelle A. Tambo
sans titre : aquarelle A. Tambo
By ComBoost - plein écran - albums - tirage photo - livres photos
la femme voilée et dévoilée
Farid Bekaldi
"Les femmes m’ont passé le flambeau, poursuit-il. Je trouve que parler d’art pour qualifier mon travail est un bien grand mot. Je ne crée rien, je sauvegarde ce qui existe déjà, je ne fais que m’en inspirer »
femme touarègue bleue
femme touarègue
article : AFRIKA.COM
Musique touarègue
KOUDEDE
Timaggiren
"Les femmes Touareg d'avant, les femmes Touareg d'avant / on les reconnait à leurs beaux bijoux en or qui laissent paraître leur honneur, / qui laisse paraître leur culture /Leur honneur étincelle comme les pléiades dans le ciel / Les femmes Touareg je vous demande d'imiter celles d'avant / Leur beauté apparaît quand elle sont assises sur les tapis tissés d'avant / entourées de leurs beaux coussins, portant leurs beaux colliers houaïssa".
femme du désert Michele Ludwiczack
PAROLES DE FEMMES
"Mais qu’en est-il aujourd’hui de la place de la femme, à l’heure de la mondialisation, de la modernité, de la sédentarisation à plus ou moins long terme de ce peuple nomade ? La femme est-elle toujours « reine » dans la société touarègue ? Face à la roue de l’Histoire, n’est-elle pas en train de perdre son pouvoir ? N’est-on pas en train d’assister à une régression de la place originale qu’avait la femme touarègue dans la société ?
Il semble que le matriarcat n’existe plus. Cependant, on accorde toujours une grande importance aux cousins issus de la sœur de la mère.
(...) Les comportements changent au niveau de la monogamie, du fait de l’Islam et de l’urbanisation..
(...) L’école et la société s’occupent maintenant de l’éducation des enfants. L’écriture tifinagh a été supplantée par la langue du colonisateur ! Les femmes ont en grande partie perdu leur rôle éducateur. Auparavant, les femmes touarègues n’allaient pas aux champs, ne puisaient pas l’eau, ne coupaient pas le bois. Mais aujourd’hui, certaines femmes le font en raison du manque de moyens et elles n’ont plus le temps d’accomplir leur rôle éducatif. Le travail domestique est la principale source d’oppression de la femme en Afrique subsaharienne."
"Ma maison est ma nation qui est la maison du monde entier"
Propos recueillis en touareg par Hawad en février 1995 à Ouagadougou.
Karsa est originaire de l'Adagh et réside à Ouagadougou depuis de nombreuses années. Elle est mariée à un Burkinabé et mère de plusieurs enfants. Elle est quadragénaire..
"Même dans nos déserts, le puits qu'on n'utilise pas pour extraire de l'eau et qu'on n'écope pas, à la fin, finit par tarir et mourir, et la terre boit son eau. Voilà notre philosophie, nous, les femmes de la nation touarègue, mais hélas, dans ce monde moderne, nous, les femmes touarègues, il ne nous reste aucune place. Dans ces difficultés que traverse le peuple touareg, dans la lutte par laquelle il cherche à se libérer et à se construire lui-même et son pays, hélas, la femme touarègue n'a pas sa place. Pour la femme touarègue des générations anciennes que je suis moi, les humanités, l'esprit et l'éducation que nous avons hérités de notre nation n'ont pas leur place dans ce monde. Nous n'avons pas de place, mais la femme touarègue, malgré son absence de force et d'assise, continue de résister et tente comme d'habitude de couver son humanité et sa philosophie."
sans titre Michele Ludwiczak
Pour Saoudata Aboubacrine et ses camarades de l'association Tin Hinan, défendre le peuple touareg, c'est lutter pour les droits des femmes. Rencontre en marge d'Indigenève, la plate-forme de rencontres entre délégués autochtones à l'ONU et Genevois, qui se tient aux Cropettes.
Mais la femme autochtone, touarègue par exemple, ne rencontre-t-elle pas aussi des difficultés propres à son genre?
– "On présente souvent les peuples autochtones à travers leurs difficultés. Mais leurs richesses sont aussi immenses, même si l'incapacité d'avoir des échanges équilibrés avec les sociétés dominantes les met en danger. Prenons l'exemple des femmes touarègues. Traditionnellement, elles régissaient un système matriarcal complexe qui imposait la monogamie. Malheureusement, les mauvaises relations entretenues entre les Touaregs et les autres sociétés n'ont jamais permis aux femmes des peuples dominants de découvrir et de profiter de ce système social. Au contraire, sous l'influence de ces sociétés, nous sommes maintenant affectés par la polygamie... Plus largement, c'est la position de la femme – privilégiée dans la culture touarègue – qui s'affaiblit de façon vertigineuse! "
photo Tin Hanan
Tamedourt souffle de vie nomade
Survie d’un matriarcat de Faiza SEDDIK ARKAM
vendredi 19 octobre 2007, par Faiza
"Poussée par la nécessité, la femme a dû se soumettre à faire des travaux auxquels elle ne participe jamais auparavant. Le rôle socioculturel de la femme s’est trouvé lui aussi par conséquent appauvri. Sa fonction d’éducatrice, de conseillère, de formatrice est grevée par l’accomplissement des tâches quotidiennes. La transmission du savoir à leurs enfants, à leurs filles en particulier, ne peut se faire comme avant.
Face à ces conséquences, la société a développé par instinct de survie de nouvelles méthodes d’approche de son développement. En attendant que ce processus soit pris en compte dans un cadre formel, la femme touarègue ayant pris conscience de la déperdition culturelle et sociale consécutive aux phénomènes détaillés en haut, essaie de s’en sortir. Une nouvelle vague d’espoir voit le jour et encore une fois, ce sont les femmes qui en sont porteuses. Comme par le passé, elles puiseront dans leur courage l’énergie nécessaire pour sauver la société en péril."
TOUAREGS : Apprivoiser le désert
Hélène Claudot-Hawad (extrait)
photo Google
"Pour les femmes touarègues des générations anciennes que je suis, moi, commente une quadragénaire, les humanités, l'esprit et l'éducation que nous avons héritées de notre société n'ont pas leur place dans ce monde. La génération des femmes touarègues qui sont nées après nous n'a pas une autre mémoire ni d'autres souvenirs qui les empêchent d'affronter leur crépuscule, comme nous qui rêvons d'un passé noble et d'un futur digne.
Les femmes touarègues de ma génération, aujourd'hui, n'ont pas de rôle sauf se recroqueviller sur des regrets car nous n'avons pas de présent.
Mais comment accepter le changement, quand on a vécu et que nous étions fier de notre existence ?
L'amertume a tué et tue les femmes touarègues, héritières des valeurs de leur société"
Proverbes touaregs (APT)
La place de la femme touarègue : débat sur le Forum Agadez-Niger
Femmes au Niger : le blog France-Niger
"Avec une espérance de vie ne dépassant pas 46 ans et un taux d’analphabétisme de 92 %, les femmes vivent au jour le jour la mendicité, l’exode forcé, l’épuisement dans les taches ménagères dû au pilage du mil, au port de charges énormes et à l’éloignement des puits."
Alphabétisation
NIGERIENNE, FEMME ET ARTISTE
MIRY
cercle fermé Miry
"Née le 6 Mai 1975 au Niger, Mariama se confirme aujourd'hui, malgré sa vie artistique relativement courte, comme une figure imposante de la vie culturelle au Niger. Femme, dans un pays à forte tradition musulmane, elle a choisi la voie d'une aventure artistique et humaine en se lançant dans l'art et l'expression plastique (...)
le gouffre Miry
Je suis artiste, c'est ma vie, ma passion, ma thérapie face aux phénomènes de la vie. Je suis une femme, je crois au développement personnel dans la dignité
cercle dévoilé Miry
ELLE, entre « liens » et « nœuds » Coutumes, traditions, et religions s’accusent les unes les autres. Au centre, ELLE occupe une place, telle une victime de sinistre dont ELLE serait coupable. La société, victime et coupable elle aussi, agit sur ELLE comme poussée par une force surnaturelle [...]"
sang Miry
Citations extraites du blog de Miiry http://miry.over-blog.com/
Œuvres choisies dans : http://mirygallery.ifrance.com/
Femme, africaine, artiste, épouse, belle-mère, mère,..
"Une enfant vécut une vie heureuse / Dans un village paisible / Tous les rêves la ramenèrent là bas / Y réunit tous les êtres qui lui sont chers/ Pourtant, ça fait 25 ans qu'elle avai quitté cet endroit /Ensuite elle est retournée, la dernière fois il y a de cela 20 ans / Pour retrouver une vie nouvelle / Mais différente...
Avant tout, elle est femme, / En plus africaine / Après, elle est devenue artiste / Elle a essayé de s'exprimer / En parlant de la prison sociale / En quête de liberté, elle a continué à parler des liens et des noeuds qui enroulent et étouffent des femmes comme elle / Elle espérait s'en sortir / Elle a trouvé quelques issues / Mais il lui reste encore plein d'issues à découvrir
Un jour elle pourra sortir de cette prison
Mais cette prison, c'est elle-même? ! / Elle vient de l'apprendre, / Elle vient de l'avouer / Elle ne l'a pas encore admis / Elle est devenue épouse d'un homme qu'elle adore / Mais entre ces deux patries / L'amour et la distance sont tellement grands / Elle aimerait tant supprimer, rayer cette distance / Pourquoi Dieu a créé des cultures différentes, Certain me diront que c'est une richesse / Moi je dirais que c'est une énigme / Sinon pourquoi cette complexité? / Le thème de sa peinture n'a pas changé / Pourtant elle a cru avoir trouvé la liberté / Alors pourquoi elle continue à peindre des prisons, des liens qui, apparemment l'empêchent de s'épanouir / Il parait que les issues existent vraiment sur ses tableaux,
Mais ils sont difficiles à trouver / Oui, parce qu'ils reflètent sa personnalité / Va t-elle changer?
En même temps, elle est devenue belle-mère puis mère heureuse d'une fille merveilleuse pour qui elle ferait tout
Mère, c'est la deuxième plus belle chose qui lui soit arrivée / Pour sa fille elle fera profiter de ce que les autres appellent richesse culturelle / Elle lui apprendra les bonnes choses du Niger Elle souhaite qu'elle apprenne les meilleures choses de l'Allemagne / Elle lui apprendra le respect des ainés et le respect des prochains comme on le fait en Afrique, chez nous
Femme, africaine, artiste, épouse, belle-mère, mère,...c'est ce qu'elle est"
A Miry
Pour vous avoir présentée sur ce blog avec tout le respect qui vous est dû et toute l'admiration que j'ai pour votre œuvre, je vous adresse mes remerciements;
J'ai voulu soumettre cet article à votre approbation, le mail que je vous ai adressé, n'a pas été délivré.
. Femmes dans les arts d'Afrique
Détours des Mondes Magnifique site à visiter
"C'est une très belle exposition qui se tient au Musée Dapper du 10 octobre 2008 au 12 juillet 2009.
En guise d'introduction, les photographies d'Angèle Etoundi Essamba sur les femmes. Rendus ainsi sensibles le corps des femmes porteur de vie, femme blanche, femme noire; leur regard direct ou voilé".
lmourhar : Silhouettes de femmes dans le désert (aquarelles)
dermalou : portrait de son mari
un Kel Ahaggar de la tribu des Rhela
22-04-09
Imzad et ahals
entendeurs d'imzad
" La musique est pour les Touaregs un feu intérieur, ce feu de bois qui les réchauffe pendant les nuits froides du Désert. Elle est sans aucun doute un nutriment indispensable aux ‘’ahals‘ ’(causeries poétiques) que le temps s’acharne à arracher à ce peuple aux gestes lents, porté sur la retenue et la noblesse, sur le silence et le rejet "
écrit Ibrahim Manzo Diallo rédacteur en chef de Aïr Info du Niger, dans un plaidoyer pathétique en faveur de la préservation de la culture touarègue
ebeljud illustration A. Tambo
Ebeljud
Eledjud, je meurs de n'entendre le son de l'anzad / Chaque fois que me revient à l'esprit / Cette rencontre au puits avec cet être ravissant. / Mon visage baigné de larmes, mon âme torturée par le feu. / Je lutte contre cette flèche qui m'est décochée, / Incapable d'imaginer le moindre poème. / Démon, apporte-moi de l'eau et asperge-moi les flancs. / J'erre au crépuscule sans penser à la faim. Je suis un géant majestueux, rompu au jeun et à la soif. / Ah ! quel beau parti, ma belle, / Toi dont le cou dépasse en beauté / Celui d'élégantes antilopes / A la croupe blanche et aux épaules rayées. / L'amour que j'éprouve pour toi : / Taraude mon âme comme la soif. / Je connais bien cette mélancolie où je sombre. / Je suis depuis longtemps la proie des envieux. / J'ai ajusté mon litham, feignant l'assurance. / Mais ce propos résonne / Comme si j'étais dans une tombe, Sans lumière, sans le moindre rayon.
a dit Kurman agg- eselselu
Poèmes touaregs de l'Aïr (APT)
Association Sauver l'Imzad-Khoulen et Boukeyass
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Exil
" Kha ! caresse fine des doigts
sur le violon de l'honneur !
qui nous allie au toit des constellations
hors du temps "
Hawad : (Caravane de la soif extrait)
entendeurs d'imzad
L’imzad est une vièle monocorde, qui nous vient de la nuit des temps. Plus qu’un instrument, l’imzad est un symbole du pouvoir, suggérant une musique particulière vouée à un ordre social, à une organisation de l’espace et du temps.
« L’imzad est aux Touareg, ce que l’âme est au corps »,
m’avait dit Hadj Moussa Akhamok en me remettant un imzad en 2003.
Avec l’évolution de la vie moderne, l’imzad et toute la culture qui gravite autour est en train de mourir. Il ne reste plus que quelques vieilles femmes qui savent en jouer, elles rêvent de transmettre leur savoir pour laisser en héritage au monde entier, ce patrimoine culturel ancestral.
Hdama est un air chanté sur l'Imzad. Un trés vieil air qui est chanté par Halimata et Khoulen Alamine sur l'imzad, toutes deux maîtresses d'imzad au niveau de l'école de l'association Sauver l'Imzad de Tamanrasset.
L’art de l’inzad, l' « Achak » le code d’honneur, les réunions galantes appelées « Ähâl », la parole voilée « Tanghalt », sont les éléments symboliques constitutifs de la culture touarègue fondée sur la solidarité, le courage, le respect des aînés et la réserve.
Tarzagh Benomar, une des doyennes de la musique de l'imzad du Tassili n'Azdjer, vient de s'éteindre à l'âge de 84 ans, a-t-on appris dimanche du ministère de la Culture.
Cette artiste a grandement contribué avec une constante disponibilité et une grande humilité, à faire connaître l'imzad, style musical propre à la région de l'Ahaggar, à travers le monde, à sa conservation, sa valorisation et sa perpétuation.
Afin de transmettre ce prestigieux héritage dont elle a toujours pris le grand soins, Tarzagh Benomar a organisé entre 2002 et 2005 des ateliers d'apprentissage de l'imzad pour les jeunes filles dans sa demeure à Djanet.
"Ces airs ne sont pas faciles. Seule une femme qui maîtrise vraiment l'imzad peut les interpréter. On entend parler d'elle dans tout l'Ahaggar, en Ajjer et même dans l'Adrar des Iforas. Tout le monde reconnaît qu'elle sait jouer de l'imzad."
Vidéos : le blog IMZAD
Dida Badi
L’Imzad n’est pas seulement une musique mais une symbolique
Imzad de Dida Badi : Un chef-d’œuvre
L’auteur a pris soin, en bon pédagogue, de situer d’abord son sujet et de permettre aux lecteurs de mieux comprendre son contexte naturel, historique et sociologique. C’est l’objet du premier chapitre consacré au « contexte et aire de diffusion de la musique de l’imzad ». On y apprend une foule de choses sur les populations de ces régions, depuis les grandes évolutions historiques jusqu’aux structures des tentes qui renseignent autant sur les modes de vie que les relations sociales et la maîtrise des techniques artisanales ou autres. Les coutumes sont présentées de manière synthétique, accompagnées des explications ou hypothèses les concernant. Une fois planté son décor et emmené son lecteur dans ses différents recoins, Dida Badi lui propose alors de découvrir « l’imzad dans la mythologie touarègue ». Là, les choses deviennent passionnantes. L’imzad, qui désigne à la fois l’instrument et le genre musical, est en effet un autre univers dans le grand univers saharien. Composition et fabrication des instruments, significations de son utilisation, cadres traditionnels et circonstances, répartition des rôles selon les sexes, les âges ou les lieux, légendes rattachées, l’imzad comme « registre de l’esthétique » et « interprète des sentiments », l’essentiel est passé en revue aux limites de l’extraordinaire. Ainsi, ce passage sur le « jeu de l’imzad » et la position de l’instrumentiste qui est résumée par l’adage : « Imzad ne as amedray ennit, iwar afud iyyen essumigh as wa hedhen » (l’imzad, c’est moi qui suis son frère, il repose sur un genou et moi sur l’autre). Le troisième chapitre, qui occupe environ la moitié de l’ouvrage, porte sur le répertoire de l’imzad et comporte une anthologie de textes donnés en version originale et traduits en français, accompagnés pour certains de partitions musicales. Les registres poétiques, ils font large place à l’amour et aux sentiments que les épreuves de la vie génèrent. Ainsi ce 12e poème : « Aujourd’hui, mon cœur est tel un incendie, tu peux y mettre une bouilloire à bouillir, tu peux y fondre des bracelets en argent.»
Article paru dans el Wattan (extrait)
amzad le viomon
Hdama - Koulen et Habibi
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Inscrit désormais parmi les trésors du patrimoine immatériel mondial, l’imzad continue de susciter l’intérêt, autant en Algérie qu’à l’étranger, où les initiatives pour sa sauvegarde et sa promotion se sont multipliées sous diverses formes et ampleurs.
BENDIR
ALGÉRIE : Farid Belkadi
Azal Belkadi chante avec Jean Philippe Rykiel
envoyé par Kahina75. - Regardez d'autres vidéos de musique.
Lui « qui ne trouve pas normal qu’on n’ait pas un moyen
d’expression » en a trouvé, en plus de la peinture,
plusieurs autres pour canaliser son énergie créative. Parmi elles,
la sculpture, le théâtre ou encore la musique. Il collabore souvent
avec Jean-Philippe Rykiel, qui a travaillé avec de grands artistes
africains comme le Sénégalais Youssou N’Dour. Il joue aussi du
bendir, un instrument algérien dont la pratique se perd et qu’il
essaie de faire revivre. Farid Belkadi est indéniablement un gardien
des traditions dont la seule arme contre le temps est l’Art dans
tous ses états.
extrait de l'article AFRIKA.COM
http://www.afrik.com/article10822.html
24-04-09
Aman iman : l'Eau c'est la Vie ... ou la Mort
puits à sec (photo A. Tambo)
Au centre de la terre, des puits et des hommes Fofomag
Poésie targui
'Akal n'iba' ( Terre à perte de vue)
A perte de vue se dessine la ligne de l'horizon / dans ses grandes plaines qui forment le Sahara. / A perte de vue la caravane perce le mystère / qui fait peur aux initiés de cette atmosphère. / A perte de vue les nomades errent dans ces terres / hostiles et tristes comme la mort au premier abord. / A perte de vue dans le lointain infini le vent ramène / le temps dans le giron des collines agrémentées / des dunes aux grains de sable fin.
A perte de vue les branches d'un acacia aux épines / dorées comme les pointes des épées des guerriers / qui luisent au soleil et s'imposent à la vue de tous / Les voyageurs même aux gerboises qui jouent avec / les crottes des brebis.
A perte de vue le temps n'existe plus, / rien que le mystère de l'oubli. / Chante l'hymne endormi depuis la nuit, perdu / dans le mirage qui fait office de mers englouties.
A perte de vue s'élèvent les tourbillons au ciel / comme si le message était parti des terres hostiles / vers les cieux où tous les regards attendent une pluie / qui donnerait vie à toute une flore et faune endormie.
A perte de vue le temps chevauche le vent vers / les cimes des horizons qui bercent l'espoir d'un jour meilleur. / A perte de vue la soif et la faim ouvrent leurs portes / à de nouvelles recrues qui ont signé leur arrêt de mort.
A perte de vue le temps s'écoule englouti par les ténèbres / de la nuit qui sont toutes les mêmes. / A perte de vue l'homme néolithique a tracé sa route / face à l'océan sans limite. 'Akal n'iba' se situe / entre deux mondes celui d'hier et celui de demain.
Aucun des deux n'est certain, l'un est passé et l'autre nous attend.
Souléoum Diagho
Poète touareg malien arttwareg
"Les Touaregs face aux sécheresses et aux famines" par Gerd Spittler
"Faire connaître le peuple touareg"
fleuve Niger à Niamey photo A. Tambo
Caravane de la soif : Hawad
Sécheresse
J'ai brûlé ma tente / Sécheresse et pluie de rats / et tornade de sauterelles / n'ont pas laissé un grain-fil / dans mes greniers
Mes chèvres / je les confie au vautour borgne / Mes écrits / je les abandonne au hibou déplumé / autour duquel processionne / la chienne boiteuse tachetée / Ma raison / je la lègue à mon âne bossu / seul survivant de ma tribu
Après la fête des hyènes / peu m'importe le squelette / avec qui je partagerai la natte de poussière / dans les entrailles de la tombe
J'ignore jusqu'à quel puits / me talonneront les brûlures / Je me fous des corbeaux / qui danseront sur mon foie
Je suis ivre de délire / Les cordes qui relient ma mémoire / à son passé / sont tranchées / Les douleurs me précipitent / vers les falaises de la solitude / où les chauves-souris fêtent le deuil / des veuves
Je tournoie dans le filet des araignées / tisseuses du temps / Mon cri déchire le voile / des ténèbres de peur / Mes esprits brûlent aux flammes de la folie / Mon âme voyage sur les étincelles / vent de la flûte rompue / tonnerre de la transe / et chaînes brisées / étoiles jaillissantes / éclair foudre
Lac de lait / une brèche s'ouvre / trajet mousseux de voie lactée / Ailes du sommeil / balançoire du mirage
Levant (extrait
Au puits / sur la margelle / la fourche implorante supplie / le vide / A travers le désert / l'animal titube depuis des millénaires / dévidant un fil / du levant au couchant / du couchant au levant
La corde nourricière glisse / dans les gorges de la poulie / qui geint et épouse les pleurs de la pierre / dans les nuages vacarmes du monde assoiffé / le boeuf porteur / inlassable : recrée le mouvement / de l'archet cosmique
Le disque solaire s'est incrusté / entre les cornes / d'où jaillit la lave de l'aurore / dans le miroir de la nuit
De nouveau la puisette glisse / le long des parois abruptes du puits / vers la nappe fraîche / où elle se gorgera d'une nouvelle sève / évaporée demain à son tour / dans le gouffre du crépuscule
O percussions de l'infini / répétées par les tambours du coeurs
Kouré : autour du puits
Pas d'amour (extrait)
O désert, la mort te séduit
Le temps s'enroule / en un seul pas / infini / Le soleil trébuche / dans l'oubli
Les ombres jaillissent / des crêtes des dunes / soudain silhouettes d'inquiétude / La caravane vagabonde / sur la musique du vide
Pas une tige / pour suspendre le regard / seules les notes du vent / qui rident les tempes du sable / où bat l'éclair-destin / Seule l'oeillade d'une étoile / éblouie / dans les premiers rayons du jour
Gémissements confondus / chameaux et voyageurs / bourdon / sous les vibrations des cigales / brûlures
La brise allonge le pas / comme les pélérins atones / exaltés par les tourbillons de l'égarement
Un vouageur crie / Où est la fourche du puits ? / Nous avons dépassé / depuis l'éclosion de l'oeuf de la vie / des siècles de siècles / d'aridité / au galop des rêves / En coulant ces pas / avons-nous enterré Orion ?
Planté en tête, le guide / ivre, extasié / par le reflet débordant / des ondes écumes poussières / bruissement de la flûte / retour au campement de l'aimée
Le guide sourd chante / O compagnons d'errance / Suivons les courants / La délivrance est au-delà des mers / où se jette le torrent de nos souffles / A peine étanchée la soif s'enflamme / L'arrivée est le moment d'un autre départ / L'existence quand elle existe seulement s'anéantit
Cette marche vers le puits n'est pas le terme de notre soif
Ici naîtra une autre soif / qui cherchera le chemin des sources / où elle déposera sa soif
terre maternelle : aquarelle A. Tambo
Testament nomade : Hawad
La complainte de l'oubli (extrait)
Chaleur tripe fondue / calme patience de la pierre / ils ont pasé une journé entière / accroupis / autour du puits / mais aucune larme n'a goutté / pas une seule gouttelette / pour mouiller le palais / d'un oisillon froissé / Le ruisseau qui courait / dans les entrailles de la terre / lézard qui caresse les paupières / du sable / a changé de parcours / ou bien s'st dissipé / aspiré par la boue séchée / dans les gerçures du néant / Absence grise / blessure béante / Au crépuscule / une vieille femme droite / comme les rênes de l'éternité / se dresse parmi la foule / et se campe sur la margelle du puits / Enfants mes enfants / revenons à nos abris / Laissons venir la nuit / elle seule apportera réponse / à nos gémissements / Et la foule dégingandée / épuisée tourne le dos / au puits / pieds raclant la poussière / Et les enfants se collent / sur la hanche des mères / chauves-souris suçant des seins / fanés et stériles / A nouveau recroquevillés / sur leurs talons / figés hébètés ils n'osent / bouger ni s'écarter de la tache / où l'ombre s'est couchée / Des yeux seulement / tendus vers le ciel / ruines guettant les nuages migrants / du Golfe de Guinée / outres gonflées d'eau / lancées à la recherche d'un refuge / vapeurs incertaines qui psalmodient / au-dessus des champs de rocailles / et de touffes roussies
oued teloua :arrivée de la pluie (août 2009) photo A. Tambo
"Je suis né avec du sable dans les yeux"
"Le soleil épingle nos ombres sur le sable et son bouclier dévore le ciel entier. Afin d'économiser leurs mouements, nos chameaux avancent lentement. Les lèvres entr'ouvertes, je déglutis l'air à travers l'épaiseur de mon voile. Je dois m'habituer à cette chaleur qui dessèche ma bouche et scarifie ma peau. je doix à tout pris oublier mes paupières enflammées, la peau de mes cuisses irritées. Je dois gommer de mon esprit toute passion. Seules doivent me guider les oreilles laiteuses de mon chameau. J'ai soif, encore soif, toujours soif.
"L'homme qui boit à la cruche ne sera jamais un bon guide"
Sans cesse me revient en mémoire le proverbe que ma mère me faisait répéter. Il m'obsède et m'irite. Dans combien de temps arriverons-nous au puits que mon père a prévu à la tombée du jour ?
Mes pensées devienent cotonneuses. Seules les stires que le vent a laissées sur les franges des dunes servent de repères. Elles se croisent, s'entrecroisent, ondulent. Où mènent-elles ? Nulle part.
Mon père se retourne et m'adresse un regard.
- "Surtout, ne t'endords pas !"
Je me redresse sur ma selle. Je ne veux pas qu'il remarque ma fatigue. Je suis Mano Dayak".
*******
- "Les Touaregs ne doivent pas êtres dupes des mirages, me dit alors mon père. Sur une terre où tout est à gagner, l'illusion n'a pas sa place. Seule compte la pensée lucide car elle exige l'oubli de soi et la prudence. Bois une nouvelle gorgée d'eau et remontons en selle. Il nous rest un long chemin à faire."
Mano Dayak (1996)
aquarelle A. Tambo
L'eau : Vie, Mort et Désolation
Après la joie des premières pluies... (septembre 2009)
7 morts et plus de 57.000 sinistrés dans des inondations au Niger
"Au moins sept personnes sont mortes et plus de 57.000 autres sont sinistrées au Niger à la suite de fortes pluies tombées depuis juillet, a-t-on appris mardi de source officielle. “Au 20 septembre, 7 personnes sont mortes et 57.117 sont sinistrées dans tout le pays”, a précisé Hamani Harouna, responsable du Système d’alerte précoce et de gestion des catastrophes (SAP, gouvernemental). Fin août, les médias publics nigériens avaient fait état d’une dizaine de morts, soit dans l’effondrement de leurs maisons soit dans des accidents provoqués par la pluie. Selon M. Harouna, le bilan de sept morts de mardi tient uniquement compte des décès directement liés aux inondations.
Plus de 3.233 maisons se sont effondrées ou ont été inondées, tandis que les pluies ont détruit 985 champs et un nombre important de greniers à céréales et de rizières, précise le responsable du SAP. Fait inhabituel, le nord du pays, plus habitué à la sécheresse sahélienne, a également été touché par les inondations qui y ont provoqué d’importants dégâts matériels" (extrait)
déluge à Agadez : 02/09/2009
"Suite aux inondations, la ville d'Agadez a vécu une mauvaise nuit. Maisons , personne, biens, sont emportés par les eaux en furie extrême. Ce n'est tard après que l'autorité est sortie pour faire un bilan qui cache beaucoup de crainte. Quand il faut parler de "trois morts" on se moque vraiment de ceux qui vous écoutent. La vie humaine est sacrée et il faut avoir le courage de le dire car les disparus qu'on peut considérer comme morts sont nombreux.
Notre espoir peut être des organismes internationaux comme l'Unicef la Croix Rouge Internationale et d'autres vont rapporter fidèlement ce qui s'est passé et que la communauté internationale se mobilise en conséquence.
Pour le moment on observe la mise en place de comités très voraces qui utilisent la situation pour s'enrichir".
par SMS d'Agadez.
"bon voyage"
"hier des officiels sont venus quelques instants a Agadez et on a pu voir quelques images a la télé.je ne sais pa sles dispositions qu'ils vont prendre mais ce qui est certain ça ne sera pas grand chose...il faudrait surtout tirer les gens de la où ils sont et nettoyer avant les maladies...
a Tchirozerine les jardins sont emportés par l'eau"
Par mail, d'Agadez
oued Telhoua
"Une veuve de la commune d’Agadez a dit à IRIN qu’à cause des inondations, elle se retrouvait dans la détresse avec ses huit enfants. « Nous n’avions que cette maison, que mon mari nous avait laissée », a déclaré Aminatou Malam. « Et maintenant, elle a disparu, tout comme notre nourriture, nos bêtes. Où pouvons-nous aller ? »
A Tchirozérene, une commune voisine, plus de 70 maisons et une école ont été totalement détruites, d’après l’évaluation préliminaire"
FaceBook : Aidez Agadez
après le déluge.
"Chers amis,
Juste pour vous annoncer que nous avons eu une forte pluie le mardi 1er septembre (50 mm). La pluie en tant que telle n'a pas occationné des dégats ici à Agadez, les eau des écoulement du cori Telwa qui prend sa source près de Aoudéras, Abardeck etc en passant par Dabaga a causé d'énormes dégat à Agadez.
En effet des fortes pluies qu'il y a eu vers Dabaga, Azzel, vers Abardeck etc. ont fait que le cori s'est rempli demesurement et a débordé , ce débordement s'est dirigé (d'habitide il deborde un peu, mais est contenu par une petit cour d'eau qui traverse la ville ) vers Agadez en passant par Alarcès (4 km au Nord d'Agadez) au cours il ballaye tout.
Le bilan provisoir est lourd :
1. A Agadez, on fait état de trois personnes emportées par l'eau (mais d'autres disent les personnes emporté avoisine la dizaine), plusieurs maison fondu sous ont estimes à 3500 familles dont les maisons ont été detruites par l'eau. D'autres on pu sauver quelques matériels, mais beaucoup ont tout perdu.
2. A Azzel, on ne déploire aucune perte en vie humaine, mais aussi beaucoup des dégats au niveau des jardins et des maisons.
3. A Dabaga, aussi beaucoup des dégats surtout au niveau des jardins
4. A Abardeck également beaucoup des dégats dans les jardins.
Jusque là les autorités n'ont rien fait pour venir en aide aux sinistrés, les personnes se sont réfugiées dans des écoles ou chez des parents.
Je vous enverrai plus tards des photos.
Je vous tiens informés de l'évolution de la situations"
"ici la croix rouge fait une ditrubition de tentes et de nourriture mais il y'a un enorme cafouillage dans tout ca"
par mail d'gadez le 14/09/009.
Ousmane Kato : Facebook.
Toudou
Agadez, septembre 2009
photos A. Tambo
Autres photos de la catastrophe : Facebook photos de Assam Midal
FaceBook : aide internationale
L'eau et la vie : vidéos, documentaires
awzaa , Mali, Myspace
TF1 : juillet 2005 (JT)
25-04-09
Touaregs : questions ouvertes...
pressentiment : aquarelle A.Tambo
Réalité tangible ou fonds de commerce douteux ?
Moustapha Dahi (04/08/2009)
"Beaucoup de mes frères et amis Touarègues parlent avec fierté de la notion de Targuité, ce qui peut se comprendre du reste, connaissant ce grand peuple du désert avec sa générosité proverbiale et son hospitalité légendaire.
Mais il y a quand même un certain malaise à évoquer cette targuité quand on sait que la semaine dernière, lors de ce qui s’est passé à Kidal, s’était la tribalité dans sa forme primaire qui s’est manifestée.
Il convient, néanmoins, à mon humble avis de reconnaitre que l’ennemi de ce peuple vient de l’intérieur. Il y a trois catégories d’élite Touaregs aujourd’hui que je classe ainsi :
Catégorie 1 : Des hommes d’affaires, des politiques et intellectuels qui ont fait ou font fortune sur la misère de ce peuple. Il y a ceux qui exploitent l’image de l’homme bleu du désert pauvre et authentique auprès des tours opérators, avec l’impression d’affirmer ceci : rester authentiques, misérables et ignorants, pour que nous puissions continuer à exploiter ce filon et nous engraisser davantage. N’allez surtout pas à l’école, sinon vous gâcherez toute l’image folklorique qu’on se fait de vous ailleurs. Ce n’est pas qu’au Mali c’est aussi le cas en Algérie et au Niger. Je trouve, pour ma part dégradant de réduire ce grand peuple à son unique dimension folklorique.
Catégorie 2 : Des vieux seigneurs de guerres qui passent leur temps à vivre dans un passé lointain, figé dans le temps, sans tenir compte des évolutions autour. Ils sont malheureusement les idoles d’une jeunesse ignorante et désœuvrée, dont le couplage mortel du chômage sur le terrain et d’un mirage d’une fortune rapide à moindre coût rend la psychologie fragile. Cette jeunesse est utilisée comme une armée enrôlable à tout moment constituant ainsi un moyen de chantage sur un pouvoir central négligeant et faible. En somme une pièce dans le puzzle d’un éventuel accord dont les dividendes bien cachés constitueraient une manne et une rente à vie. Quel gâchis ! et quel égoïsme. Nos vieux seigneurs de guerre n’ont aucun intérêt à ce que cette jeunesse se réveille, se libère, apprenne, car plus on s’instruit, plus on est en mesure de se poser des questions, d’être moins maniable, et cela tout ce qu’il faut éviter… Donc restez ignorants et miséreux pour que nous continuions à vous utiliser comme monnaie d’échange et donc nous engraisser à l’instar de la catégorie 1.
Catégorie 3 : Ce sont des hommes qui ont bien compris la valeur de l’éducation, qui militent pour l’éducation des enfants garçons et filles, qui prennent des initiatives audacieuses, participent à la construction des écoles, créent des structures d’accueil pour les enfants nomades en vue de leur scolarisation. Ils militent pour que ce peuple ait sa place dans la société en préservant ses valeurs et ses principes. Ils usent des moyens pacifiques et modernes pour contester. Ils s’impliquent dans la construction d’un ensemble divers et ouvert.
Ce sont des hommes à qui appartient l’avenir et je salue les actions et les œuvres qu’ils mènent. Ils ne sont pas toujours encouragés mais ils doivent savoir que seules leurs actions résisteront au temps.
Ils sont à l’inverse des catégories 1 et 2 . Leur slogan est ceci : Réveillez vous, étudiez, même si cela est difficile, rien n’est facile dans la vie. Usez de l’espace démocratique qui vous est offert pour faire valoir vos droits loin des armes et de désolation. A ceux-ci, je dis simplement MERCI pour les vôtres et pour l’humanité. "
Mr ASSADEK aboubacrine
Assistant au département de mathématiques et informatique
à la Faculté de Bamako
site: http://www.aboubacr ine-assadek. com/
aghamar : acrylique A.Tambo
Kofi Annan :
"Pas de développement sans sécurité,
pas de sécurité sans développement,
ni développement ni sécurité
sans respect des Droits de l'Homme"
tebizeg (folie) : aquarelle A. Tambo
IMBROGLIO
Les jours passent / Les braves trépassent / La résistance s'effiloche / Et dans mon coeur / Le désenchantement / Va de sa pioche / Dans chaque vallée / Sur chaque colline / Chacun crie sa trbu / Et revendique déjà / Son lopin de terre / Celui-là dénonce son frère / Cet autre tue son père / Oh ! Frère d'EGUIGUIRE / Oh ! Compagnon de TAZIRZIT / Etait-ce les paroles prophétiques / Qui se réalisent ? / La révolution est conçue par les savants / Les braves y meurent / Et les lâches en profitent / Qu'en penses-tu RABITINE ? / INZAD trouve-t-il toujours écho / Aux oreilles de ceux de l'épée ? / Seigneur / Les charognes et les mangeurs de boue / Ont prostitué le souffle / Ils ont péché contre / Oh qu'il était grand / Jadis le souffle / Quand il fusionnait les cœurs / Dans un même brasier d'espoir / Et subitement petit et vil / Le souffle / Quand il dressait / Frères contre frères / Pour un grain de riz / Et un océan de mensonges / Oh Seigneur / Ne leur pardonnez point / Ceux-là qui ont falsifié / L'esprit du souffle / Par leurs ventres qui ne remplissent jamais / Par leurs regards qui percent les mystères / Par leurs bouches qui disent plus / Qu'il ne faut dire / Oui ! je les renie
Rhissa Rhossey
"Jour et Nuit, Sable et Sang" poèmes sahariens
révolution : calligraphie Lassad Metoui
A L'ABRI DE LEUR REGARD
Les étoiles peuvent pâlir / Le soleil s'éclipser / Mon âme toujours s'éclaire / De sa lumière éternelle. / Je sais qu'ils titubent encore / Dans la nuit. / Ils tâtonnent hélas / Mais leurs mains sèches / Ne caressent que des rêves morts. / Croyant meilleur leur sort / Ils ont abdiqué / Seigneur sauvez-les de la nuit / La nuit douloureuse et sans fin / Qui entrave le mouvement / Qui aveugle le regard / Qui alourdit la langue / Cette nuit oppressante / Qui nous emportera tous / Inéluctablement / Si nous ne fusionnons pas / Nos lumières éternelles / Qui palpitent secrètes / Au fond de nous / A l'abri de leur regard.
RHISSA RHOSSEY
"Jour et Nuit, Sable et Sang"
poèmes sahariens (ed Transbordeurs)
Hawad : Inventer notre avenir
"Il faut tisser une nouvelle trame à partir de nos propre fibres, les vieilles fibres usées de la trame touarègue. Il faut tisser, il faut marcher de l'avant. Du moment qu'on se lève pour tisser et qu'on se met à l'œuvre, la trame est déjà tissée. C'est cela qui nous intéresse et c'est cela qu'exige le peuple touareg aujourd'hui.
Tourne-tête, le pays déchiqueté
HAWAD (extrait)
Compagnons, / Écoutez / et vous allez entendre. / Apprenez / ce qui est amer / et nous est arrivé./ Vous ne le soignerez pas /à moins de m’écouter.
Une seule croyance, / un seul but, / l’organisation en une seule main. / La potence, une seule. / Vous y êtes suspendus / et vos frères y sont suspendus aussi / Seule l’unité la brisera.
Âmes usées, / Tant de vauriens! / Âmes usées, / Celui qui s’en soucie / n’a qu’à mener une lutte / comme celle de Kaocen / qui a combattu partout / où il y a des villes.
Compagnons, / Que me dites-vous? / Moi, mon cœur me brûle. /Je ne m’attarderai pas
Dès à présent je partirai là où il se passe quelque chose de beau. / Feu-faille! / Brûlé! / Voila le mot de passe. / Nous allons nous soulever / et œuvrer pour notre pays / où nos tentes sont détruites.
Quand je me suis levé / j’ai fait la grimace / et j’ai marché tout droit au-delà des tentes / qui m’ont effrayé.
Je me suis mis en quête / de la connaissance. / Et quand j’aurais appris, / je m’en retournerai.
/ Le pays est déjà construit, / puisque vous êtes partis / et avez dépassé la « région » / où vous êtes nés.
Issouf Ag Maha "Touareg du XXIème siècle"
"Le cri d'alarme, l'appel à la communauté internationale, le recours à l'aide vont-ils être des compagnons de notre existence? Quand va-t-on sortir de cet engrenage infernal qui nous maintient en peuple assisté? Comment pourrons-nous sécuriser nos populations et permettre à tous en ce XXIème siècle de mener une vie décente? Voilà les questions que chacun se pose au plus profond de soi".
Au fil des réponses...
"bonjour
Merci pour le message , oui tout a fait la culture Twareg est si vaste quelle merite pas d'etre representer des soi disent associations qui mendient en europe au nom des twaregs ...je suis parfait ement d'accord avec vous sur le fait que les twaregs peuvent se prendres en charges je pense ceux qui sont cesser relever cette cultures elle est devenu pour eux un moyens des ce faire des sou et ce dommage ......
je crois vous avez evoquer une realite des choses qu'il faut denoncer ......
oui avec peux de moyens on peux faire beaucoup choses et la tete haute
un proverbe twareg dit "Quand tu voyages prend deux sacs un pour recevoir l'autre pour donner "
ce une tres bonne idee de collectionner ces textes je ne serais jamais contre .....
la culture fais l'homme alors je ne suis rien sans ma culture
je aussi certains documents que amies mon offert qui peuvent aussi etre inetressant
midal tanimert"
Kouré : brousse Sud-niger
(...) "j'ai lu le texte et je voudrai bien etre du dernier groupe mais c'est pas facile... Le besoin d'argent pour vivre soit meme et l'environnement reel trahissent les rebonds profonds de nos coeurs"
mail reçu de tchiro, le13/08/09
« Nous sommes la mémoire et le rêve »
« Nous sommes la branche et la racine
du temps »
« Et nous savons
faire oublier à l’homme
le chagrin de ses pertes ».
HAWAD (art twareg)
albums photos Assam Midal
Re : Poésies et chants Touaregs de l’Ayr
bonjour
excuse mon retard pour la reponse a ton magnifique message
je crois tu racontes bien la realite des twaregs
Tu as tout a fais raison c'est une nouvelle vague des twaregs et leurs associations qui cherchent a se faires des sous au nom des autres ...ce dommage oui beaucoup des touristes avec qui je sors me parlent des ces associations qui donnent tres mauvaises images aux twaregs ...alors que nous sommes plus connus pour notre grande cultures pas pour mandier ...
ya teleument des associations que je penses a elles seule peuvent faire beaucoup des choses pour les twaregs malheuresement .........
bon que faire ceux qui sont censer faire quelques pour eux se transforme en mendian ...
Ton jugement est positif et tu droit de porter un jugement parce que tu veux du bien aux twaregs . Je me pose toujours ses questions ....et plein des gens(touristes pour la plutard et sur le net aussi ).. me poses des quetions sur telles comportement ....
tot ou tard ils se rendrons comptent de leurs eurreurs j'espere. bon je pense pas que sa seras facile pour eux comme ya du gain facile
Je regarder ton blog ce magnifique et interessant ..ce pour moi un reel plaisir de contrubier a ton blog ce pour mon bien et tout les twaregs je penses "
"un peuple sans culture c'est comme un homme sans paroles"
tanimert pour ton message je crois on a la meme vision des choses
"AFOUSS IYA WAR ISSIRED IMANET "
pour la traduction
"Une seule main ne se lave pas "
har assaghat
a midal
album photos Assam Midal
Neuf ans que Mano s’en est allé avec le vent du soir, / Neuf ans que les djenouns l’ont emporté loin de nos yeux/ Sans un cri , sans un juron, sans fleurs ni couronne / il s’en est allé armé seulement de son habituel sourire / la main sur le coeur, prompt à aider pour la paix, / Mano s’en est allé le corps broyé par des serres d’acier, / Il dort depuis dans le giron du désert, / laissant les kel tamajak, phoques étourdis entre les tétons des dunes

Ibrahim Manzo Diallo
Mano Dayak s’en est allé
Sur notre ciel, les étoiles-reines se sont éteintes / Les rides qui balisaient les secrets du désert se sont effacées / Se sont tus les chants mythiques des caravaniers tirant la longe de la targuité / les campements éventrés et les oueds ronronnent des motopompes, / Regarde ô sœur ces quiètes oasis d’antan parcellées par des barbelés, / Où ne blatère ni l’Amali en rut , ni l’awara demandeur, / Entends ô frère les lugubres chants des choucas qui thésaurisent / Et tu sauras que l’appétit du gain viole l’intimité de nos cœurs endeuillés
Hommage à Mano Dayak
Quinze ans
que Mano s’en est allé avec le vent du soir,
Quinze ans que
les djenouns l’ont emporté loin de nos yeux
Sans un cri ,
sans un juron, sans fleurs ni couronne
il s’en est allé
armé seulement de son habituel sourire
la main sur le cœur,
prompt à aider pour la paix,
Mano s’en est allé le corps
broyé par des serres d’acier,
Il dort depuis dans le giron
du désert,
laissant les kel tamajak, phoques étourdis entre
les tétons des dunes
Mano Dayak s’en est allé
Sur
notre ciel, les étoiles-reines se sont éteintes
Les rides
qui balisaient les secrets du désert se sont effacées
Se
sont tus les chants mythiques des caravaniers tirant la longe de la
targuité
Repose en Paix...un Père...un Frère...un Ami...
Sid Ahmed-Jérôme Ag Mossa-Vernhet
Confidences d'un ami, amoureux du désert...
(extraits)
"Le Monde de l'humain, avec un petit "h" est ainsi fait. Les Touaregs ont survécu dans le désert grâce à leur faculté d'adaptation . Par nécessité, il se sont forgés et adaptés à notre concept judéo-chrétien.
C'est ainsi , point barre !!! Nous ne les changerons pas, d'autant plus qu'ils voient ce dont on est capable à travers la mondialisation et ses nouvelles technologies.
Sans vouloir généraliser, force est de constater que certaines des gentilles brebis sont égarées dans le troupeau de l'égo et des poches profondes .
Effectivement, il y en a comme partout, mais pas plus, qui mériteraient toute notre naïveté .
Si vous avez lu Mme Bâ , rappelez vous ce que dit le pharmacien Niane :
"La France a honte alors nous nous nourrissons de sa honte, comme d'habitude.
Voilà ce que nous sommes : un continent de mangeurs de honte."
Le livre se termine à Tessalit (Mali)
Une autre vérité aussi dans ce bouquin que je relis de temps en temps pour me remettre la tête sur les épaules :
"Rien ne fleurit mieux sur le sable que le mensonge."
ou alors
"L'armée des humanitaires, les compatissants professionnels."
Mais quand on regarde bien la réalité ?
"Ce peuple est toujours dans la fuite, le contournement la lâcheté,
rarement, le Touareg affrontera de face son adversaire y compris verbalement."
Je crois que l'heure a sonné pour passer à autre chose, c'est pourquoi, le minéral, ne m'a jamais autant attiré . Ce que j'aime par dessus tout, c'est le désert :
"car lui, est le seul révélateur de la petitesse de l'être humain .
Il le place à son juste niveau : RIEN !"
.
Quoiqu'on fasse, nous sommes d'un autre Monde qu'ils envient et idéalisent .
Rien à faire, cela fausse d'entrée les relations que naïvement ou sentimentalement nous pouvons avoir .
"Eux et nous, sommes victimes d'une littérature qui a toujours entretenu un émerveillement
et qui nous a sans doute empêché d'ouvrir les yeux dans ce foutu vent de sable."
Je pense qu'en définitive , ils sont plus à plaindre qu'à blâmer et comme l'a si bien dit Martin Luther King :
"Il vient un temps où le silence est trahison".
Ces longues périodes passées parmi eux, m'ont permis de jauger la réalité et d'avoir un tout autre regard notamment sur la visibilité et la qualité des stratégies de séduction déployées envers les ONG, les assos et les éventuels lambdas qui représentent potentiellement la principale source d'argent facile".
C'est incroyablement bien ficelé et vicieux . L'arme est bien réglée et imparable . Ces dossiers de projets, au départ très collectifs, (sauf si on gratte un peu), irréprochables et bien tapés à l'ordinateur que l'on peut se procurer auprès de certains "intellectuels" , pour une modique somme de 5000 FCFA, tout petit ou grand fûté, peut s'en procurer un, de façon à être prêt à bondir sur le 1er occidental de passage .
C'est vrai que la belle image des affiches et de la littérature exotiques en prend un sacré coup derrière les oreilles .
Enfin c'est ainsi .
A chacun ses méthodes, nous aussi, sans culpabiliser, nous sommes très criticables .
C'est bien nous qui avons contribué à développer ces comportements.
Le minéral... lui seul, n'est jamais décevant. .
"Le désert aime le silence, les silences, la sagesse" (T.Monod) .
J'écris cela parce que je suis balancé entre le silence et la colère , sachant que la colère ne peut aboutir à rien" .
massif de l'Aïr
Dans ce récit, Shindouk, chef de Tribue de la Communauté Ouladnagim au Mali, nous décrit son voyage en Europe pour participer au Sommet sur la Société de l'Information à Genève (2003).
pour mieux visiter ce site, cliquez sur le lien Shindouk (version PDF)
HOMMAGE A L'ECOLE-MISSION DE TCHIROZ2RINE
Par un jeune Touareg, étudiant en Droit à Niamey
"Tout à commencer un matin du mois d'octobre 1993, lorsqu'un cousin de mon père se présenta chez moi très tôt le matin avec, comme mandat spécial, celui de me conduire à l'école mission aux fins de pouvoir m'y inscrire. Mon noble père, dont j'implore Dieu afin qu'il puisse guider mes pas sur ses traces, ne peut, au vu de ses prestigieuses occupations, se donner à un tel acte, à la limite fatidique. L'immense honneur et le grand bonheur me reviennent ce jour-ci d'intégrer un milieu tant souhaité et envié.
Alors qu'il faut avoir , comme condition préalable d'inscription, l'âge de 7 ans révolus, je n'avais à l'époque que 6 ans et en sus je suis de nature chétif et rabougri. Le débat fut ouvert entre le cousin du vieux et ma chère mère qui souleva tout à coup cette question « in limine litis ». Cela créa en moi un sentiment de frustration, d'angoisse et de tristesse car j'ai pu en saisir la portée et craignant fort de n'être pas inscrit. Mais le doute fut dissipé par l'intervention de ma grand mère.
Après quelques heures de marche, un nouveau paysage se dessine à l' horizon : c'est les bâtiments de la prestigieuse école mission catholique de Tchirozérine, où toute l'élite touarègue a été instruite. Nous nous dirigeâmes vers le bureau du directeur,un homme d'une dignité exceptionnelle et qui incarne l'honnêteté et le respect. Après des longues salutations, le cousin de mon père lui fait état du motif de sa visite et me présenta au directeur, qui d'ailleurs connait très très bien la famille. Il prend son registre et y inscrit mon nom puis me fait signe de rejoindre la classe où étaient présents quelques nouveaux. C'est le début d'une longue histoire jalonnée d'inoubliables souvenirs.
Après cet acte quelque peu solennel, mon accompagnateur (que je ne saurais jamais oublié) rebroussa chemin sans moi, me laissant du coup, dans un sentiment d'abandon corrhoboré d'une profonde tristesse.
A midi, un homme fit irruption dans la classe et nous demanda de le suivre pour qu'il nous montre notre nouvelle demeure. L'internat, un bâtiment jouxtant les classes de CM. Le surveillant nous montra alors le dortoir, les toilettes,l e réfectoire, un grand hangar, où le premier repas devrait être pris. Un système existe déjà, celui des équipes de quatre élèves qui se partagent un plat. La chance m'a souri d'intégrer une équipe dont le chef est un jeune de mon village. Le menu du jour est simple,des grains du sorgho assaisonnés de poisson.
Après le déjeuner, sous la diligence du surveillant, nous formions un rang aux fins de ladistribution des nattes et des couvertures : une natte et une couverture pour chaque nouvel élève.
Le soir, le surveillant nous a fait un briefing sur les règles à observer relativement à l'académique et au social. Tel fut mon premier jour à l'école mission et qui restera longtemps gravé dans ma mémoire en vertu de la sagesse selon laquelle: ".....quand quelqu'un te fait du bien écrit le sur les roches afin que le vent ne puisse l'effacer".
Issus tous des familles non moins défavorisées, les élèves sont logés et nourris par la mission Catholique. Du crayon à écrire jusqu'à l'habillement presque tout est fourni gracieusement par la mission et ses partenaires.
J'en ai pleinement bénéficié durant les six très bonnes années de mon séjour à l'internat. J'ai effectué mes études primaires avec brio car je faisais toujours partie des trois premiers de ma classe. A l école mission la formation a été et reste de qualité et pour preuve j en voulais les compétitions entre écoles où le record a été toujours battu par cette école. La lecture est obligatoire à partir de CE1, tous les mercredis après midi. Les notions de grève et de perturbations de tout genre étaient inconnues. Chaque année les programmes étaient achevés dans les délais requis. Et j'avoue que c'est sans conteste cette formation de base qui nous poursuit et fait de nous ce que nous sommes aujourd'hui.
Au collège de Tchiro, l'on identifie les élevés de la mission par la différence qu'ils savent créer compte tenu de leur niveau hautement élevé. Au terme de quatre ans d'enseignement secondaire sanctionnés par un brevet de fin du premier cycle,j'ai été orienté au lycée Tegama d'Agadez où l'on va concrétiser son rêve. Au bout de trois ans, j'ai été reçu à l' examen du baccalauréat série littéraire, ce qui m'a permis de m'inscrire dans une faculté de Droit,ce dont j'ai toujours rêvé.
Inscrit à l université de Niamey, je continue de bénéficier de l'assistance de quelques associations humanitaires et d un père de la mission catholique de Niamey. Cette assistance m'a beaucoup apporté car j'ai toujours été le major de ma promotion à la fac. Je m' en réjouis très profondément et les mots sont insuffisants pour leur témoigner de ma profonde reconnaissance et gratitude. Je suis au terme du second cycle et je me bats pour trouver les moyens de poursuivre mes études pour un 3ème cycle en Droit. L'ambition m'habite quotidiennement :
"Il faut faire ce que l'on veut et vouloir ce que lon fait"
Message reçu par mail de Niamey, le 04/11/2009
"Cest vrai je n'ai pas un accés facile à internet car le coût est un peu élevé. C'est pourquoi je suis obligé d' utiliser mon téléphone portable pour surfer sur internet car c'est désormais possible avec notre opérateur de téléphonie mobile "
Ce témoignage m'a été adressé car l'auteur, qui souhaite garder l'anonymat, pense et m'a fait savoir que j'avais un regard trop sévère et injuste envers les associations humanitaires, sujet sur lequel nous avons échangé des mails privés. Je lui ai proposé d'exprimer son désaccord sous la forme qu'il souhaiterait et de publier, sans retouches aucune, son témoignage.
A sa demande, car il veut honorer ceux qui l'ont soutenu, je n'ai rectifié que les erreurs de ponctuation et fautes inévitables qui nous échappent lorsque l'on doit transmettre en transcrivant sur un téléphone portable.
Je publie ce témoignage avec reconnaissance et émotion, car je sais, et beaucoup d'entre nous savent, le coût financier que cela représente pour lui qui lutte chaque jour pour poursuivre son cursus universitaire.
Honneur à vous, mon ami
Rien que des profiteurs ????
Voir le débat sur Forum Agadez-Niger
NIGER/TOUAREGS : Racisme et Esclavage
Sujets tabous - Mots et réalité(s)
Mazrech fut une esclave pendant près de 30 ans de sa vie.Elle servait un maître et sa famille dans la région d’Inates au Niger.Les parents de Mazrech étaient esclaves, les parents de ses parents aussi, ses ancêtres étaient des esclaves, ainsi que ses enfants jusqu’au jour où elle décida de s’enfuir et briser les chaînes de l’esclavage familial;
Source : Christophe Chatelôt
Esclavage touareg
ESCLAVES ET AFFRANCHIS : de l'étrangeté à l'intégration culturelle
Touaregs : Apprivoiser le désert
Hélène Claudot-Hawad p 36-37
"Aux hommes libres s'opposent les esclaves enlevés au cours des guerres et agrégés aux tribus. La plupart ont pour origine les mondes lointains de la savane qui n'entretenaient aucun lien avec les Touaregs. Les esclaves ne pouvaient être pris ni chez les voisins musulmans, ni dans les protectorats païens.
Ils étaient destinés aux travaux domestiques et au gardiennage des troupeaux. En nombre très restreint dans le nord du pays touareg où les ressources naturelles peu abondantes interdisaient la concentration humaine, leur densité numérique était forte dans le sud où l'accroissement du gros bétail et la culture du mil et du sorgho exigeaient une main-d'oeuvre importante.
Par divers mécanismes, les personnes de statut servile étaient, en deux ou plusieurs générations, converties en hommes libres.
Les esclaves qui avaient acquis la langue, la culture et les valeurs touarègues devaient être affranchis. Pour marquer leur nouveau statut, les maîtres leur offraient cérémonieusement un voile, symbole de l'honneur, et les dotaient de moyens de survie en troupeaux et en droit sur le sol. Ils formaient alors une maison autonome et pouvaient se spécialiser dans des activités variées.
(...)
Ainsi, la fluidité de la hiérarchie sociale et le recyclage constant des étrangers et des prisonniers de guerre en hommes touaregs libres faisaient partie des mécanismes de reproduction et d'extension de cette société à dominante nomade. Ceux-ci ont probablement contribué à la pérenniser dans un environnement naturel particulièrement hostile".
Touaregs : Apprivoiser le désert (numérisée)
Légende de la photo : "Les touaregs de la même "maison", qu'ils soient d'origine libre ou servile, sont souvent liés par la parenté du lait qui instaure entre eux les mêmes comportements et les mêmes interdits matrimoniaux qu'avec les proches parents. Une fillette d'origine servile partage l'intimité d'une jeune femme noble et de son enfant, une complicité et une familiarité tissée par le partage de la vie quotidienne".
Touaregs : Apprivoiser le désert (numérisée)
Légende de la photo : "Autrefois, nous possédions de nombreux esclaves (...) Chaque mère esclave avec ses enfants avait son rôle. Celle qui prenait soin de la toilette des femmes, celle qui était chargée de la propreté et du rrangement des tentes, celle qui prenait soin des chevaux, celle qui s'occupait des méharis" (femme noble de l'Aïr). Parmi les anciens esclaves, certains se sont installés au voisinage des maîtres d'autrefois, restant au service des maisons suffisamment riches pour les employer, à l'image de ces femmes occupées à vaner et piler les céréales.
L’Esclave en continuums culturels Touaregs
Débat sur un article
Par Aramas Harum, sur la question de l’esclavage dans les sociétés Touarègues
"Voilà un sujet important, délicat qui heurte souvent les sensibilités des anciens. L’esclavage, un thème cher aux associations "humanistes" qui est aussi utilisé et manipulé par eux et certains médias pour semer la confusion sur la situation actuelle de ce fait historique au sein des sociétés touarègues."
Tamedourt, souffle de vie nomade : réactions et échanges.
"Les Touaregs ont certes pillé et razzié, mais ils ont aussi fait les guerres et faits des esclaves comme tout le monde. Ils en ont acheté d‘autres sur des marchés noirs. Ils ont pratiqué l’esclavage comme des autres. Mais, que ceux qui critiquent les Touaregs sachent une chose : esclavagistes qu’ils étaient, les abus ou les sévices étaient mal vus parce qu’ils n’honoraient pas ceux qui les pratiquaient. Comme d’autres l’avaient dit, les esclaves étaient habillés, nourris et protégés par ceux-là à qui ils appartenaient et formaient une partie non négligeable de l’effectif des clans ou des tribus. La relation "Maitres-Esclaves" était basée sur le respect de la hiérarchie et celui de la protection du bien. Dans les communautés nomades, le traitement des esclaves avait un impact sur l’image du maître".
photo agadez;org
Iklans : esclaves des Touaregs
(extraits)
"Cette facette de la société traditionnelle Touarègue qui a souvent servi d´argument pour expliquer la répression engagée envers les Touaregs, reste encore aujourd´hui un point sombre pour les observateurs internationaux.
Les gouvernements du Niger et du Mali en guerre avaient trouvé là un argument de poids pour faire réagir les populations occidentales, qui se retrouvaient par là finalement fières d´avoir colonisé et tenté de raisonner dans le sang ces hommes hors du temps.
L´origine de l´esclavage chez les Touaregs réside en partie dans la très hierarchisée société Touarègue.
L´Akli comme l´Abîd en Mauritanie, est le plus bas échellon de l´organisation sociale Touarègue. Les appartenances éthniques ont bien sûr joué un grand rôle dans cette organisation... Ce sont les Noirs qui subirent ici la domination militaire des Arabes et des Berbères, délaissant leur culture pour adopter celle de leurs nouveaux conquérants.
Les Iklan doivent une totale obéissance à leurs maitres, ils gardent les troupeaux, ils assurent les travaux ménagers, l´extraction, l´empaquetage, le chargement et le portage des quilles de sel sur les dromadaires des caravanes ...
Le statut de l´esclave est pour les occidentaux très difficile à transposer et à comprendre.
À l´image de l´esclave Noir-américain, l´Akli est théoriquement privé du droit fondamental de liberté.
Si de nombreuses règles régissent le régime des iklan dans le campement, ils disposent cependant d´un statut un peu plus complexe que lors d´une simple relation dominant-dominé.
Le campement agit comme une micro- société, et la proximité jouant, les relations sont plutôt détendues entre maitres "Imouhar" ou "Imzad" (nobles et artisans) et "iklan". Les esclaves Touaregs bénéficient d´une certaine liberté, la vie nomade aidant, et les esclaves se doivent de participer à la vie sociale du campement, d´en récolter les malheurs et les bénéfices.
L´hostilité du désert rapproche également maitres et esclaves, les difficultés des uns étant indissociables des difficultés des autres. Ce n´est bien sûr pas partout le cas, mais les Iklan et les Imouhar mangent souvent à la même table, cela vient entre autre du fait que les enfants des deux castes sont élevés ensembles, sans distinction d´appartenance : a complicité est indéniable.
La relation maître-esclave chez les Touaregs est une relation complexe, un mélange de complicité et de servitude, mais aussi un respect historique de cette hiérarchie pour les deux partenaires.
Un vent de modernité souffle sur le Niger, de quoi se réjouir. Plus de 200 chefs traditionnels nigériens, des sarki, se sont récemment réunis à Niamey durant trois jours dans le cadre d'une conférence sur le travail forcé. Ils ont pris une importante décision. " Nous nous engageons à oeuvrer pour l'éradication du travail forcé et des pratiques esclavagistes conformément aux conventions de l'Organisation Internationale du Travail ", voici la déclaration solennelle de l'ACTN, l'Association des Chefs Traditionnels du Niger, qui permet d'espérer un changement dans les comportements esclavagistes encore recensés au Niger.
Esclavage au Niger
Mahamane Souleymane Cisse dit « le Che »
« Journaliste de la presse écrite nigérienne, notamment au journal Alternative, je suis également militant des droits de l’Homme. Je milite au plan national dans le Réseau des Journalistes pour les Droits de l’Homme et à travers le monde dans l’Entente Internationale des travailleurs et des peuples, Amnesty International et Reporters sans frontières. »
"Au sein de la Commission nationale des droits de l’homme du Niger, je suis le rapporteur de la commission chargée de l’élimination des discriminations ethniques, raciales, et religieuses. C’est en travaillant en tant que journaliste sur les pratiques esclavagistes que j’ai rencontré Ilguilas Weila, président de l’association Timidria, qui participait avec moi à de nombreux forums et débats consacrés au sujet de l’esclavage. Ceci nous a rapprochés l’un de l’autre, un an avant que nous ne devenions des collègues de travail dans la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Ce qui nous a encore rapprochés davantage, c’est l’attention particulière que le journal« Alternative » porte sur les violations des droits de l’homme en général. En effet, à la différence des autres journaux de la place, notre organe d’information a toujours réagi promptement aux événements relatifs à ce type de violation en envoyant un reporter sur le terrain. Connaissant l’impact des médias sur l’opinion en matière de dénonciation et d’éducation, l’Association Timidria s’est faite un allié de notre journal ainsi que du Réseau des journalistes pour les droits de l’homme au sein duquel nous sommes actifs. L’écho des articles publiés sur le plan national et international a encouragé la collaboration entre le journal Alternative et l’Association Timidria. Si pour cette association, la publication d’informations sur l’esclavage était utile, il était tout aussi utile pour le journal de détenir une source d’informations de première main sur ce sujet délicat.
Employé à l’Agence nigérienne de presse, mon collaborateur Ilguilas Weila est un homme que rien ne prédisposait à la lutte contre l’esclavage. Né en 1957 dans le village ,de Wirihamiza arrondissement de Tchintabaraden, localité nomade où les pratiques esclavagistes ont toujours cours, il a suivi un parcours scolaire normal de l’école primaire de son village jusqu’à son année de spécialisation à l’Agence France Presse, en passant par le Collège d’enseignement générale deTahoua et l’Ecole de formation en télécommunication de Niamey. Appartenant à la tribu igorane, nobles touareg de teint noir qui vivent dans l’Azaouak, il m’a confié que : « Ni moi, ni les hommes de ma tribu n’ont un problème avec l’esclavage. Dans la grande famille des touareg, nous sommes des nobles. Cependant la question de l’esclavage m’intéresse. Cela s’explique pour deux raisons principales. La première, c’est que je suis un touareg Igorane. Mon teint est naturellement noir. Dans le milieu où je suis né, il y a beaucoup de touaregs de peau claire, qui nous méprisent. La deuxième, il y a une idée très répandue depuis la colonisation française selon laquelle un touareg ne peut être qu’un « homme bleu » , un seigneur du désert, guerrier redoutable, supérieur aux touaregs noirs et même aux autres tribus noires. Ce cliché rassemble tous les touareg de peau noire sous la dénomination péjorative de « Bella ». Ce concept péjoratif veut dire aussi l’esclave. Les implications de ce concept péjoratif se mesurent dans les regards et dans les blessures psychologiques, et morales des victimes à qui on l’adresse.
Je me sens proche de tous ces hommes victimes de la couleur de leur peau. Aussi je comprends la douleur de ceux qui sont en train d’être exploités à cause de l’esclavage Je partage leur douleur et leur peine face au mépris et à la discrimination qui y est liée. Nous avions crée l’association de défense des droits de l’homme Timidria pour essayer de mettre fin à ces délits de faciès et à toutes ces violations de droits de l'homme"
Documentaires
Comment se passe la journée d’une esclave?
"Quand je me réveille le matin, je prends des outres pour aller au marigot. Avant que je ne revienne il est déjà midi, tellement c’est loin. Au marigot, je remplis les outres et les charge sur des ânes pour regagner la maison. L’eau sert à abreuver les cabris, les camelins. Ensuite je dois piler la céréale destinée à la préparation du repas du jour. Je retourne vers les 14 heures chercher de l’eau. Au retour, je dois faire la vaisselle avant d’aller me reposer. Je fais la corvée d’eau deux fois par jour. Ce sont les maîtres qui m’habillent et me procurent des soins en cas de maladie."
Washington - L'une des lauréates du prix que la secrétaire d'État, Mme Hillary Clinton, décernera le 11 mars à des femmes courageuses n'avait que douze ans lorsqu'elle a été vendue comme esclave en 1996.
« On m'a négociée comme une chèvre » pour le prix de 500 dollars, a dit Hadizatou Mani, du Niger.
Sa mère elle-même était esclave. Elle a été achetée par un homme d'une soixante d'années qui la battait, qui l'envoyait travailler de longues heures dans les champs, qui la violait et qui lui a fait trois enfants.
Bien que le Niger ait criminalisé l'esclavage en 2003, le maître d'Hadizatou Mani ne lui a pas révélé au début qu'il l'avait achetée et il a aussi tenté de convaincre les autorités du village qu'elle n'était pas esclave, mais qu'elle était l'une de ses épouses. Lorsqu'elle a finalement réussi à obtenir son « certificat de libération » en 2005 et qu'elle a épousé l'homme de son choix, son ancien maître l'a accusée de bigamie et elle a été condamnée à une peine de prison pendant six mois.
Hadizatou Mani s'est alors adressée à une association antiesclavagiste locale, Timidria, puis à l'organisation non gouvernementale Anti-Slavery International, pour porter plainte devant la Cour de justice de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Elle a accusé l'État nigérien de ne pas avoir protégé ses droits en vertu de sa loi contre l'esclavage.
L'esclavage "moderne au Niger"
enfants esclaves au Niger
"Où que l'on aille dans le vaste Niger : dans les oasis du désert, la savane sahélienne ou les faubourgs de Niamey, l'esclavage et la servitude restent une terrible réalité.
Partout, on rencontre des captifs ou des "anciens captifs", des maîtres ou des "anciens maîtres".
Un incroyable voyage de Bernard Debord au cœur de l'esclavagisme ancestral".
(texte Arte, programmé le 7 octobre 2002 à 22 h 30)
Une esclave prend soin de sa maîtresse mourante.
Bien que depuis trois ans, la vieille maîtresse de 92 ans ne se lève plus, l'esclave reste à ses côtés.
Photo : P. Poupin
Trimidria, mise en cause
Discussion, et aujourd´hui ?
Point intéressant également, les Touaregs nobles ne peuvent
pas se séparer de leurs esclaves devenus trop vieux, ils ont le devoir
de les prendre en charge de la naissance à la mort.
En revanche si un esclave fait une faute grave, il perdra définitivement toute considération et le maître aura droit de vie ou de mort sur son esclave.
.
L´akli a également le droit de demander à changer de maitre si celui-ci le maltraite !
Mais il faut compter avec la colère de ce dernier qui en général
s´arrange pour que l´akli paie ce passage en y perdant ses quelques
privilèges... en commettant par exemple une faute grave à sa place
A propos de Koudédé...
et tous les autres artistes Touaregs du Niger
Koudédé
"Au Niger tout reste à faire, et la musique ne déroge pas à cette sentence. La scène culturelle nigérienne est déstructurée, elle n’a pas de moyens, pas de repères, pas de soutien. Les «stars» nationales survivent tant bien que mal de leur art pendant que dans les marchés on vend impunément des copies pirates de leurs productions et que de pseudos producteurs étrangers s’engraissent sur leur talent"
"La promotion de la culture est d’une importance capitale pour le développement, pour l’éducation, pour l’ouverture d’esprit d’une société. La pauvreté, le manque de structures de formations de qualité sont quelques uns des problèmes qui entravent l'émergence d'une culture artistique nigérienne d'envergure internationale. Un seul centre de formation musicale existe actuellement sur Niamey et aucun pour la danse, le niveau des professeurs de musique et de danse reste limité, ce sont pour la plupart des artistes qui se sont formés "sur le tas" sans réelle connaissance des bases fondamentales qui régissent leur art. Il n'existe aujourd'hui aucun producteur artistique au Niger, les personnes qui investissent pour l'organisation des soirées culturelles ne pensent généralement qu'à leur propre profit et les artistes,même lorsqu'un contrat a été signé, sont souvent lésés de leur cachet."
A. Tambo : exposition à Agadez
Afrique
"Ce pays est il génétiquement pauvre,
ou certains ont-ils intérêt à ce qu' il soit pauvre"
enfant des rues à Niamey
Visite des lieux culturels de Niamey, sous la conduite d'Alfred Dogbé
photo Google
"Ce qu'il [mon père] ne m'avait pas dit et que j'ai découvert, c'est l'originalité de notre continent : le pire a chez nous cette capacité démoniaque d'engendrer de l'encore pire. un enfant infirme, non content de sa difformité sera vendu comme esclave. l'enfant infirme esclave sera contraint de faire la guerre. L'enfant infirme esclave sous les armes sera blessé, plus tard violé et donc atteint par le sida...
Sans aller jusque là, j'allais devoir supporter ma part de fléaux. En Afrique, le pire n'a pas de fond."
Mme Bâ : Erik Orsena p 226
04-05-09
Thé touareg : les 3 verres mythiques
photo Google
A toutes les superbes photos trouvées sur Internet, à toutes les versions stéréotypées du thé légendaire, à toute littérature, je préfère la vérité de ce mail, reçu d'un ami d'Agadez.
Vérité d'aujourd'hui, vérité vécue au quotidien... Faut-il que ces trois verres de thé soient l'une "des mille et une facettes de l'âme touarègue" pour braver les péripéties d'une connexion Internet au cyber d'Agadez, l'œil rivé sur le compteur implacable qui avale les minutes, payer le temps de connections, prohibitif pour la majorité des Nigériens.... Quand connexion il y a...
cybercafé à Agadez
Citadins par nécessité, nostalgie de la vie dans le désert... comment mieux l'exprimer ?
aquarelle A. Tambo : "les 3 verres de thé"
"Bon je vais donc allumer ce feu et poser la théière… J’arrive. 1mn.
Voilà c’est fait . j’ai eu un peu de mal avec le charbon.
Mon amie que te dire sinon que vivre est certainement le plus gros cadeau qui nous est donné. On peut voir le ciel regarder la grandeur des choses ! Faire des rencontres extraordinaires, fuir, tomber et se relever rire et pleurer ! Et tout cela gratuitement ! En ce moment je me plais beaucoup et je me sens bon vivant. Ah le repas arrive. Je te laisse, je vais manger...
photo Google (awanekkinnan)
aquarelle A. Tambo
C’est bon : du riz a la tomate. c’est le repas des gens de la ville . Pas d’aragira (mélanges de farine de mil et fromage de chèvre), pas de toguella (pain de sable), pas d’assink (pâte de mil arrosé de lait frais de chamelle). Tout ça on ne l’a plus : nous mangeons mal. Nous ne mangeons plus.
Premier verre de thé. Il est dur comme la vie. C’est comme ça qu’on dit chez nous. « dur comme la vie » : tous les jours on est confronté à la dureté de la vie. Qu’on soit malade ou bien portant la dureté de la vie se lit sur tous les visages. Sous les gratte-ciel comme sous les dunes du ténéré. Il ne faut certainement pas se laisser terrasser. Il faut lutter et remporter le défi en faisant face à toutes les épreuves quotidiennes. Quand on se laisse abattre on est vite terrassé et bientôt piétiné mais si on se relève on peut recommencer…
Bon ce deuxième verre… il vient ? Je vais réactiver un peu le feu car je dois l’aromatiser avec de l’anghnagh des tchicoumam, du tchitta, du tazaragade, et bien d‘autres plantes tirées des montagnes de l’ayir. elles sont efficaces pour le bien être.
Le deuxième (verre). « Il est doux comme l’amour » : L'Amour … Il nous prend en entier ou pas du tout. Il ne nous prévient pas .C’est lui qui nous retire des larmes c’est également lui qui nous fait chanter des poèmes à longueur de journée. C’est l’amour qui nous fait voir des couleurs qu’on ne connaissait pas. lui qui nous rend fous. C’est notre raison de vivre. ON EST FAIT POUR AIMER. on doit faire la place a l’amour. Sans se demander pourquoi ni comment. c’est fou !
Le troisième ! iis disent qu’il est comme la mort .Fade, suave.
Mais moi je ne sais pas car la mort est certainement quelque chose qui nous est donné, une chance, un repos, une issue. Je ne sais pas. Mais les morts ne sont pas morts. Ils sont là et nous sommes tous les jours avec eux."
sagesse (photo awanekkinnan)
"Ma mère a révèlé à mes soeurs les mystères et les vertus des plantes médicinales : celles qui soignent les abcès, la fièvre aphteuse, et les maux de ventre, celles qui soulagent les douleurs hépatiques, le laurier-rose qui rend fidèle le mari volage. Elle leur a enseigné les bienfaits de l'argile et de certains produits comme la graisse d'autruche, l'urine de chameau, la moelle des os d'une gazelle, le crottin de brebis et, raconte-t-on, la magie de certaines plantes abortives dont les femmes gardent jalousement le secret"
Mano Dayak "je suis né avec du sable dans les yeux"
La cérémonie du thé : Arakao
05-05-09
Poèmes touaregs du Massif de l'Aïr (Niger)
Poèmes touaregs de l'Aïr : L'APT en collaboration avec l'UNESCO
Illustrations : A. Tambo
Préface (extraits)
La poésie est le fleuron de la culture touarègue. Elle répond à des règles strictes et décline un code moral, l'Assak, dans lequel se mêlent tous les ressorts de la poésie chevaleresque : la bravoure, l'honneur, la franchise, l'amour, la beauté, la nostalgie, la solitude, le défi.
La poésie se chante ou se récite. Chanté, le poème est inféodé à un instrument de musique, l'anzad. Le chanteur vocalise en imitant le son de l'anzad.
Kissa
En l'honneur du jour, Kissa. En ton honneur, Kissa. / Que je sois mort ou vivant, en l'honneur du jour, Kissa. / Quand les hommes annoncèrent l'arrivée des pillards, Kissa s'effraya et me refusa un sourire. Elle portait un collier d'argent / Auquel un lâche ne pourrait prétendre, / Au contraire d'un homme de valeur / qui entend l'anzad. / Batailleur au combat, ne faisant qu'un avec ma lance, / Je me levais d'un pas noble, comme si j'allais à un mariage. / Je contournais la tente par l'est, là où se trouvent mes armes. / J'entrevis un sourire éclatant de blancheur / Et je portais alors des coups fatals. / Je décimais jusqu'au dernier tous les malfaiteurs. / Une mare de sang m'enserrait / le corps bardé de lances comme des cornes de zébus, / Couvert de blessures comme des traces d'oryx. / Je suis à l'épée ce qu'un boeuf de bât est à la charge, / Ma chemise me protège comme la doublure d'une couverture. / O Dieu, le gardien de la vie.
a dit Emaghi
aquarelle A. Tambo
Taylalt
Taylalt, je t'adore comme nul autre ici-bas, / Comme les enfants des forgerons à leur arbre Koraya, / Qui pousse dans les cuvettes à l'est de Zaraya, / Quand ils le coupent en criant dans un grand brouhaha.
Qui traverse cette vie réfléchisse trois fois, / Qu'il comble ses désirs et s'égare trois fois, / La vie, j'y étais et m'y plaisais autrefois. / J'avais le bien du monde, des troupeaux jusqu'à trois. / Elle n'est plus aujourd'hui que vestige d'antan, / Comme des traces de Kel Gress effacées par le temps.
Que mérite Tassarift, la femme de notre chef ? / Lui construire un baldaquin harnaché de tapis. / Lui choisir le chameau le plus grand du troupeau, / Un mâle bien dressé, à l'allure majestueuse, / Suivi d'une caravane chargée de riz et de miel, / Précédé de chamelles et petits chamelons à la robe tachetée, / Conduit par Jamlalo, le grand géniteur.
Si je parle d'autrefois, c'est que je fus amoureux, / D'un amour si poignant / Qu'un chameau affligé en perd graisse et bosse. / Que l'âne, touché, divague au hasard de la brousse. / Que le chien, déchiré, hurle à la mort. / Même l'arbre, éprouvé, en perd son feuillage/
Fatimata
Je t'implore, ô mon Dieu, mon unique seigneur, / Lui seul peut me tuer ou me laisser en vie. / S'il me garde la vie sauve, je comblerais mes désirs : / Ici-bas, les chamelles, au-delà, le paradis. / Fatimata, inch Allah, jamais tu ne quitteras mon coeur, / Même dans le jihad du Prophète, contre les païens, / Même après ma mort, dans mon corps enterré. / Mais d'abord dans ce monde où je me plais bien, / Respirant les odeurs du litham qui te couvre, / Embaumant l'air ambiant.
Fatimata, l'éguirguir aux fleurs épanouies, / Fatimata, la liane aux fruits succulents, / Fatimata, la coupe précieuse du Prophète. / Jeune femme blanche, sans égal, / Aux bras si fins, dignes d'un mariage / Avec un jeune homme riche de chamelles / Et d'écuelles pleines de lait à la tombée du jour. / Mon coeur n'oubliera jamais son sourire au crépuscule. / Je n'ai qu'un désir : que tu sois à moi / Pour t'offrir des chamelles et leurs nouveaux nés. / Je t'implore, ô mon Dieu, mon unique seigneur.
aquarelle A. Tambo
Le jour du dernier combat
Je t'invoque Dieu, le seigneur de mon âme, / Toi qui a décidé des années de ma vie, / Toi qui les a scellées au mois et au jour près. / A ce moment-là, il retiendra mon souffle / Et ils me conduiront à ma dernière demeure. / seront alors déposés ma selle et mon sac orné, / Mes bracelets de bras et mon épée. / Ce jour-là, les petits vautours se régaleront de ma chair. / Le charognard blanc planera sur mon sang. / Riront ceux qui souhaitent ma mort. / Se réjouiront ceux qui guettent ma succession, / Brûlera de chagrin le coeur de ma mère, / S'effondrera de tristesse ma soeur en sanglots, / Touchés au fond de l'âme, ma femme et mes enfants. / Le jour du dernier combat, le jour des grandes souffrances / Le jour du dernier combat, disent les anciens, / Dévoile le vraie nature de l'homme.

Tambo Le Vieux
la nuit des étoiles (acrylique) A. Tambo
"Le ciel est plein d’étoiles . A 4h se lève à l’est AMANAR brillant de tous ses éclats. Ce groupe d’étoiles est connu par tous ici. On nous le montre tous les soir quand nous sommes enfants. Et les contes autour du feu se racontaient sous la lumière d‘Amanar" (mois du Ramdan)
Tandâb-i
Je t'invoque, Dieu, mon possesseur / Toi, le détenteur de la vie et de la mort, / Reçois la prière de Bazo / Que drapé de voiles et de parfum, / Jalousent tous les siens. / A la rencontre du combat, / Entre les Kel Ferwan et Belxu, / Mon fusil bien chargé / Au trot, j'ai lancé mon chameau, / Arrivés au-dessus d'eux par une dune, / Nous nous lançâmes dans la mêlée, / Comme des chamelons en vue de leur mère. / Les épées hors du fourreau. / Ils rebroussèrent chemin, nous les suivîmes de près. / Les vautours, se régalant déjà de leur chair, / Planaient au-dessus d'eux. / Les combattants s'éparpillèrent, / Rappelant les troupeaux en partage un jour d'héritage. / Avec mon oncle, nous héritâmes de la victoire. / Nul, à part Dieu, ne peut la prendre. / Sauf un homme, avec notre permission. / Tanahu, toi et Tayra, / Détentrices des valeurs de l'honneur. / Ranimez mon courage / Pour parer les coups / Qui m'assaillent comme des vagues
oufoud : aquarelle A. Tambo
07-05-09
Voyageurs qui passez à Agadez,
ce livre est pour vous. Il vous sera aussi précieux qu'un bijou ciselé dans une échoppe de forgerons. A travers des contes, proverbes et devinettes, il donne une bonne approche de la culture touarègue et de son écriture, les tifinagh.
Cette culture de dialogue, que l'on s'échange, le soir dans les campements, autour du feu, mêle le rire à la morale, le sérieux et le plaisir de se retrouver.
L'APT (Association pour la promotion des Tifinagh) a édité ce livre à Agadez
(illustrations : Boutibou, A. Tambo)
Extraits de la préface (Contes, proverbes et devinettes touaregs APT)
aquarelle A. Tambo
Les bergères, l'outarde et le chacal.
Les bergères, l'outarde et le chacal.
Un jour, un chacal trouva un stratagème pour capturer une outarde. Il savait que cet oiseau adorait la gomme arabique. Il s'enterra donc sous un arbre et laissa juste passer son œil sur lequel il mit de la gomme arabique. Une outarde qui passait par là, ramassa la gomme. Aussitôt, le chacal attrapa sa patte dans sa gueule. Effrayée, l'outarde s'envola avec son ennemi accroché.
Ils survolèrent un groupe de bergères qui gardaient leur bétail. Celles-ci voyant le chacal, s'exclamèrent : "Oh, maître Moukhamad apprend à voler ! " Alors le chacal, très fier, leur cria : "Ça n'a rien d'étonnant."
Ce faisant, le chacal, bouche ouverte, tomba entre les bergères qui s'emparèrent du prédateur.
Proverbe touareg
L'ignoble
Il était une fois un homme riche qui avait un voisin pauvre. Chaque jour, le riche faisait cuire de la viande dans sa maison. Chaque jour, le pauvre, attiré par le fumet, s'approchait pour mieux sentir la bonne odeur. Il salivait. Un jour, le riche surprit le pauvre en train de humer l'odeur de sa viande. Il partit de plaindre auprès du marabout et lui dit : "Cet homme a volé ma viande". Le marabout convoqua le pauvre qui réfuta l'accusation : "Jamais, je n'ai volé sa viande, dit-il. Seulement quand il cuit sa viande, je flaire son odeur."
"D'accord, dit le marabout. Le jugement est terminé. Lève-toi, dit-il au riche, et donne dix coups de bâtons à l'ombre du pauvre."
"Je ne comprends pas ce jugement", protesta celui-ci.
" C'est pourtant simple, lui répliqua le marabout. Cet homme n'a pas volé ta viande, il a seulement humé son odeur. C'est pourquoi il ne mérite que dix coups sur son ombre."
L'ignoble se leva et s'en alla honteux.
Proverbe touareg
Un homme extraordinaire
Cela faisait sept mois que le malade ne levait plus la tête. Son état était désespéré. Tout le monde venait lui rendre visite. C'était un homme très estimé. Il était intègre, serviable et généreux.
A sa mort, ses proches pénétrèrent dans la tente pour sa toilette. Ils en sortirent aussitôt : "Il y a un problème", dirent-ils Les sages se réunirent. C'était vraiment mystérieux. L'homme avait tout d'un mort. Mais son organe génital était en érection et soulevait le linge qui le recouvrait. Ne pouvant rien faire pour l'apaiser, ils appelèrent son épouse. Ils lui demandèrent de se comporter de façon à soulager son défunt époux. La femme, soumise, accomplit ce qu'on lui demandait. On vérifia le résultat. Cette fois, c'était fini. L'homme était bien mort. Tous les connaisseurs furent formels.
Neuf mois plus tard, la fidèle épouse donna naissance à un joli bébé. Le temps passa, l'enfant grandit. Adolescent, il conduisait les animaux de sa mère au pâturage. Là, il rencontrait des enfants méchants qui s'amusaient à lui faire du mal. Comme il n'était pas bagareur, il se laissait frapper. Mais tous ceux qui portaient la main sur lui tombaient dans un grand malheur : bras cassé, maladie, cheptel décimé... Finalement, tout le monde se méfia de lui et se mit à le respecter.
Avec la maturité, l'homme devint sage et son intelligence étonna les plus instruits.
Un jour, des bandits en furie déferlèrent dans le campement. Ils rassemblèrent hommes et femmes d'un côté et le cheptel de l'autre. Notre homme refusa tout net de les suivre. Les brigands,voulurent le molester, mais ceux qui tentaient de porter la main sur lui tombaient dans une crise d'épilepsie. Les brigands, pas rassurés, trouvèrent le salut dans la fuite, abandonnant leurs complices en transe.
L'histoire fit le tour des tribus. L'homme fut craint et respecté. C'était un homme de paix qui refusait guerre et rezzous.
C'était mal connaître les seigneurs des tribus belliqueuses. A chaque conflit, l'homme s'offrait en médiateur. Certains chefs, ne respectant que la loi du sabre, refusaient de l'écouter. Ils tombaient aussitôt dans un grand malheur. Ils souffraient subitement d'incontinence urinaire qui ne s'arrêtait que lorsque l'homme offrait son pardon.
Personne ne veut être un héros dégoulinant d'urine. Alors les plus belliqueux retrouvaient la voie de la sagesse, grâce à cet homme extraordinaire.
On appela ce héros sans sabre "Alher", l'homme de la paix.
C'est ainsi qu'en ce temps là, dans tout l'Aïr, la paix s'installa.
ehad aquarelle A. Tambo
Aghali et le diable
(reçu par mail d'Agadez, 2007)
" Il était une fois, quelque part dans le désert, Aghali voyageant tout seul, la nuit sur son chameau. La lune brillait dans un ciel parsemé d'étoiles. Il était fatigué mais se disait qu'il pouvait atteindre la vallée d'Inatess. Là, il y a un cori et le sable est propre. Il pourra s'y reposer, lui et son chameau, pour quelques heures. Il se résolut donc à cette idée et frotta vigoureusement le cou de son chameau pour lui dire d'aller plus vite. Et le chameau augmenta la cadence...
Dans cette nuit, on n'entendait que le bruit des pas du chameau et un lointain chacal.
Soudain, Aghali eut une étrange sensation : il sentait comme une présence derrière lui, sur le chameau : "Qu'est-ce que c'est ? ce n'est pas possible" , se disait-il.
Il tourna doucement la tête pour regarder. C'était certain, il y avait quelqu'un avec lui sur le chameau.... Et cette chose ne disait rien. Elle était juste assise sur le chameau, derrière Aghali. C'était encore un djinn.
Aghali garda son calme et se mit à réciter les formules censées faire partir la chose. Rien. Elle restait là, tranquille et bientôt, ils arrivèrent au cori. Aghali devait s'arrêter préparer une toguella et un bon verre de thé, et dormir pendant que son chameau se gaverait des feuilles tendres des arbustes.
Aghali se résolut à camper... Le cori était frais et silencieux... Si ce n'était cette chose étrange sur le dos du chameau, il allait passer un moment vraiment reposant.
Il agenouilla sa monture et descendit... Son étrange compagnon, qui ressemblait plutôt à une femme, descendit également, et attendit.
Aghali retira la selle du chameau, l'Autre retira les tapis !
Aghali chercha quelques morceaux de bois, l'Autre en fit autant.
Aghali alluma le feu et posa la théière. L'Autre restait silencieux, à côté du feu.
"Aghali ne regardait pas l'intrus. il y avait un silence pesant. Il se demandait ce qui allait se passer entre lui et le diable.
Le thé prêt, Aghali servit d'abord son hôte, comme le veut la tradition. Il tendit le verre au djinn sans croiser son regard. Le fantôme se rapprocha du feu et se mit à parler :
"Hé, regarde mon œil, là, et dis-moi s'il y a suffisamment de khôl." Aghali leva doucement le regard et vit pour la première fois le visage. A ce moment-là, il faillit perdre son sang froid mais se retint.
"Ceci n'est pas un djinn mais c'est bien un diable, et les diables sont dangeureux."
Le diable se rapprocha encore plus, ouvrant l'œil... "Regarde, mon œil. Est-il bien maquillé ?
"Faites voir" dit Aghali. Et le diable approcha l'horrible œil. Aghali prit doucement une bûche bien embrasée et l'enfonça dans l'œil du diable.... Le diable poussa un cri assourdissant et disparut dans la nature...
On entendit longtemps ses cris et on peut encore les entendre, certains soirs.
"Ce conte, on me l'a raconté, un soir, au bord d'un kori. j'avais 12 ans et j'ai eu très peur. Depuis, chaque fois que je rentre seul de la brousse, je jette des coups d'œil furtifs derrière moi pour voir si je n'ai pas ramassé le diable...."



























































































































































































