musée imzad

Réalisé par l’association Sauver l’Imzad pour maintenir en vie le riche patrimoine matériel et immatériel de l’Ahaggar, le musée de la maison de l’Imzad se propose comme une véritable institution gardienne de la mémoire des Touareg. Une réalisation muséologique qui montre clairement le parcours et la lutte menée par l’association contre l’oubli et la disparition des repères de cette région millénaire. Reconnaissant l’importance de l’activité de collection, de présentation et de conservation des œuvres sahariennes en vue d’assurer leur pérennité et leur transmission à travers des générations, le musée rassemble des collections minéralogiques, des outils et armes préhistoriques, des fragments de décors de poteries néolithiques et des objets de valeur résumant l’harmonieuse vie des aïeux. Il faut savoir que la réalisation de ce projet a été suivie et soutenue par le ministère de la Culture ainsi que par le DG du CNRPAH (Centre national de recherche préhistorique, anthropologique et historique), le professeur Slimane Hachi.


“ Le musée se veut une participation à la préservation de la culture des gens du désert et particulièrement les habitants de l'Ahaggar. Ce sera un musée vivant et ouvert à tout le public national et international. Il contient pour le moment des objets relatant l'histoire et la vie de la région ” indique la présidente de l’ASI, Farida Sellal, en précisant que les objets exposés proviennent en majorité de dons personnels étant le fruit de 40 ans de vie dans le désert ainsi que de dons d'artistes et sympathisants du monde scientifique de l'imzad. Le musée, ajoute-t-elle en substance, est appelé à se développer par des appels de dons reconnus et répertoriés par devers un huissier de justice qui a déjà inventorié et numéroté toutes les pièces présentées. L’Association n’en reste pas là  puisqu’elle travaille à promouvoir cette infrastructure au rang des musées officiels. “ Une fois le dossier établi, il sera remis à l'autorité compétente. Fondamentalement, il aura pour objectif de remonter l'histoire de la culture des habitants du Grand Sud algérien. Il aura une interactivité avec les musées ou centres de recherche régionaux en Algérie et dans les pays voisins. Il accueillera certainement des chercheurs d'ici et d'ailleurs en plus de relations avec les universités nationales et régionales ” affirme Farida Sellal.

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L'imzad sauvé de la disparition

À une question sur les démarches entreprises pour parvenir à concilier les exigences de la conservation des objets et la communication de leurs valeurs à un public diversifié, la présidente de l’ASI, en remerciant les personnes de l'Ahaggar qui se sont portées volontaires pour remettre des objets culturels à exposer dans les allées du musée, a estimé que beaucoup reste à faire pour valoriser notre patrimoine national comme ce fut le cas pour l'imzad, inscrit, faut-il le rappeler, au patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l’Unesco, le 4 décembre 2013. Évoquant les modalités de sa gestion, l’auteure de Silences, Sahara, royaume des silences et Assouf N’Ténéré, a fait savoir que dans sa première phase, l'entrée au musée est gratuite mais organisée au profit des gens de la région et des touristes mais avec “l'évolution et notamment la mise en place des moyens audiovisuels liés à l'activité historique, il sera fait appel à un droit d'entrée modique avec pour but de maintenir la structure ”.

RABAH KARECHE

imzad

Comment être Touareg aujourd'hui ? Comment poursuivre la marche nomade qui multiplie les horizons ? Comment occuper le vide ? Ces questions douloureuses se posent avec une violence accrue dans les espaces arides du Sahara et du Sahel à l'économie asphyxiée

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