yunus ocquet

Philosophe de formation, Ocquet Noureini Inoussa est né dans une fratrie de 18 enfants à Zinder au Niger.

​Ocquet Noureini Inoussa obtient un master en Ethique des droits humains à l’université de Nantes. Il poursuit actuellement des études de Géopolitique à l’université de Louvain La Neuve en Belgique.​Journaliste d’investigation depuis plus de 20 ans, il a participé aux luttes pour l’élargissement des espaces de libertés dans son pays, le Niger.

Il doit sa passion pour la littérature à son père enseignant, qui lui remit dès sa tendre enfance, les clés de ses acuités poétiques. C’est ainsi qu’il écrit ses premiers poème à six ans.

​Par la suite, influencé par les auteurs français comme Charles Baudelaire, Théophile Gauthier et africains comme Léopold Sedar Senghor, sa poésie est avant tout intimiste, sombre, hors ligne et ouverte à tous les vents, même si écrire reste un acte grave.

A la faculté des Lettres et sciences humaines, il a plutôt choisi la philosophie, sans pour autant renoncer à l’écriture, en français et dans sa langue natale, le hausa. C’est aussi à cette époque, dans les années 1990, au sortir du sommet de la Baule et avec le vent de la démocratie qui soufflait en Afrique, qu’il créa son premier journal « Le troisième Œil » pour participer à l’éveil des consciences et à la préservation du cadre démocratique naissant.

Entre autres passions, on lui reconnait au moins deux : la moto, le théâtre et le cinéma qu’il a côtoyé en fréquentant l’Actor Studio d’Abidjan sous la houlette de l’acteur ivoirien Sidiki Bakaba.

​Son écriture poétique ne peut se comprendre que dans ce vécu, et son inspiration vient d’une sensibilité et d’une façon d’être au monde empreinte d’humanisme et d’engagement pour la liberté.

​Ecrire reste pour lui un pas sage, un passage de l’ombre à la lumière, des maux aux mots ; dits.

Epiderme

Mon père

Mon père, cet an, saignant

De villages en villages au fin fond de la brousse nigérienne, tu as parcouru l’alphabet des pères blancs aux lointains ancêtres
Donnant à nos petites têtes fêlées, un peu de lumière, pour éclairer nos pas en avant, incertains
Soignant de-ci de-là, quelques bobos avec ta trousse pharmaceutique et tes règles d’hygiène élaborées
Martial et tout aussi aimant, tu éduquais par l’exemple et la droiture toute tracée au fronton de l’école, lumineuse
Que la classe soit en banco ou en paillote, tu as toujours dessiné des oiseaux et des fleurs pour faire rêver l’enfance
Père dépositaire de la mystique ancestrale, je me souviens de tes scarifications noircies au charbon pour conjurer le mauvais œil invisible
Je me souviens de tes colères pour écart de langage, jeux dangereux, maraude dans les poulaillers des voisins par bandes de petits camarades insensés
Juge tu as souvent été, défendant toujours l’autre au détriment de tes proches même si raison était avec
Calligraphe à l’écriture cursive, tes mains étaient aussi habiles que celles du travailleur manuel, touchant du bois du cuir ou de l’argile céleste pétrie d’amour et de sollicitude
Respecte, le pays qui t’accueille et ne trahit jamais la confiance de ceux qui te tendent la main, m’as-tu dit trois jours avant la fin
Aujourd’hui encore, je me souviens de tes élans de joie lorsque racontant des anecdotes pimentées, tu riais devant ta grande famille recomposée.
Nous sommes à présent des parents aussi, cheminant sur le long fleuve de la vie, à nos risques et périls
Que ta lumière et celle des patriarches de la forêt nous guide sur les chemins sinueux du destin écrit sur la pierre du temps qui passe.

OCQUET Inoussa

Petite réflexion philosophique

En quoi consiste la liberté aujourd'hui lorsque les individus et les peuples se trouvent constamment soumis au risque, à l'incertitude du lendemain ; que ce soit du fait du climat, d'une idéologie, d'un système d'organisation ou pour des raisons qui restent encore obscures c'est à dire voilées par la main invisible des puissances d'argent, des marchands d'armes et des maffias internationales coalisés pour estomper l'éveil né du siècle des lumières et des questionnements féconds de philosophes et de penseurs qui se battent pour le progrès. Où que nous soyons sur la surface du globe, nous avons peur même si parfois celle ci reste indéfinie au delà des questions de survie rattachées au logement, à la santé, à la quiétude tout court par delà les pluies de bombes et autres engins explosifs qui accentuent la méfiance et la haine entre himains qui cependant sont tous mortels et d'une manière certaine égaux dans cette condition humaine génétiquement inscrite dans l'humain et dans le télos régissant la finitude dans le réel. Le vouloir vivre ensemble, l'Etat démocratique et les acquis moraux de l'humanité en terme d'éthique et de sagesse sont menacés profondément par les pratiques politiques, les intérêts des élites dirigeantes et les médias qui sonnent le glas de cette descente aux enfers qui se précise de jour en jour; nous ramenant à la cruciale méditation sur la nature de la société ou du monde de demain que nous allons lâchement léguer aux générations futures éduquées déjà sous X car les systèmes éducatifs dans lesquels ils nagent ou plutôt se noient dans la répétition à outrance des tueries de masse via les jeux vidéos viscéralement guerriers qui les occupent beaucoup plus que les cours dispensés par des maîtres vaincus par la lassitude d'avoir à porter seuls la responsabilité de faire de ces mômes déboussolés des citoyens de demain pour des lendemains cousus d'interrogations tragiques sur fond d'horizons bouchés.

Ocquet Inoussa

Yunus 

Inoussa  Ocquet

Entre deux tours

Il pleut sur ton balcon médusé, les melons mûrs d’émois tombent en grappes sur mon imaginaire sidéré
La résidence calme et inoffensive parle aux chiens qui jouent au ballon dans l’herbe promise aux sangliers
Une larve perdue dans ta cuisine trace sa route vers les phéromones amies, délocalisées
De l’infiniment petit à nous les coquins, le désir déploie ses forces obscures entre deux tours d’élections mitigés
Les gros délires font des clins d’œil aux buveuses de lait végétal, parfumé aux amandes
Le quotidien se rejoue entre rois et moi, en échec organisé
Dussé-je donner ma langue à ta chatte en courroux, le juge ne s’est pas encore prononcé sur les casseroles de Pénélope
Le futur roi hyper diplômé serre sa cougar de femme visionnaire, de cuir et de parfums rares habillée
Sur les fronts chargés de prébendes, la langue de bois s’écrit au stylo xénophobe
La fausse blonde qui rêve de bondages racole sur la dépouille des patriotes insoumis, déboussolés
Les monnaies uniques s’incrustent sur des retours sur soi insensés, le drapeau étoilé perdu sur l’offensive des oncles Sam aux aguets rêvant de Frexit
Où va la République lorsque les colonies d’antan tomberont dans les assiettes des ying et yang assoiffés de pétrole ?
Ma dédicace te frappe au bon endroit sur mauvais présage, perverse avocate vêtue de bleu morbide made in France....

Inoussa Ocquet

 

Inoussa (Yunus) OCQUET

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